Les phacomatoses, ou syndromes neuro-cutanés comprennent de multiples maladies responsables de lésions de type hamartomateux ou tumoral, touchant de façon variable et parfois associée le neuroectoderme, le mésoderme et l'endoderme. La plupart de ces affections ont une origine génétique. Les maladies les plus fréquentes sont les neurofibromatoses, la sclérose tubéreuse de Bourneville, la maladie de Sturge-Weber, la maladie de Von-Hippel Lindau, la nævomatose baso-cellulaire. De façon variable selon les auteurs, il existe de nombreuses autres affections incluses dans le groupe des phacomatoses ; elles ne seront pas détaillées dans ce chapitre. Lexistence de lésions cutanées constitue un marqueur pour la plupart de ces maladies. Les signes radiologiques sont variés et concernent l'ensemble de l'organisme. Latteinte du système nerveux central constitue souvent un élément prépondérant, en particulier pour le pronostic.
Limagerie est capitale à plusieurs titres. Si le diagnostic est incertain, elle peut apporter des arguments décisifs, ce qui a des implications pronostiques pour le sujet lui-même ou pour un éventuel conseil génétique. Lorsque le diagnostic est posé, elle participe au bilan de laffection et permet le dépistage et le suivi des lésions nécessitant un traitement. Pour chacune des principales phacomatoses, la place de limagerie doit être précisée : quelle exploration faut-il pratiquer, à quel âge, avec quelle fréquence en fonction des lésions mises en évidence.
Neurofibromatose de type 1
Les neurofibromatoses (NF) sont les plus fréquentes des phacomatoses. Elles sont habituellement divisées en deux types, 1 et 2. Dautres auteurs ont proposé une classification plus complexe, définissant 8 types de neurofibromatoses, en tenant compte en particulier des neurofibromatoses " segmentaires ". Lassociation neurofibromatose-syndrome de Noonan parait également non fortuite.
La neurofibromatose de type 1 (NF 1) ou maladie de von Recklinghausen est une maladie génétique de transmission autosomique dominante. Sa fréquence est d'environ 1/3000 dans la population générale. La recherche d'antécédents familiaux est importante, elle est positive dans environ 60% des cas, mais il existe un taux élevé de nouvelles mutations, de l'ordre de 40%. Le gène anormal est localisé sur la région péricentromérique du bras long du chromosome 17 (17q11.2). La protéine codée par ce gène, la neurofibromine, intervient dans le contrôle de la différenciation et de la prolifération cellulaire. Lexpression phénotypique est très variable. Les lésions les plus fréquentes sont cutanées, neurologiques et osseuses.
- La dysplasie neuroectodermique est responsable des lésions cutanées et neurologiques. Le gène NF 1 est un gène suppresseur de tumeur dont la perte dallèles (ou perte dhétérozygotie) au niveau somatique peut être responsable de lapparition de tumeurs au niveau du tissu considéré. Les lésions tumorales, au niveau du système nerveux, peuvent être intra-axiales (astrocytome) ou extra-axiales (méningiome, tumeurs des gaines nerveuses : schwannome au niveau intracranien, neurofibrome avec prolifération des cellules de lendonèvre, au niveau spinal et périphérique).
- La dysplasie mésodermique est à l'origine des anomalies osseuses.
- L'atteinte endodermique est moins fréquente, mais elle peut être à l'origine de lésions de l'ensemble des organes.
Les lésions de l'iris, appelées nodules de Lisch, représentent le signe oculaire le plus fréquent de la maladie. Ces lésions, muettes cliniquement, sont toujours bilatérales, pigmentées ou non, et en fonction de leur taille peuvent être visibles à lil nu ou à l'examen à la lampe à fente. Ils peuvent apparaître secondairement au cours de lévolution de la maladie.
Pour retenir le diagnostic de NF 1, en accord avec la conférence de consensus , le sujet doit présenter 2 ou plus des critères suivants :
- au moins 6 taches café au lait ( diamètre supérieur à 5 mm avant la puberté, 15 mm au delà)
- 2 neurofibromes ou plus, ou un névrome plexiforme
- présence de lentigines axillaires ou inguinales
- gliome du chiasma
- au moins 2 nodules de Lisch
- une lésion osseuse caractéristique (dysplasie du sphénoïde, pseudarthrose du tibia)
- un antécédent familial direct (parent, enfant, collatéral).
De nombreux enfants présentent une macrocéphalie. Cette augmentation du périmètre cranien est en rapport avec une mégalencéphalie ou plus rarement une hémimégalencéphalie. Cette macrocrânie est associée dans 10% des cas à un retard mental modéré, mais la corrélation entre les deux nest pas prouvée. Il en est de même que pour la survenue dune épilepsie. La mégalencéphalie serait dûe à une croissance excessive du cerveau, secondaire à une prolifération gliale. La découverte dune macrocéphalie doit faire rechercher une autre cause, en particulier une hydrocéphalie (sténose de laqueduc de sylvius par gliose sous-épendymaire ou par compression extrinsèque) ou une tumeur intra-crânienne.
Les lacunes de la voûte du crâne sont classiques, mais rares dans la NF 1. Elles sont purement dysplasiques, sans neurofibrome associé, et se caractérisent sur les clichés simples par la présence d'une plage dostéolyse, bien limitée, ronde, ovale ou irrégulière; de tels défects de la voûte du crâne sont quasi pathognomoniques de la NF 1. Il existe deux localisations préférentielles:
- la plus classique se localise au niveau de la suture lambdoïde, juste au dessus de la suture occipito-mastoïdienne. Elle est associée à un défaut de pneumatisation de la mastoïde adjacente. La topographie gauche préférentielle est classique.
- la seconde localisation correspond à la partie postérieure de la suture sagittale.
La dysplasie du sphénoïde est plus fréquente. Elle atteint préférentiellement la grande aile, avec un large défect qui est responsable d'une communication entre la fosse cérébrale moyenne et l'orbite. Elle peut être responsable d'une hernie de la dure-mère ou du lobe temporal dans l'orbite, avec une exophtalmie pulsatile. Elle doit être différenciée de la buphtalmie parfois associée, qui se définit par un élargissement du globe oculaire, en rapport avec un glaucome congénital. Un névrome plexiforme de la paupière et de la région frontale peut être associé.
Sur les clichés simples, la cavité orbitaire apparaît élargie et plus claire, avec sur la vue de face une disparition des structures anatomiques normales: fente sphénoïdale, ligne de Stenvers, donnant un aspect de "grande orbite vide"; la fosse temporale est élargie, parfois de façon concomitante à une hémihypertrophie du crâne. Les cavités aériques ethmoïdales et le sinus maxillaire homolatéraux sont hypoplasiques. De profil, la portion verticale de la grande aile du sphénoïde est déplacée en avant, alors que son segment horizontal est abaissé.
La selle turcique est souvent atteinte par la dysplasie du sphénoïde : elle est élargie, asymétrique avec le plancher qui est oblique du coté de la dysplasie orbitaire. Ces anomalies sont purement dysplasiques, sans pathologie associée au niveau de l'hypophyse.
