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Nous limiterons notre réflexion au traitement du mégauretère primitif sans reflux qui pose réellement le problème de lindication chirurgicale plus que le mégauretère dit ectopique ou secondaire à une urétérocèle et a fortiori des autres mégauretères secondaires.
Ce traitement a connu des périodes dincertitude, de certitude et comme toujours dans « l'histoire » ces périodes se répètent de façon cyclique.
Jusquen 1960, léchec des réimplantations urétéro-vésicales était tel que la majorité des urologues proposait labstention thérapeutique ou la dérivation des urines dans les cas les plus graves. Le diagnostic anténatal nétait pas né. Les complications révélatrices tardives et souvent graves ne laissaient que peu de place à une « réflexion pédiatrique ».
En 1980, lère chirurgicale dans le mégauretère était à son apogée ! Mollard dans son précis notait : « Personnellement, jestime quen cas de mégauretère primitif obstructif sans reflux, les indications opératoires peuvent être très larges, dautant que les résultats sont dans lensemble excellents ». A la fin de son chapitre il signale cependant 11 % déchecs chirurgicaux , chiffre pour le moins non négligeable.
Monfort, égal à lui même et fort de sa technicité, résumait sa position en disant : « il nest dautre traitement du mégauretère sténotique primitif que la résection de la zone sténotique ».
Vingt ans plus tard nous sommes dans une période de doute peut être encore que importante que pour le traitement du reflux vésico-urétéral. Le mégauretère constitue un parfait exemple des modifications que le diagnostic anténatal a apporté dans la compréhension et la prise en charge des uropathies. Sil autorise un diagnostic précoce évitant ainsi certaines complications, en contre partie chez les enfants asymptomatiques il a rendu plus difficile les indications thérapeutiques. Le caractère obstructif du mégauretère reste difficile à affirmer et les exemples de régression spontanée de plus en plus fréquents dans notre pratique quotidienne.
Le diagnostic est en général posé vers la 22ème semaine daménorrhée. Seule la bilatéralité des distensions pyélo-urétérales inquiète alors du fait chez le garçon de la possibilité de diagnostic de valve de lurètre. Le diagnostic de mégauretère sténotique primitif ne le sera que par exclusion des autres étiologies. Quoiquil en soit, la prise en considération de tous les facteurs indirects de la fonction rénale reste obligatoire : quantité du liquide amniotique, évolution dans le temps de celui-ci, ponction des urines ftales si besoin, évaluation de la taille des distensions, en sachant quune dilatation de plus de 15 mm quil sagisse du diamètre antéro-postérieur du bassinet et à fortiori de luretère pelvien, vers la 30ème semaine daménorrhée est de pronostic plus chirurgical. Les thérapeutiques ftales que lon peut proposer ne le sont que dans le cadre des mégauretères secondaires et sont donc exclues de ce propos. La règle est donc la simple surveillance de la grossesse.
En post-natal, après la phase de confirmation diagnostique : échographie à J3-4 puis cystographie rétrograde, sauf cas particulier il est proposé en règle une simple surveillance. Celles-ci saccompagne éventuellement dun traitement antibiotique prophylactique qui est réservé dans notre expérience seulement en cas de mégauretère dont les mensurations sont supérieures à 10 mm en rétro-vésical et à fortiori si aux échographies laspect des urines est (même légèrement) échogène. Lindication opératoire précoce (dans les 3 premiers mois) nest justifiée quen cas :
daltération rénale : la fonction rénale est le plus souvent étudiée à la fin du premier mois de vie par une scintigraphie au DMSA ou au MAG 3. LUIV est de moins en moins réalisée, luro-IRM layant supplanté tout au moins sur le plan morphologique,
de très grosses dilatations avec apparition de complications de type infectieuses et/ou associées lithiasiques. Ces dernières sont en augmentation de fréquence chez les enfants porteurs de gros mégauretères et sont pour lessentiel dues aux infections.
Le plus souvent, le mégauretère est totalement asymptomatique. Les arguments décisionnels en faveur dune intervention chirurgicale sont alors discutés et ne font actuellement pas lobjet dun consensus .
Pour certains, la simple persistance du mégauretère au-delà de un an, ou laugmentation des dilatations imposent un geste chirurgical. Cette attitude est dautant plus discutable que la notion de dilatation est très difficile à préciser aussi bien à léchographie (problème de péristaltisme) quà luro-IRM ou à lUIV ou plus encore lors des scintigraphies qui nautorisent quune étude morphologique grossière de lappareil urinaire. De plus, aucune abaque nest disponible quant à lévolution naturelle dans le temps des distensions de lappareil urinaire supérieur.
Pour la majorité, la recherche de critères objectifs de lobstruction conditionne lattitude thérapeutique.
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Les scintigraphies au DTPA ou au MAG3, même dynamisées par linjection de Lasilix, même celles dont la zone dintérêt est spécialement centrée sur luretère pelvien, même celles parfaitement réalisées avec la mise en place dune sonde vésicale de façon à éliminer tout problème de reflux associé, ne permettent pas dobtenir de valeurs chiffrées, fiables et corrélées au degré dobstruction. Ceci essentiellement du fait de lextrême compliance de lappareil urinaire supérieur dilaté.
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Seule actuellement la dégradation progressive de la fonction rénale (DMSA) pourrait témoigner dune obstruction délétère. Il faudrait alors pouvoir tenir compte dans ces cas des pourcentages importants mais non constants et mal connus de scintigraphies où le pourcentage de fixation est plus important que dans la réalité et ceci par le seul fait de la stagnation du produit dans les cavités rénales dilatées.
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Les épreuves urodynamiques, du type test de Whittaker (étude des pressions pyéliques à débit constant) ou de Véla-Navarette (mesure des débits à pression constante) ont connu quelques heures de gloire et sont retombées dans un certain oubli du fait non seulement de leur caractère invasif non négligeable, mais aussi du manque de résultats reproductibles. Lobstruction pour Whittaker étant affirmée lorsque la pression est supérieur à 22 cm et éliminée si elle est inférieure à 15 cm. Lexamen nest pas contributif entre ces deux valeurs, zone où malheureusement la majorité des cas qui posent un problème se situent. Ces tests urodynamiques reviendront sans doute à lhonneur du fait du piétinement actuel des autres techniques.
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Les calculs dindex de résistivité par échographie-doppler après une grande phase despoir ne sont pour linstant que peu informatifs sur le degré réel du retentissement de lobstruction.
Tous ces moyens sont donc imparfaits et laissent la place à une certaine subjectivité de lindication opératoire au 21ème siècle ! Pour notre part nous pouvons considérerons que le traitement du mégauretère primitif dit obstructif est justifié :
en cas de mégauretère symptomatique : pyélonéphrites à répétition ou à fortiori apparition de lithiases,
en cas daugmentation nette des distensions lors de la surveillance (supérieures à 50 % des valeurs de référence) surtout si celles ci saccompagnent dune diminution même minime de la fonction rénale comparée entre les deux reins (supérieure à 10 %).
Ces deux indications ne résument certainement pas toute la diversité des cas cliniques que nous traitons. Il faudrait espérer que luro-IRM puisse dans sa partie fonctionnelle apporter « le plus qui nous manque
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