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I - PREPARATION DE LENFANT
Aucune préparation particulière nest demandée.
Dans le service, la cystographie est pratiquée soit pendant lépisode infectieux urinaire sous couverture anti-infectieuse, soit en dehors de lépisode infectieux urinaire.
II - PRODUIT DE CONTRASTE
1 - CHOIX
Il faut utiliser un produit iodé hydrosoluble à faible concentration en iode (120 à 150 mg diode par ml).
Certains diluaient un antibiotique à usage local (type poudre de framycétine) dans le produit de contraste avant lexamen, mais ce produit nexiste plus sur le marché, depuis peu, et na pas été remplacé.
Le flacon de produit de contraste est réchauffé au bain marie à une température proche de 37°. Le remplissage vésical avec un produit de contraste froid entraînerait une contraction vésicale précoce réflexe, donc une miction avant davoir atteint la capacité vésicale totale.
2 - QUANTITE
La quantité de produit de contraste, correspondant à la capacité vésicale est variable en fonction des conditions dexamen et de lâge de lenfant.
A titre indicatif, la capacité vésicale est denviron :
- 30 à 50 cc chez le nouveau-né
- 50 à 100 cc à lâge de 1 an
- 100 à 200 cc vers lâge de 7 ans.
III - CONDUITE DE LEXAMEN
1 INSTALLATION DE LENFANT
1.1 - Pour les nourrissons
Une immobilisation en décubitus dorsal par des sangles, des sacs de sable ou des bandes Velpeau* facilite lexamen. Chez la petite fille les cuisses sont immobilisées en position écartée pour pouvoir effectuer le sondage.
Un dispositif de chauffage est indispensable pendant lexamen car le refroidissement peut être rapide, surtout chez le nouveau-né.
1.2 - Pour les enfants
La mise en confiance de lenfant est indispensable avant lexamen car il est trop grand pour être immobilisé par des moyens de contention. Pour cela il est nécessaire de lui expliquer les différentes phases du déroulement de lexamen.
2 CHOIX DE LA TECHNIQUE
Deux voies dabord sont possibles : rétrograde et sus-pubienne.
2.1 - Voie rétrograde
Toilette locale :
Il faut effectuer une toilette soigneuse du prépuce et du gland chez le garçon, de la vulve chez la fille, avec une solution antiseptique et port de gants stériles.
Choix de la sonde :
Quel que soit le sexe, on utilise une sonde vésicale souple, droite, à extrémité borgne et à orifices latéraux, dun calibre suffisant (CH/FG 08 en général). Les sondes dun calibre inférieur sont trop souples et risquent de se replier sur elles mêmes dans lurètre masculin.
Sondage :
La sonde est manipulée avec asepsie (gants stériles, en vinyle si lenfant est allergique au latex). Elle est largement enduite dun gel anesthésiant de lidocaïne stérile (Xylocaïne* gel) pour assurer une bonne lubrification et atténuer les douleurs. Chez le garçon, surtout avant lâge de 4 ans, le cathétérisme urétral demande une certaine habitude : le geste est continu et doux. Une résistance est perçue au moment du franchissement du sphincter externe, vaincu facilement par une accentuation douce de la pression.
Quel que soit le sexe, un retour durine dans la sonde marque en général lentrée dans la vessie, mais peut manquer en cas de vidange vésicale totale avant le début dexamen.
La sonde est ensuite fixée à la peau par un ruban adhésif.
2.2 - Voie sus-pubienne
La vessie ne peut être facilement ponctionnée que si elle est en réplétion ou semi-réplétion. Un contrôle par échographie avant la ponction est utile.
Préparation générale :
On peut utiliser une prémédication générale et/ou une anesthésie locale (mise en place de crème anesthésique locale contenant de la lidocaïne et de la prilocaïne, type crème Emla* au-dessus du pubis, 1 heure avant lexamen).
Préparation cutanée :
La peau de la région sous-ombilicale et sus-pubienne doit être nettoyée puis badigeonnée dun antiseptique.
Choix dune aiguille :
Lutilisation dune aiguille-cathéter (type cathlon*) permet dêtre moins traumatisant.
Le calibre doit être de 18 G à 21 G et la longueur suffisante (supérieure à 40 mm).