Toutes ces anomalies sont analysables sur la tomodensitométrie ou par IRM. Le scanner montre les différentes lésions osseuses. Une visualisation après reconstruction volumique tridimensionnelle peut être utile si un geste chirurgical est envisagé. La TDM et/ou l'IRM permettent surtout de bien préciser les lésions associées au niveau des méninges, avec la hernie intra-orbitaire du contenu de la fosse temporale, ainsi que les autres éléments intra-orbitaires.
Elles surviennent dans une proportion allant de 30 à 90% des patients porteurs d'une NF 1. La nature exacte de ces lésions nest pas univoque. Il peut sagir de lésions simplement dysplasiques sans potentiel évolutif ou de véritables tumeurs, se comportant comme des astrocytomes pilocytiques. L'âge de découverte est le plus souvent compris entre 3 et 7 ans . Les manifestations cliniques sont proportionnellement rares, par rapport aux lésions qui sont découvertes lors du bilan systématique de la maladie, en particulier depuis la réalisation de principe dun examen neuroradiologique. Dans le cas contraire, le signe clinique le plus souvent révélateur est une baisse de lacuité visuelle. La survenue dune exophtalmie ou dune puberté précoce sont des signes rares mais assez spécifiques des tumeurs des voies optiques dans la NF 1.
En imagerie, les signes sur les clichés simples, bien que classiques,
sont tardifs : élargissement du canal optique, de la gouttière
chiasmatique en avant de la selle turcique. La tomodensitométrie
et surtout lIRM permettent le dépistage et lanalyse
de ces lésions. Dans la NF 1, latteinte prédomine
au niveau des deux nerfs optiques. Latteinte bilatérale des
nerfs optiques, quelle que soit leur portion, est un signe neuroradiologique
reconnu comme spécifique de la NF 1 . Latteinte des nerfs
optiques correspond soit à un élargissement tubulaire et
tortueux du nerf, soit à une masse fusiforme. Il existe une infiltration
tumorale péri-neurale, circonférentielle, sétendant
à lespace sous-arachnoïdien et respectant le plus souvent
les fibres nerveuses centrales. Cette infiltration péri-neurale
se traduit en IRM par un élargissement fusiforme du nerf, iso-intense
au parenchyme cérébral en séquence pondérée
T1 avec un hyper-signal en séquence pondérée T2 .
Les séquences avec suppression du signal de la graisse permettent
une meilleure analyse au niveau orbitaire. Au niveau du chiasma, limagerie
montre une tumeur de petite taille, homogène, sans composante kystique
et rehaussée de façon variable. Lapparition dune
tumeur plus volumineuse, comportant une composante charnue rehaussée
par linjection de produit de contraste, une portion kystique, est
possible mais rare et imprévisible avec limagerie. Latteinte
des voies optiques rétro-chiasmatiques est plus rare. La majorité
de ces lésions sont stables ou ne récidivent pas après
traitement. Mais, comme le soulignent de nombreuses publications, leur
potentiel évolutif reste large, allant dune évolution
agressive à une régression spontanée .
Les neurinomes (schwannomes) de la 8ème paire crânienne sont rares chez l'enfant, en particulier dans la NF 1. L'élargissement du conduit auditif interne est un signe tardif. Ce signe n'est pas spécifique, et peut être simplement en rapport avec la dysplasie osseuse du rocher ou la dysplasie méningée . La TDM et surtout l'IRM avec injection de produit de contraste sont importantes pour préciser l'origine de cette anomalie.
Dautre tumeurs cérébrales peuvent survenir, associées
à une NF 1; chez lenfant, il sagit le plus souvent
de gliomes de bas grade, en particulier au niveau du tronc cérébral
, des noyaux gris centraux, mais toutes les localisations sont possibles.
Plus rarement, des tumeurs gliales de haut grade sont observées.
Lexistence de méningiomes est possible, mais rare chez lenfant,
en particulier dans la NF 1; ils peuvent être multiples, de
siège intraventriculaire ou au niveau de la convexité. Des
épendymomes ont également été décrits.
Les aspects de ces tumeurs en imagerie ne présentent pas de particularité
par rapport aux mêmes lésions de survenue isolée, avec
un rehaussement variable après injection de produit de contraste.
Certains astrocytomes seraient susceptibles dinvoluer spontanément
.
Dans 50 à 70% des cas, dautres anomalies sont notées en IRM : cet examen est nettement plus performant que la tomodensitométrie pour mettre en évidence ces lésions . Elles sont considérées comme dysplasiques ou hamartomateuses, avec présence éventuelle dhétérotopies cellulaires ou de cellules mélanocytaires. Certains auteurs ont également évoqué la possibilité dune myélinisation anormale transitoire, avec vacuolisation de la myéline . En IRM, les séquences pondérées en T2 mettent en évidence des plages dhypersignal par rapport au parenchyme adjacent. Ces images, appelées " Objets Brillants Non Identifiés " prédominent au niveau des noyaux gris centraux (pallidum), du tronc cérébral, des pédoncules cérebelleux; ils peuvent également être présents au niveau de la capsule interne, du corps calleux . Ils peuvent être discrètement hyperintenses en séquence pondérée T1, et nexercent pas deffet de masse sur les structures adjacentes. Le rehaussement après injection est rare, et doit inciter à surveiller ces lésions pour ne pas méconnaître une tumeur débutante . Létude en spectroscopie protonique par résonance magnétique na pas permis de caractériser de façon plus précise ces images : lanalyse spectrale est identique à celle de sujets sains . Lhistoire naturelle des ces lésions est variable, mais elles sont le plus souvent stables ou ont une tendance à la régression . Chez les enfants NF 1 porteurs dune tumeur des voies optiques, la fréquence de ces lésions hamartomateuses est augmentée mais la signification de cette association reste inconnue .
Parmi les autres manifestations observées au niveau cérébral, la survenue dun accident vasculaire est également possible chez lenfant porteur dune NF 1. Il est vraisemblablement en rapport avec langiodysplasie rencontrée dans la maladie.
En résumé, il faut souligner lassociation fréquente de plusieurs types de lésions, hamartomateuses et tumorales, chez le même patient. Lorsque le diagnostic de NF 1 est évoqué, la réalisation dune IRM cérébrale peut permettre de le confirmer sil existe des lésions pathognomoniques ; celle-ci peut être réalisée avec injection de produit de contraste pour dépister une éventuelle tumeur, en particulier au niveau du chiasma . Le rythme de surveillance est guidé par ce premier examen, mais il nexiste pas, actuellement, de consensus sur la fréquence de ces contrôles. Le suivi est avant tout clinique. En labsence de signes cliniques ou datteinte tumorale, les contrôles doivent être espacés, afin de ne pas multiplier les explorations. La découverte de lésions dallure dysplasique (" Objets Brillants Non Identifiés ") ne modifie pas la prise en charge du patient , et ne justifie pas à elle seule, de réaliser une surveillance par IRM. La surveillance dune lésion chiasmatique asymptomatique doit être plus rapprochée (tous les 6 mois) jusquà lâge de 7 ans.
Le signe le plus classique au niveau du rachis est le festonnement des corps vertébraux (" scalloping "), avec une déformation concave de la corticale osseuse. Cet aspect est le plus souvent visible au niveau du mur postérieur du corps vertébral, et constitue un signe caractéristique de la neurofibromatose. Il existe une atteinte étagée, parfois associée à une dysplasie durale. Cet aspect fait également discuter la possibilité dun processus expansif intracanalaire. Le festonnement des corps vertébraux peut également être antérieur ou latéral. Il est alors purement dysplasique; il existe une concavité exagérée des corticales des corps vertébraux, avec un aspect pointu, à angle aigu des bords de la vertèbre, en particulier au niveau cervical. Ces anomalies peuvent être associées à une aplasie ou une hypoplasie de larc postérieur.
