Publié Juillet 2000
INTRODUCTION
L'IRM foetale a connu ces 10 dernières années un fort développement dans l'étude des pathologies cérébrales foetales.
Avec l'amélioration de la technique, l'exploration IRM du rachis foetal apparait à présent satisfaisante dans l'exploration des dysraphismes fermés.
Nous rapportons 11 observations de dysraphisme foetaux explorés en IRM (à l'exclusion des myélo-méningocèles) avec une corrélation post-natale ou foeto-pathologique.
MATERIEL ET METHODE
Une IRM rachidienne foetale pourra être proposée devant l'association de :
1) Signes d'appel échographiques :
- une anomalie cutanée ou sous-cutanée de la ligne médiane dorso-lombaire, lombo-sacrée ou sacro-coccygienne.
- anomalie de courbure du rachis
- anomalie de segmentation (hémivertèbres)
- élargissement du canal rachidien et défaut de fermeture du rachis osseux.
2) Electrophorèse des cholinestérases dans le liquide amniotique normale.
3) Aspect normal de la fosse postérieure (absence d'Arnold Chiari associé).
Une prémédication maternelle est préférable au 2ème trimestre en raison de la forte mobilité foetale (Atarax 25 mg).
Des séquences pondérées T2 seront réalisées dans les trois plans de l'espace et au moins une séquence pondérée T1.
RESULTATS
- Aspect normal :
. la moelle et le cône terminal sont analysables en T2 en hyposignal silhouettés par le LCR en hypersignal.
. les racines sont souvent mieux vues en échographie
. la taille du canal rachidien
- Pathologie :
. l'IRM, en corrélation avec les données échographiques a permis le diagnostic de :
. méningocèle 1 cas
. diastématomyélie 4 cas
. spina lipome 6 cas
. les pathologies liées à des lipomes intra-rachidiens apparaissent les plus fréquentes. On peut noter que l'hypersignal T1 de la composante graisseuse du lipome n'est pas constant.
Dans nos observations, il existait toujours une poche liquidienne mais de signal hétérogène, non strictement liquidienne.
. en cas de diastématomyélie, l'IRM permet de bien visualiser les deux cordons médullaires et d'apprécier leur taille (hypoplasie éventuelle d'un cordon). En cas d'éperon ossifié, celui-ci est visible en hyposignal T2 entre les 2 cordons.
. les méningocèles isolées sont rares, elles se traduisent par une image liquidienne pure communiquant avec le LCR du canal rachidien, sans structure nerveuse en leur sein, avec une moelle d'aspect normal, ± basse insérée.
L'IRM permet la recherche d'anomalies associées notamment rénale et vésicale, et vérifiera la répartition des structures digestives grêlique et colique (méconium rétrosigmoïdien et colique en hypersignal T1).
Les anomalies osseuses sont étudiées par contenu utérin et éventuellement par TDM avec reconstruction 3D (anomalie de courbure et de segmentation vertébrale, et éperon ossifié des diastématomyélies) en fonction du terme.
CONCLUSION :
L'IRM foetale peut être proposée dans l'étude des dysraphismes foetaux fermés (ACE dans le LA normal).
La corrélation aux données de l'échographie et du contenu utérin reste indispensable.
On notera la probable rareté des méningocèles vraies par rapport au spina lipome.