publié le Jeu 19 fév 2004

Stratégies dans la prévention du risque septique

B Bourlière Najean, P Petit

Analyse de la littérature

L’analyse de la littérature ne permet pas de préciser les risques infectieux de la cystographie rétrograde. La cystographie sus-pubienne, réputée pour diminuer le risque infectieux, n’est jamais analysée.
La seule étude s’intéressant au risque infectieux après urétrocystographie est ancienne, puisqu’elle date de 1970 et sert de références à tous les articles plus récents.
Il s’agit d’un étude sur 128 examens, dont le taux d’infection urinaire de novo ou « aggravé » est de 6%. Ces 10 cas concernaient 4 filles explorées pour infection urinaire à répétition et 6 garçons ( 4 cas de dilatation pyelo-calicielle et urétérale et 2 cas d’obstruction basse). Les facteurs favorisants l’infection sont, d’après cette étude, l’existence d’une obstruction basse, l’absence d’antibioprophylaxie, la mise en place d’une sonde laissée ensuite in situ, les problèmes d’aseptie, dans une structure ne réalisant que rarement ces examens.
Depuis 1970, les pratiques d’exploration ont changé et il est donc impossible d’apprécier actuellement le risque infectieux. Les deux études, de 1992 et 1999, étudiant les risques de la cystographie ne mentionnent aucun cas d’infection urinaire (228 et 178 examens).
Cependant les quelques articles plus récents insistent tous sur la mise en place d’une antibioprophylaxie.

En pratique quotidienne

Nous avons donc tenté une « enquête minute » au sein de la Société Francophone de Radiologie Pédiatrique. Sur les 5 équipes qui nous ont répondu, l’attitude n’est pas consensuelle. Cependant 3 équipes préconisent une antibioprophylaxie dans certaines conditions : nourrisson, dilatation >15mm, antécédent de pyélonéphrite aigüe. 2 équipes mettent en route une antibiothérapie immédiate en cas de reflux. 2 équipes préconisent avant le sondage un contrôle des urines par bandelette. Une équipe met un antibiotique (colimycine) dans le flacon.

Désinfection

Bien entendu la meilleure prévention contre l’infection reste le nettoyage des salles, la désinfection avant le sondage. Cette pratique s’est améliorée avec la mise en place de protocoles précis, avec l’aide du Comité de Lutte contre les Infections Nosocomiales (cf protocole joint).
Antibiothérapie
En ce qui concerne l’antibioprophylaxie, il n’existe aucun consensus. Cependant celle-ci apparaît plus souvent préconisée avant l’âge de 2 ans et plus tard lorsqu’il y a eu un épisode de pyélonéphrite. L’antibiotique utilisé est l’Amoxicilline avant 3 mois, le Bactrim après 3 mois. En ce qui concerne la durée, celle ci est variable, de 2 à 5 jours avant et le jour de l’examen.

Conclusion

Compte tenu du nombre de cystographies réalisées chez l’enfant, il serait intéressant de pouvoir connaître précisément le risque infectieux de cet examen et la prévention préconisée. Une enquête de ce type pourrait être proposée au sein de la Société Francophone de Radiologie Pédiatrique.

1- Glynn B, Gordon I The risk of infection of the urinary tract as a result of micturating cystourethrography in children Ann Radiol 1970 ;13 :283-7

2- Zerin M, Shulkin B Postprocedural symptoms in children who undergo imaging stidies of the urinary tract: is it the contrast material or the catheter? Radiology 1992; 182:727

3- Vates T, Shull M, Underberg-Davis S, Fleisher M Complications of voiding cystourthrography in the evaluation of infants with prenatally detected hydronephrosis J Urol 1999;162:1221-3


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