Les lésions costales sont généralement associées aux lésions vertébrales . Les côtes sont amincies, en particulier au niveau de larc postérieur. Les corticales ont un bord ondulé, avec un aspect enrubanné. Le principal diagnostic différentiel est celui dune tumeur neurogène paravertébrale responsable dune érosion costale.
Lexistence de courbures anormales est fréquente, le plus souvent en rapport avec la dysplasie mésodermique osseuse. Une cyphose cervicale est très évocatrice de NF 1 . Les vertèbres cervicales sont le siège dune dysplasie sévère, avec un festonnement antérieur et postérieur, des angles aigus au niveau des contours du corps vertébral. Cette déformation, fréquente chez ladulte, peut débuter dans lenfance. A linverse, il peut exister une exagération de la lordose cervicale, une lordose dorsale.
Une cyphoscoliose dorsolombaire est présente dans 10 à 40% des cas. . La plupart apparaît avant lâge de 16 ans, la majorité se développant entre 10 et 15 ans. Tous les types de courbure peuvent être rencontrés, mais laspect le plus habituel est celui dune scoliose angulaire aiguë, avec moins de 6 vertèbres intéressées, au niveau de la portion thoracique basse. Lassociation avec une cyphose est de mauvais pronostic, car il existe une tendance à laggravation rapide. Si un traitement chirurgical est envisagé, il est recommandé de réaliser une IRM pré-opératoire, en particulier pour les scolioses dorigine dysplasique, afin de rechercher une anomalie endocanalaire associée qui pourrait se décompenser à loccasion de lintervention .
Elles peuvent être associées aux anomalies osseuses . Lorsquil existe des signes cliniques, lIRM constitue le meilleur examen pour en faire le diagnostic étiologique et le bilan locorégional éventuel.
- Les tumeurs médullaires sont rares chez lenfant et ladolescent dans le cadre de la NF 1.
- Une syringomyélie peut être associée; plus rarement un dysraphisme peut être présent.
- Les ectasies durales peuvent être responsables du festonnement postérieur des corps vertébraux. Elles peuvent être associées à de véritables méningocèles antéro-latérales, faisant saillie dans les gouttières paravertébrales.
- Les neurofibromes surviennent chez environ la moitié des patients porteurs dune NF 1. Ils sont plus fréquents chez ladulte jeune, mais sont parfois présents chez lenfant et ladolescent. Souvent multiples ou plexiformes, ils peuvent être quiescents, ou grossir progressivement. Le risque évolutif est la dégénérescence sarcomateuse. Elle doit être suspectée devant lapparition ou la modification de la symptomatologie : douleurs rachidiennes, aggravation dune scoliose, apparition dune tumeur cervicale, signes neurologiques. LIRM est le meilleur examen à pratiquer pour compléter les données de la radiographie thoracique ou de léchographie abdominale . Limagerie met en évidence des tumeurs nodulaires multiples, rehaussées par linjection de produit de contraste, infiltrant les organes de voisinage. Le pronostic en présence dune dégénérescence reste réservé malgré le traitement (chirurgie, chimiothérapie).
Sil existe des anomalies cliniques, les radiographies simples constituent la première approche diagnostique. Certains enfants présentent un gigantisme localisé ou plus diffus. Il peut atteindre nimporte quelle partie du corps. La croissance excessive de laile iliaque constitue une des localisations les plus fréquentes. Il faut rechercher un neurofibrome associé, contribuant à la déformation osseuse.
Lexistence dune augmentation considérable du volume dun membre définit la " neuromatose éléphantiasique ", qui associe une participation hémangiomateuse et/ou lymphangiomateuse : lhypertrophie est en rapport avec une atteinte de type hamartomateux, avec une hyperplasie hémangiomateuse et/ou lymphangiomateuse, et un ou des neurofibromes plexiformes. Les clichés simples montrent un allongement de tout le membre, un épaississement considérable des tissus mous. Les os longs ont un aspect irrégulier, grêle, et souvent un diamètre diaphysaire diminué. LIRM permet dapprécier les différentes composantes des lésions.
Le périoste est fragilisé par la dysplasie mésodermique. Des traumatismes modérés peuvent provoquer des hémorragies sous-périostées, révélées par une tuméfaction douloureuse. Secondairement, le périoste décollé sossifie et devient visible sur les clichés simples. Ces hémorragies sous-périostées peuvent être associées avec une hypertrophie éléphantiasique. Les irrégularités corticales et les troubles du modelage des os longs observés chez ladulte peuvent être en rapport avec danciens hématomes sous-périostés survenus pendant lenfance.
Des lésions fibreuses bénignes multiples (cortical defect) peuvent être observées dans la NF 1. Laspect radiologique est le même que celui décrit lorsque cette lésion est isolée : zone dostéolyse corticale à bords nets, sans signe dévolutivité rapide. La seule particularité est en rapport avec leur multiplicité.
Des lésions lytiques plus volumineuses peuvent également se développer en regard des métaphyses des os longs, en particulier au niveau du fémur. Le terme " kystique " a parfois été employé pour décrire les aspects radiologiques, source de confusion car il sagit de lésions fibreuses : fibromes non ossifiants géants multiples. Ils apparaissent au moment de la puberté et sont habituellement asymptomatiques. La relation entre les fibromes non ossifiants géants et la NF 1 a été longtemps débattue. Jaffe et Campanacci ont individualisé leur propre syndrome par rapport à la NF 1, du fait de labsence, chez les sujets étudiés, de stigmates cutanés ou dantécédents familiaux de NF 1 . A linverse, Riccardi a mis en avant lhétérogénéité de la maladie, en proposant six formes complémentaires par rapport à la classification usuelle, la forme ici décrite correspondant à la NF de type 7 .
Elles sont très évocatrices de NF 1. Ces anomalies sont présentes chez 5% des sujets porteurs dune NF 1, alors que 97% des enfants présentant une courbure congénitale ou une pseudarthrose ont une NF 1. Les autres cas sont vraisemblablement en rapport avec une dysplasie fibreuse.
La courbure congénitale atteint préférentiellement le tibia ou plus rarement le péroné. Le tibia est incurvé en arrière et en dedans, la courbure se situant au niveau du tiers inférieur. La corticale est épaissie dans la concavité de la courbure, avec parfois une zone arrondie radio-transparente au sommet de la courbure. Cet aspect représente dans certains cas une forme localisée de croissance excessive, car los peut être plus long que du coté opposé. Cette courbure peut rester stable ou se compliquer dune fracture ou dune pseudarthrose. Celle-ci peut être demblée présente à la naissance, être la conséquence dune fracture au sommet de la courbure, voire succéder à une ostéotomie non appropriée . La pseudarthrose, comme la courbure, siège habituellement au tiers inférieur du la jambe, plus rarement au tiers supérieur. Il existe une condensation des berges osseuses, avec parfois un aspect de " pseudo-articulation " entre les 2 fragments. Des pseudarthroses de lavant-bras peuvent également être observées .