Ponction sus-pubienne :
La ponction est réalisée après port de gants stériles. La vessie est ponctionnée de façon verticale, sur la ligne médiane, avec une angulation crâniale de 10 à 15° pour éviter de ponctionner le trigone, à un ou deux travers de doigts au dessus de la symphyse pubienne. Dès quun retour durine est obtenu, le cathéter souple est poussé et laiguille rigide retirée. La vessie est vidée, avant linjection du contraste et en fin dexamen en cas dévacuation incomplète.
3 INJECTION
Quelque soit la voie dabord, le produit de contraste est injecté en perfusion lente (hauteur de 1 mètre) jusquau besoin mictionnel. Si la miction survient trop précocement au cours du remplissage, il faut, après avoir vérifié la température du liquide injecté (souvent froid), être patient et remplir plus lentement jusquà lobtention dune réplétion suffisante. Il faut noter la capacité vésicale.
Le reflux vésico-urétéral est un phénomène intermittent. La réalisation de plusieurs cycles de remplissages vésicaux, par voie rétrograde et sus-pubienne, est utile pour sensibiliser la détection et quantifier le réel grade du reflux (1,2). Lorsquun reflux vésico-urétéral de haut grade apparaît lors du premier remplissage, on neffectuera quun seul cycle de remplissage pour ne pas favoriser linfection.
4 PRISE DES CLICHES
Le centrage de tous les clichés est réalisé au centreur lumineux et les clichés sont diaphragmés de façon à couvrir lensemble de larbre urinaire, quel que soit le temps de lexamen.
Lutilisation de lampliphotographie ou de la numérisation permet de réduire la dose dirradiation. Six à 7 clichés sont nécessaires et suffisants :
- Un cliché de labdomen de face avant le début de linjection, sonde en place est indispensable. Il permet de voir des anomalies osseuses, des calcifications
- Au cours du remplissage deux clichés sont utiles, lun en début de remplissage, permettant létude du contenu vésical (lithiase, urétérocèle), lautre en réplétion, pour étude de la morphologie globale et de la paroi vésicale.
- Les clichés permictionnels sont effectués de face chez la fille et en _ oblique à 45° environ chez le garçon afin de bien dégager lurètre en cours de miction. Deux à trois clichés sont réalisés en cours de miction (début, miction bien étable et fin de miction). Il est important de voir lurètre jusquau méat.
- Le cliché post-mictionnel immédiat est effectué de face en décubitus.
IV COMPLICATIONS (3)
Les complications associées à la cystographie rétrograde sont rares. Pour certains auteurs le risque dinfection nouvelle ou récurrente peut aller jusquà 6% après cystographie rétrograde. Pour dautres auteurs, dans des conditions dasepsie rigoureuse ce risque infectieux est beaucoup plus faible, surtout quand les enfants sont sous couverture antibiotique.
La découverte dun reflux de haut grade nécessite un traitement anti-infectieux adapté, lantibioprophylaxie nétant alors pas suffisante.
V VARIANTES DANS LA CONDUITE DE LEXAMEN SELON CERTAINS AUTEURS
1 DELAI DE REALISATION DE LA CYSTOGRAPHIE PAR RAPPORT A LEPISODE INFECTIEUX URINAIRE (4-6)
La controverse continue en ce qui concerne le délai entre lépisode infectieux urinaire et la cystographie. Certains auteurs pensent quil est préférable de ne pas faire la cystographie dans la semaine qui suit lépisode infectieux, période où il peut exister des résultats faussement positifs de reflux. Dautres réalisent la cystographie sous couverture antibiotique systématique.
2 DIFFERENTES TECHNIQUES ANESTHESIQUES POUR REDUIRE LA DOULEUR LORS DU SONDAGE
Gerard L (7) applique la lidocaïne gel 10 minutes avant le sondage urétral. Il la place sur le méat urétral puis réalise 3 instillations de lidocaïne gel dans lurètre, espacées de 2 minutes. Ensuite, il débute le sondage.
Stokland E (8) et Elder J (9) préconisent lutilisation de midazolam avant le cathétérisme rétrograde de lurètre, sans que cela naltère lefficacité diagnostique de lexamen. Le premier ladministre par spray nasal, le second par voie orale. Habituellement nous nutilisons pas ces moyens. Parfois, en particulier chez les filles de plus de 6 ans, il nest pas possible de réaliser lexamen devant le refus total du sondage. Seulement dans ces cas, et après avoir rediscuté de lindication, un examen sous sédation est réalisé.