Des neurofibromes des tissus mous peuvent être retrouvés à tous les niveaux. Ce sont des tumeurs situées sur les trajets nerveux, avec en IRM, sur les séquences pondérées en T2, un aspect " en cible " comportant un centre hypointense et une couronne en hypersignal, un rehaussement variable après injection de produit de contraste.
Enfin, dans le cadre de la NF 1, il peut exister une hyperparathyroïdie, avec une ostéomalacie, parfois résistante à la vitamine D. Cette association est inexpliquée et pourrait correspondre à un rachitisme de type paranéoplasique .
Lexistence dune angiodysplasie peut être responsable dune sténose dune artère rénale, avec hypertension artérielle secondaire. Léchographie doit rechercher une asymétrie de taille des reins, et létude doppler une accélération de la vitesse systolique. Langiographie confirme le diagnostic et peut permettre la réalisation dune angioplastie endoluminale. La place diagnostique de langiographie par résonance magnétique est à évaluer dans ce cadre. Dautres lésions sont plus rares : sténose des artères cérébrales, coarctation de laorte abdominale, lésion des artères digestives.
Des cardiopathies congénitales (sténose pulmonaire), une myocardiopathie hypertrophique, des tumeurs intra-cardiaques peuvent être associées.
Lexistence de neurofibromes intestinaux est exceptionnelle chez lenfant. Ils peuvent être à développement sous-séreux ou sous-muqueux, asymptomatiques ou révélés par des douleurs, une invagination. Une dysplasie ou une hyperplasie des plexus nerveux intrinsèques ont été décrites, responsables de troubles de la motricité digestive.
Elle est essentiellement vésicale, avec présence de neurofibromes sous-muqueux à développement endo-luminal. Limagerie montre des lésions pariétales multinodulaires. Une extension pelvienne est fréquente, avec une possible hydronéphrose par compression urétérale. LIRM permet au mieux le bilan loco-régional en complément de léchographie .
De nombreuses tumeurs peuvent survenir sur ce terrain, de façon plus fréquente que dans la population générale. Il faut en particulier citer les neuroblastomes, les rhabdomyosarcomes et, chez ladulte, les phéochromocytomes, les carcinomes de la thyroïde.
- neurinome bilatéral du nerf cochléo-vestibulaire
- NF 2 chez un parent au premier degré et neurinome unilatéral du nerf cochléo-vestibulaire, ou 2 des critères suivants : neurofibrome, méningiome, gliome, schwannome, cataracte postérieure.
LIRM est le meilleur examen pour mettre en évidence ces lésions : présence dune tumeur extra-axiale fortement rehaussée par linjection de produit de contraste, avec une érosion du conduit auditif interne et un effet de masse sur les structures adjacentes. Les potentiels évoqués auditifs peuvent aider à un diagnostic précoce des formes intracanalaires pures. Ces explorations sont justifiées sil existe une forte présomption de NF 2.
Les méningiomes représentent la seconde tumeur la plus fréquente dans la NF 2. Ils sont volontiers multiples, avec une croissance rapide et une évolution possible vers une méningiomatose diffuse .
La présence de calcifications intra-crâniennes a été décrite; elles siègent au niveau des plexus choroïdes, des hémisphères cérébelleux, ou plus rarement en région sous-épendymaire ou corticale .
Elle est dominée par la présence de tumeurs. Un syrinx associé est parfois noté. Les tumeurs peuvent être intramédullaires (épendymome, astrocytome) ou extramédullaires (schwannome, méningiome, neurofibrome). Ces tumeurs sont le plus souvent multiples, sans localisation préférentielle. Elles ne sont pas toujours symptomatiques. Lexploration de lensemble du canal médullaire doit être réalisée en IRM, avec utilisation de produit de contraste, de façon à préciser la topographie et lextension de la tumeur .
Les angiofibromes faciaux sont présents dans 80 à 90 % des cas. Ils apparaissent entre 2 et 5 ans et parfois jusqu'à l'âge de 30 ans. Leur nombre est variable mais ils touchent de manière élective la région médio-faciale, leur localisation est bilatérale et symétrique dans les sillons naso-géniens. Les autres manifestations cutanéo-muqueuses et phanériennes sont les plaques "en peau de chagrin", les fibromes péri-unguéaux de Koenen, les fibromes de la racine des cheveux et sourcils, les tâches "café au lait" (7 à 16 %), et les molluscum pendulum.
Elles sont dominées par le phacome rétinien : habituellement unique, il est vu au fond d'il et siège généralement au pôle postérieur sur la papille ou sur la rétine juxta-papillaire. Il peut évoluer vers un astrocytome à cellulles géantes . Les autres lésions sont très diverses (tumeurs dysembryoplasiques des paupières, nodules dysembryoplasiques de la conjonctive, dépigmentation de l'iris, colobome, cataracte, myopie ).
L'atteinte du système nerveux central dans la STB est à l'origine des principales manifestations cliniques. Le retard mental se rencontre dans 40 à 85% des cas. Les crises convulsives (crises partielles pouvant se généraliser, syndrome de West) sont souvent révélatrices et se rencontrent dans 85 % à 100 % des cas. Elles apparaissent en général avant l'âge de 2 ans. Les spasmes infantiles sont la première manifestation de l'épilepsie pour 65% des cas et s'accompagnent d'un pronostic intellectuel péjoratif.
Des critères diagnostiques primaires, secondaires et tertiaires ont été définis :
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Le diagnostic de certitude d'une STB nécessite :
soit 1 critère primaire,
soit 2 critères secondaires,
soit 1 critère secondaire et 2 critères tertiaires.
Leur fréquence est supérieure à 95% . Les localisations sus-tentorielles sont les plus fréquentes (88%), les localisations cérébelleuses (8 à 15 %) ne sont jamais isolées . Le tronc cérébral et la moelle sont rarement atteints. Leur nombre est variable, parfois jusqu'à 60, leur distribution asymétrique .
Macroscopiquement, ils correspondent à des nodules corticaux enchassés dans un gyrus anormalement large. Deux types ont été séparés : le type 1 à surface lisse et le type 2 avec une dépression centrale . Leur calcification est d'origine dystrophique en rapport avec une dégénérescence de la partie centrale du tuber. Ils sont caractérisés par un trouble marqué de l'architecture laminaire normale avec une perte de la distinction entre substance blanche et substance grise. Il existe une démarcation nette entre la substance blanche normale et la substance blanche sous-jacente aux tubers corticaux où la myéline anormale est souvent remplacée par de la gliose. La distribution lobaire des tubers corticaux est controversée. Classiquement, ils auraient une localisation préférentiellement frontale avec une fréquence progressivement décroissante du lobe pariétal au lobe temporal puis occipital et au cervelet, mais certaines études rapportent une fréquence pariétale supérieure .
En TDM, les tubers corticaux et les anomalies de la substance blanche sous-jacente sont présents entre 66 % et 71%. L'IRM a une sensibilité supérieure pour leur détection . En pondération T1, les tubers ont une périphérie en isosignal à la substance grise et un centre en iso ou hyposignal à la substance blanche. Ils peuvent s'expandre et distordre la circonvolution affectée (22% des cas) avec parfois une ombilication de surface. En densité de proton et en pondération T2, la périphérie reste isointense à la substance grise et le centre est en hypersignal à la substance blanche. Ceci pourrait traduire une gliose relativement éparse de la substance grise superficielle et beaucoup plus intense dans le cortex profond et la substance blanche sous-corticale. Plus rarement, le centre des tubers est presque isointense au liquide céphalorachidien correspondant à une dégénérescence kystique des tubers . Exceptionellement, les tubers corticaux peuvent s'associer à un épaississement et à des anomalies de signal du cortex. L'existence d'une calcification centrale se traduit par un hyposignal. Des micro-calcifications peuvent apparaître en hypersignal en séquence pondérée T1 . Des calcifications curvilignes au niveau des fibres en "U" ont également été décrites.
Les tubers corticaux peuvent ou non se rehausser après injection de contraste, de façon variable : homogène et nodulaire, plus rarement gyriforme .
En période néonatale, les tubers corticaux sont visibles en séquence pondérée T1 et en densité de proton, ils sont hyperintenses à la substance blanche prémyélinisée. En pondération T2, ils sont en hyposignal au sein de l'hypersignal de la substance blanche non myélinisée .
La plupart des auteurs assimilent comitialité et présence de tubers corticaux et un des objectifs est de mettre en évidence le foyer épileptogène. De nouvelles techniques, IRM et magnéto-encéphalographie, pourraient présenter un intérêt.
D'autres anomalies corticales peuvent être observées, comme la présence de calcifications épaisses corticales et sous-corticales, gyriformes .
Les NSE sont constitués de cellules gliales ballonisées, géantes ou multinuclées et recouvertes en périphérie par l'épendyme. Chez les jeunes enfants, des neuroblastes peuvent également être présents. Leur fréquence est élevée : 89 à 96% . Ils mesurent moins de 12 mm de grand axe et sont localisés au niveau des ventricules latéraux à proximité du noyau caudé, du sillon thalamo-caudé, des trous de Monro. L'atteinte du IVe ventricule et de l'Aqueduc de Sylvius est plus rare. Ils sont le plus souvent bilatéraux, de distribution asymétrique, en nombre variable (0 à 15) sans corrélation avec l'âge du patient .
La majorité des NSE est calcifiée. Au niveau des trous de Monro, ces nodules peuvent augmenter de taille et évoluer vers un astrocytome. Le diagnostic différentiel histologique est souvent difficile.
Les NSE lorsqu'ils sont volumineux et très calcifiés peuvent être visibles sur la radiographie du crâne. L'échographie transfontanellaire permet d'identifier les NSE mais méconnaît les autres lésions encéphaliques et surtout les tubers corticaux.
En tomodensitométrie, les NSE apparaissent sous la forme de nodules hyperdenses faisant saillie dans la lumière ventriculaire. Cet examen est le plus sensible et spécifique pour détecter ces nodules calcifiés . Les nodules non calcifiés sont isodenses au parenchyme cérébral et peuvent seulement être détectés s'ils font saillie dans le ventricule. Habituellement en TDM, aucun rehaussement n'est noté .
En IRM, les NSE sont en isosignal par apport à la substance grise en pondération T1, homogènes ou hétérogènes . En pondération T2 et en densité de protons, leur signal est variable, le plus souvent hyperintense avec un hyposignal central plus ou moins marqué selon le degré de calcification . Chez le nouveau-né, les NSE présentent un hypersignal en pondération T1 et en densité de proton et un hyposignal en pondération T2 . Après injection, le rehaussement peut être nodulaire ou en anneau, plus marqué qu'au niveau des tubers corticaux mais moins intense qu'au niveau des ACG .
Ils sont également dénommés tumeurs à cellules géantes car leur différenciation cellulaire est mixte : astrocytaire et neuronale. Ils sont histologiquement bénins, leur croissance est lente mais ils peuvent être invasifs localement et responsables d'hydrocéphalie. La localisation préférentielle est sous-épendymaire, en regard des trous de Monro. La dégénérescence maligne est rare, de même que la récidive après exérèse complète. Leur incidence varie de 2 à 26 % . Le pic de survenue est compris entre 8 et 18 ans mais des formes néonatales ont été rapportées . La distinction histologique entre NSE et ACG est difficile voire impossible. Certains auteurs ont défini les NSE par une taille inférieure à 12 mm. L'augmentation de taille d'un nodule au cours des différents examens est le signe le plus fiable d'évolution. Les ACG peuvent avoir d'autres localisations : carrefours ventriculaires, cornes temporales.
Ces tumeurs ont un signal hétérogène et sont en iso/hyposignal par rapport au parenchyme cérébral en T1 et hyperintenses en T2. Des formations serpigineuses vides de signal en rapport avec des vaisseaux sont souvent présentes . Il existe un rehaussement intense après injection de contraste . Une hypertension intracrânienne ou une augmentation progressive du périmètre crânien traduit l'hydrocéphalie dûe au blocage à l'écoulement du LCR. La détection précoce des ACG est utile car le risque opératoire est lié au volume et à la vascularisation de la tumeur. Certains proposent une surveillance systématique par TDM ou IRM entre 8 et 18 ans . D'autres auteurs ne proposent un contrôle TDM ou IRM que s'il existe une suspicion clinique de tumeur .
Beaucoup plus rarement, d'autres tumeurs cérébrales peuvent survenir : astrocytome pilocytique, astrocytome fibrillaire (de grade variable), gliomatose cérébrale diffuse.
Leur fréquence varie de 40% à 95% . Elles peuvent avoir différents aspects :
- hypomyélinisation et gliose de la substance blanche sous-corticale adjacente au tuber cortical. Ce sont les plus fréquentes (95%), leur localisation est sus-tentorielle (95%) ou cérébelleuse (15%) .
- anomalies linéaires, appelées lignes de migration radiaire. Elles semblent correspondre à des zones d'hétérotopies de neurones et de cellules gliales le long des voies de migration neuronale habituelles. Ces anomalies peuvent être linéaires, curvilignes ou rarement triangulaires à sommet ventriculaire et base corticale, plus rarement nodulaires .
- lésions kystiques de même signal que le liquide céphalo-rachidien : dégénérescence kystique de lésions dysplasiques, augmentation focale des espaces périvasculaires, kystes neuroépithéliaux intraparenchymateux .
- séquelles d'accident vasculaire cérébral. Le risque d'accident vasculaire cérébral est augmenté chez ces patients en raison de la dysplasie artérielle et de possibilités d'embolie à partir d'anévrysmes artériels , de dissection vasculaire, d'occlusion des vaisseaux cranio-cervicaux par embolie ou dysplasie vasculaire qui peut conduire à un aspect de "moya-moya". Les accidents ischémiques peuvent également être secondaires aux anomalies cardiaques dans le cadre de la STB (de 50 à 64 % des jeunes patients).
Ces anomalies de la substance blanche sont presque toujours iso ou hypointenses à la substance blanche normale en T1 et hyperintenses en T2 . S'il existe des calcifications, elles seront en hyposignal . Chez le nouveau-né et le nourrisson, ces lésions sont hyperintenses à la substance blanche pré myélinisée en T1 et iso ou hypointenses à la substance blanche prémyélinisée en T2. Elles peuvent se rehausser de façon homogène après injection mais ce rehaussement est moins intense que pour les ACG.