VI ELEMENTS DU CHOIX DE LA TECHNIQUE ENTRE LA VOIE RETROGRADE ET LA VOIE SUS-PUBIENNE
1 LURETRE
Le sondage :
Les risques de fausse route sont exceptionnels surtout lorsque le sondage est réalisé en douceur.
Impact de la sonde urétrale sur la qualité du cliché mictionnel :
La sonde urétérale ne gêne pas la visualisation dune éventuelle valve de lurètre postérieur et peut être laissée en place pendant les clichés mictionnels (10,11).
2 LA DOULEUR (12)
Une équipe autrichienne a réalisé une étude comparant la douleur lors de la cystographie par voie sus-pubienne par rapport à la voie rétrograde, dans deux groupes dâges. Elle conclut que la ponction sus-pubienne (après anesthésie locale cutanée 1 heure avant) est bien tolérée avec un faible score de douleur, indépendamment de lâge de lenfant. Alors que le cathétérisme transurétral nest bien toléré avec des faible scores de douleur que pour les enfants de moins de 24 mois. Elle préconise donc la voie sus-pubienne pour les enfants âgés de plus de 24 mois.
3 LE RISQUE INFECTIEUX
Dans certains pays tropicaux, la désinfection cutanée savère plus facile que celle du méat urétral et la voie rétrograde est choisie en priorité.
4 AU TOTAL
Dans une équipe entraînée, la voie rétrograde est utilisée dans la majorité des cas. La voie sus-pubienne est essentiellement réservée au nouveau-né garçon en rétention vésicale, à lexploration de certaines vessies neurologique ou à lexploration du bas appareil urinaire dans les malformations périnéales (à type de sinus uro-génital ou cloaque) où aucun méat urétral nest visible ou accessible au cathétérisme.
BIBLIOGRAPHIE
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2 - Gelfand MJ, Koch BL, Elgazzar AH, Gylys-Orin VM, Gartside PS, Torgerson CL. Cyclic cystography : diagnostic yield in selected pediatric populations. Radiology 1999;213:118-120.
3 - Vates TS, Shull MJ, Underberg-Davis SJ, Fleisher MH. Complications of voiding cystourethrography in the evaluation of infants with prenatally detected hydronephrosis. The Journal of Urology 1999 Sept;162:1221-1223.
4 - Mahant S, To T, Friedman J. Timing of voiding cystourethrogram in the investigation of urinary tract infections in children. The Journal of Pediatrics 2001;139(4):568-571.
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6 - Craig JC, Knight JF, Sureshkumar P, Lam A, Onikul E, Roy LP. Vesicoureteic reflux and timing of micturating cystourethrography after urinary tract infection. Archives of Disease in Childhood 1997;76:275-277.
7 - Gerard LL, Cooper CS, Duethman KS, Gordley BM, Kleiber CM. Effectiveness of lidocaine lubrifiant for discomfort during pediatric urethral catheterization. The Journal of Urology 2003 Aug ;170:564-567.
8 - Stokland E, Andeasson S, Jacobsson B, Jodal U, Ljung B. Sedation with midazolam for voiding cystourethrography in children : a randomised double-blind study. Pediatr Radiol 2003;33:247-249.
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10 - Chaumoitre K, Petit P, Portier F, Merrot T, Guillon PO, Bourlière B, Panuel M. VCUG in boys: does the presence of the catheter during voiding alter the evaluation of the urethra? European Society of Pediatric Radiology, 1999. Abstract in Pediatr Radiol, 1999 29:433.
11 - Ditchfield MR, Grattan-Smith JD, De Campo JF, Hutson JM. Voiding cystourethrography in boys : does the presence of the catheter obscure the diagnosis of posterior urethral valves? AJR 1995;164:1233-1235.
12 - Oswald J, Riccabona M, Lusuardi L, Ulmer H, Bartsch G, Radmayr C. Voiding cystourethrography using the suprapubic versus transurethral route in infants and children : results of a prospective pain scale oriented study. The Journal of Urology 2002 Dec;168:2586-2589.