L'IRM est actuellement l'examen de choix pour évaluer l'atteinte encéphalique dans la STB. A côté des séquences conventionnelles, les séquences FLAIR (Fluid Attenuated Inversion Recovery), IR (Inversion Recovery) ou MT en pondération T1 (Transfert de Magnetisation) permettent d'augmenter la sensibilité de l'IRM pour la détection des NSE, des tubers corticaux et des lésions de la substance blanche .
La détermination du degré de l'atteinte encéphalique est utile, dans le mesure où il pourrait exister une corrélation avec les troubles des apprentissages. Les tubers corticaux nentraîneraient pas le retard mental mais la comitialité associée, le risque de comitialité augmentant avec le nombre de tubers corticaux. . Par contre, il n'y a pas de corrélation entre la sévérité du retard mental et le nombre de NSE ou la dilatation ventriculaire.
Elles sont fréquentes, 40 % à 80 % selon les séries . Il s'agit le plus fréquemment d'angiomyolipomes, de kystes et beaucoup plus rarement de carcinome rénal, y compris chez l'enfant . L'atteinte rénale commence dans la petite enfance mais des cas de kystes en période néonatale ont été rapportés.
L'angiomyolipome est la lésion la plus fréquente (75 %). Une étude longitudinale a montré que le nombre et la taille de ces lésions augmentent avec l'âge, mais certaines lésions peuvent rester stables. Il correspond à une lésion hamartomateuse, associant du tissu angiomateux, musculaire lisse et graisseux. La dégénérescence en angiomyo-liposarcome est rare. Le plus souvent, ces angiomyolipomes sont latents mais ils peuvent se révéler par des hématuries, une protéinurie, une infection urinaire ou une masse palpable. Leur aspect en échographie peut varier : petites lésions corticales (diamètre < 4 mm) hyperéchogènes, multiples, bilatérales, ou plus rarement masse volumineuse de nature mixte solide avec une discrète augmentation de l'échogénicité. En tomodensitométrie, la composante graisseuse peut être difficile à mettre en évidence si la lésion est petite. L'IRM peut également mettre en évidence le contingent graisseux.
Les kystes rénaux sont moins fréquents (17 %) mais peuvent être précoces . Il s'agit de lésions anéchogènes de 2 mm à 2 cm de diamètre avec un renforcement postérieur. Les formes multiples sont plus fréquentes que le kyste solitaire. L'atteinte peut être unique ou bilatérale. Les kystes rénaux peuvent apparaître ou disparaître au cours de l'évolution.
Les hamartomes peuvent avoir une localisation hépatique dans 25-45 % des cas et leur nombre augmente avec l'âge . Ils ont les mêmes caractéristiques en imagerie que les angiomylolipomes rénaux : lésions hyperéchogènes en échographie et hypodenses en tomodensitométrie.
Le rhabdomyome cardiaque serait présent dans 30% des cas de STB mais l'appréciation exacte de son incidence est difficile en raison d'une involution spontanée possible en période anténatale ou chez le nourrisson . Histologiquement, le rhabdomyome est composé de fibres musculaires de grand diamètre au cytoplasme granuleux oxyphile présentant de grosses vacuoles claires contenant du glycogène . Le rhabdomyome cardiaque est rarement unique : nodules multiples de 0,5 à 1 cm de diamètre siégeant dans la cloison inter-ventriculaire ou dans le ventricule gauche. Parfois, ces nodules peuvent infiltrer de façon diffuse tout le myocarde.
Les rhabdomyomes cardiaques peuvent être dépistés durant la vie ftale, soit lorsqu'il existe des antécédents familiaux de STB soit de façon fortuite. En échographie, cest une lésion nodulaire, hyperéchogène. Lorsqu'un rhabdomyome est mis en évidence en anténatal, il est indiqué de réaliser une IRM cérébrale ftale afin de rechercher des NSE, visibles en hypersignal en séquence pondérée T1. L'IRM cérébrale peut être normale même en cas de STB .
En post-natal, ces rhabdomyomes cardiaques peuvent se révéler par des troubles du rythme ou de l'hémodynamique mais le plus souvent, le pronostic est bon. Des malformations cardiaques peuvent être observées : communication inter-auriculaire ou inter-ventriculaire, transposition des gros vaisseaux, hypoplasie du cur gauche.
Les lésions vasculaires en rapport avec une dysplasie fibromusculaire sont possibles. Les anévrysmes artériels se localisent au niveau des gros troncs artériels : aorte, artères cérébrales ou artères des membres . L'atteinte des artères périphériques des extrémités est rare.
Elle ne se révèle en général pas avant 30 ans, elle touche plus fréquemment la femme (84%) et correspond à une fibromyomatose interstitielle. Sa fréquence est inférieure à 1% des patients présentant une STB. Du point de vue radiologique, il existe une fibrose avec des images en rayon de miel. L'évolution est fatale, dans la grande majorité des cas .
Des lésions glandulaires peuvent s'observer dans la STB (thyroïde et parathyroïde, surrénales, hypophyse, gonades et pancréas). Cette atteinte glandulaire est rare. Au niveau du pancréas, il s'agit fréquemment d'insulinome survenant plutôt chez l'adulte .
Atteinte osseuse
Les lésions osseuses se rencontrent après 5 ans, surtout chez le grand enfant et l'adolescent (fréquence : 60% des cas). Il n'y a en général aucun signe clinique, leur expression est radiologique :
- lésions pseudo kystiques de fibrose siégeant sur les métacarpiens, les métatarsiens et les phalanges des mains et des pieds avec parfois des ossifications périostées en regard apparues vers la puberté,
- plages de sclérose de la voûte crânienne, du bassin ou du rachis (40%).
Cependant, le risque d'atteinte cérébroméningée est plus grand chez les patients ayant un angiome plan intéressant tout le territoire V1 (risque de 30 à 40%) que chez les patients dont la lésion n'intéresse qu'une petite partie de ce territoire (risque inférieur à 5%). L'atteinte de la branche V2 du trijumeau ne constitue pas un marqueur de Sturge Weber Krabbe mais l'atteinte simultanée des territoires V1 et V2 augmente le risque d'atteinte oculaire . Tous les angiomes plans de la face ne sont pas en rapport avec un SSW. Seulement 1 à 2 % des enfants présentant un angiome typique ont un SSW. Si l'angiome n'atteint pas la portion ophtalmique du nerf trijumeau, le SSW est peu probable. A l'inverse, il est rapporté plusieurs cas de lésions intra-craniennes typiques de SSW sans angiome facial, mais par définition, ils ne rentrent pas dans le cadre d'un SSW .
Ils font toute la gravité de la maladie mais peuvent être d'apparition secondaire. L'épilepsie est la manifestation clinique la plus fréquente (80 % des cas). Les crises comitiales surviennent à un âge moyen de 15 mois (nouveau-né à 6 ans). Elles revêtent plusieurs formes : crises motrices partielles de l'hémicorps contro-latéral à l'angiome facial (69 %), crises généralisées (25 %) d'emblée ou secondaires, spasmes infantiles (2 %). Un état de mal convulsif peut être révélateur avant l'âge de 6 mois . Une hémiplégie ou hémiparésie peut apparaître du coté opposé à l'angiome facial. Il peut exister des troubles bilatéraux.
Une hémianopsie latérale homonyme est fréquente, comme le retard mental (47 %) . Cette déficience est liée en grande partie à la comitialité. L'évolution clinique est variable. Certains enfants présentent une épilepsie contrôlée médicalement, avec un déficit moteur et un retard mental modérés. D'autres présentent une épilepsie rebelle qui s'aggrave progressivement et chez qui la chirurgie est discutée en vue d'une résection focale, d'une hémisphérectomie ou d'une callosotomie.
Le scanner cérébral avant et après injection de produit de contraste objective le réhaussement leptoméningé, gyriforme, et l'hypertrophie du plexus choroide homolatéral. Cette prise de contraste peut être masquée par les calcifications.
LIRM avec injection de produit de contraste est indispensable pour visualiser l'angiome leptoméningé ou rétinien qui peut être méconnu sur l'examen sans injection de produit de contraste. Il existe une prise de contraste intense sous la forme d'un hypersignal gyriforme au niveau des espaces sous-arachnoidiens. L'IRM est au moins égale à l'examen tomodensitométrique pour mettre en évidence l'hypertrophie du plexus choroïde et la dilatation du système veineux profond. L'absence de veines corticales superficielles (thrombose versus agénésie) et la thrombose du sinus longitudinal supérieur peuvent être associées à l'angiome pial. En période néo-natale, la détection de l'hypertrophie du plexus choroïde et la visualisation de l'angiome pial en IRM est difficile et inconstante. Des cas ont été décrits d'absence de prise de contraste pour laquelle l'hypothèse avait été une thrombose chronique progressive des vaisseaux leptoméningés .
L'étude du débit sanguin par SPECT cérébral (single photon emission computed tomography) peut être une aide au diagnostic précoce, chez les patients ne présentant pas les caractéristiques radiologiques décrites. Elle met en évidence une hyperperfusion du parenchyme cérébral du côté de la lésion faciale dans les premiers mois de la vie. Progressivement, il existe une hypoperfusion du cortex cérébral probablement liée aux lésions ischémiques corticales secondaires à l'angiome pial . La tomographie par émission de positons étudie le métabolisme cérébral du glucose, qui est le plus souvent diminué du côté de l'angiome. Elle aurait un interêt chez les candidats à la neurochirurgie .
L'artériographie cérébrale n'est plus indiquée. Lorsqu'elle était réalisée, elle mettait en évidence une absence ou une pauvreté des veines corticales normales dans le territoire affecté, avec une opacification pauvre du sinus longitudinal supérieur, une prédominance des veines radiaires et des veines cérébrales profondes.
Elles sont rarement présentes à la naissance et sont détectées sur les radiographies simples du crâne après l'âge de 1 à 2 ans, le plus souvent en région pariéto-occipitale, sous la forme de calcifications vermiculaires, parallèles, gyriformes, prenant un aspect "en rail de train". La tomodensitométrie permet leur détection un peu plus précoce. En IRM les calcifications apparaissent comme un fin ruban cortical serpigineux, généralement en hyposignal sur toutes les séquences mais beaucoup plus facilement identifiables sur les séquences en écho de gradient, présentant une hypointensité plus marquée, en raison de l'effet de susceptibilité magnétique .
En TDM et IRM il existe un élargissement des sillons corticaux, une diminution de l'épaisseur du parenchyme cérébral et une dilatation ventriculaire. Tardivement, sur les radiographies simples, il existe un développement asymétrique du crâne avec une voûte épaissie du côté de la lésion et un élargissement du diploë, une augmentation de la pneumatisation des cavités aériques de la face homo-latérales à la lésion, une surélévation du toit du rocher, et une ascension de la petite aile du sphénoïde.
Des lésions de gliose ou de démyélinisation sous la forme d'hypersignaux sur les séquences pondérées T2 peuvent être visibles. Une accélération de la myélinisation est notée du coté de l'angiome. LIRM montre une asymétrie de signal de la substance blanche péri-ventriculaire, avec augmentation du signal en T1, et diminution du signal en T2 du côté de la lésion . Cette augmentation de la myélinisation se traduit en SPECT par une hyperperfusion. Des anomalies de migration neuronale ont été décrites : polymicrogyrie, pachyrie voire lissencéphalie.
Au niveau des orbites, l'IRM permet de mettre en évidence sur les séquences pondérées T1, un épaississement en isosignal de la face postérieure d'un ou des 2 globes occulaires. Celui-ci présente un hypersignal sur les séquences en densité de proton mais ne sont pas vus sur les séquences pondérées T2 probablement en rapport avec l'hypersignal adjacent du vitré. Après injection de produit de contraste, on observe une prise de contraste à ce niveau. Ces anomalies sont en rapport avec l'hémangiome choroïdien .
En résumé, tout angiome facial dans le territoire du V1 chez un nouveau-né doit faire suspecter un syndrome de Sturge-Weber pour lequel il convient de réaliser un examen ophtalmologique, un EEG (hypovoltage constant du rythme de base du coté de l'angiome), une IRM sans et avec injection de produit de contraste para-magnétique et un SPECT dans les cas où l'imagerie ne serait pas démonstrative.
hémangioblastome du système nerveux central 60 à 80%
hémangioblastome rétinien 50 à 60%
atteinte pancréatique 30 à 65%
cancers ou kystes rénaux 30 à 60%
phéochromocytome 11 à 19%
Les hémangioblastomes rétiniens affectent un malade sur deux et révèlent la maladie dans 30% des cas. La moyenne dâge de révélation est de 25 ans, mais 5% des cas sont découverts avant lâge de 10 ans, avec de rares cas de diagnostics néonataux. Il sagit de la manifestation la plus spécifique de cette maladie . L'hémangioblastome rétinien peut être latent et dépisté à lexamen du fond dil systématique chez un malade présentant une autre manifestation de la maladie, ou être reconnu devant des signes non spécifiques (sensation intermittente de brouillard devant lil, baisse de lacuité visuelle, amputation du champ visuel, décollement de rétine, glaucome, hémorragie du vitré, dème rétinien). Sa localisation préférentielle est périphérique, le plus souvent temporale mais des atteintes papillaires sont possibles .
Le diagnostic clinique est basé chez tout patient sur :
- la présence dau moins 2 hémangioblastomes quelle que soit leur localisation ou dun hémangioblastome et une autre lésion majeure.
- ou, en présence dun histoire familiale démonstrative (80% des cas), une seule lésion majeure suffit à affirmer le diagnostic .
La localisation sous-tentorielle, cérebelleuse correspond à une lésion macrokystique avec un nodule mural, responsable dun tableau dhypertension intra-crânienne associé à des signes cérébelleux. 20 à 30% des lésions sont solides et de plus mauvais pronostic . Dans la maladie de VHL, ces tumeurs sont multiples et se révèlent 15 ans plus tôt que dans les cas sporadiques . Les lésions du tronc cérébral sont typiquement postérieures au niveau du bulbe.
Les lésions supra-tentorielles sont rares et plus souvent solides. Il existe dautres localisations tumorales moins fréquentes comme lanté-hypophyse, lhypothalamus, les nerfs optiques, le corps calleux, les parois du 3ème ventricule, la corne temporale du ventricule latéral, les lobes frontaux et temporaux et les méninges .
La tomodensitométrie est moins sensible que lRM, qui est la meilleure technique dimagerie. Les lésions macrokystiques cérébelleuses ont l'aspect suivant :
- la portion kystique se présente sous la forme dune lésion très bien limitée, de signal liquidien, en hyposignal sur les séquences pondérées T1 et en hypersignal sur les séquences pondérées T2;
- le nodule mural présente un iso ou hyposignal en T1 et un hypersignal en T2 et se réhausse fortement après injection de produit de contraste. Les vaisseaux nourrissiers et de drainage apparaissent comme des structures tubulaires vides de signal sur les différentes séquences .
Les lésions solides sont constituées de petites masses tissulaires bien limitées difficilement identifiables avant injection. Le plus souvent, elles présentent un hyposignal T1, un hypersignal T2 et parfois un hypersignal T1 si la lésion a saigné. Elles se rehaussent fortement après injection de produit de contraste.
Limagerie joue un rôle mineur dans le diagnostic. La sensibilité des différentes techniques, tomodensitométrie ou imagerie par résonance magnétique, est faible si la lésion est de petite taille
En tomodensitométrie lors de lexamen sans injection de produit de contraste, on peut mettre en évidence des signes de complications : hémorragie du vitré sous la forme dune hyperdensité intra-vitréenne ou signes en faveur dun glaucome avec une augmentation du diamètre antéro-postérieur du globe oculaire. Des calcifications sont visibles à des stades tardifs . Après injection de produit de contraste, on peut noter un rehaussement. En IRM les séquences pondérées T1 montrent les lésions intra-oculaires hyper-intenses par rapport au vitré normal. Il est possible de voir un décollement rétinien sous la forme dun hypersignal .
Cette lésion est moins fréquente, touchant le plus souvent la région cervicale basse et thoracique basse. Lâge de révélation est de 30 ans . Sa fréquence est de 13 à 59% des cas chez les patients présentant une maladie de von Hippel Lindau et elle est associée dans 80% des cas à VHL . Elle peut être intra-médullaire, partiellement intra et extra-médullaire ou exclusivement extra-médullaire . Souvent asymptomatique, elle peut être à lorigine de troubles sensitivo-moteurs. Il n'y a pas de polyglobulie dans les hémangioblastomes spinaux.
L'IRM est la méthode dimagerie de choix. Une cavité syringomyélique est présente chez 25% des patients. Il est parfois difficile de la différencier du kyste tumoral. La présence dun rehaussement périphérique de la lésion kystique et de vaisseaux plaide plutôt en faveur dun hémangioblastome que dune cavité syringomyélique . 20 à 40% des lésions sont solides et présentent les mêmes caractéristiques quau niveau encéphalique . La TDM ou LIRM permettent le diagnostic de cette lésion.
Elles correspondent à des adénocarcinomes papillaires de bas grade dont l'association avec la maladie de VHL apparaît étroite . Lâge moyen de révélation est de 35 ans (12 à 55 ans) . La fréquence de cette lésion décelée devant une surdité, est largement sous-estimée. Développée au niveau du rocher, la tumeur érode laqueduc vestibulaire, atteint loreille interne, les canaux semi-circulaires et la cochlée, pouvant être responsable de vertiges. Il peut également y avoir une atteinte des nerfs facial et acoustique .
Ils surviennent dans 30 à 60% des cas et affectent 75% des patients à 60 ans. Des kystes multiples corticaux, dallure bénigne, sobservent fréquemment, seuls ou associés aux lésions tumorales. Le cancer à cellules claires fait la gravité de la maladie et il est responsable de 30 à 50% des décès . Longtemps asymptomatique, il se distingue des tumeurs sporadiques par lâge de découverte (60% avant 40 ans), son apparence kystique fréquente (kystes cloisonnés ou à paroi épaisse) et son caractère multifocal et bilatéral (75% des cas), ce qui rend son traitement délicat .
Il survient dans 11 à 19% des cas avec un âge moyen de révélation de 27 ans (5 à 58 ans). Il est le plus souvent surrénalien et bilatéral, réputé bénin au cours de la maladie de VHL mais il existe des lésions malignes responsables de métastases . Les signes sont souvent frustes et la triade classique, céphalées-palpitations-sueurs, est rarement observée. Il révèle laffection une fois sur deux et sa présence permet de distinguer deux types de maladies de VHL :
- I : sans phéochromocytome
- II A : - phéochromocytome
- hémangioblastome rétinien
- hémangioblastome du névraxe
- II B : - éléments du type II A
- cancer à cellules claires du rein
- atteinte pancréatique.
Elle survient dans 30 à 70% des cas . Elle consiste en des kystes multiples, cystadénomes séreux, adénocarcinomes et hémangiomes. Lâge de survenue des kystes varie de 14 à 68 ans, celui des tumeurs endocrines du pancréas est de 19 à 46 ans . Le plus souvent, les lésions kystiques nont pas de retentissement clinique, peuvent se calcifier et sont parfois responsables dune insuffisance pancréatique. Leur taille varie de quelques millimètres jusquà 10 cm. Leur découverte chez un adolescent suspect de VHL est un signe pathognomonique de laffection .
Il survient dans 10 à 26% des hommes présentant une maladie VHL . Il est peu spécifique et n'est plus considéré comme lun des signes cardinaux de laffection . Il est uni ou bilatéral, sans potentiel malin. Il atteint surtout la tête de lépididyme et parfois le cordon spermatique. Sa taille varie de 1 à 5 cm . Il se présente comme une masse ferme, facilement palpable, et à léchographie comme une masse solide comportant parfois des calcifications.
Des lésions kystiques du foie, des hémangiomes ou adénomes hépatiques, des kystes de la rate, du mésentère, de los, des poumons ont été décrits.
En résumé, en plus de lenquête génétique, un certain nombre dexplorations systématiques simpose chez tout patient atteint ou suspect de maladie de von Hippel Lindau :
- dosage des métanéphrines urinaires
- IRM du névraxe
- examen ophtalmologique
- échographie, TDM ou IRM abdominale.
Ces explorations doivent être débutées et répétées régulièrement pour surveiller lévolution des lésions connues ou dépister lapparition de nouvelles atteintes chez les malades et sujets à risque. Il est recommandé de débuter la surveillance dès lâge de 5 ans pour la rétine et les surrénales, dès 10 ans pour latteinte rénale et pancréatique, et à partir de 15 ans pour le névraxe
Au niveau du crâne, de volumineuses calcifications lamellaires ou nodulaires dure-mériennes sont fréquentes; elles apparaissent avant lâge de 10 ans au niveau de la faux du cerveau, de la tente du cervelet, des ligaments interclinoïdiens. Une pneumatisation importante des sinus de la face peut être notée, responsable dun front bombé, dun hypertélorisme. La survenue dun médulloblastome du cervelet est possible, souvent à un âge plus précoce que dans la population générale, et parfois révélatrice de la maladie; le pronostic en serait moins sévère, mais dautres tumeurs cérébrales peuvent apparaître . Les autres lésions décrites sont : lhypoplasie de la chaine ossiculaire au niveau de loreille moyenne , des hétérotopies neuronales , lexistence dun kyste du 3ème ventricule .
Au niveau du tronc, lexistence de côtes bifides est habituelle, éventuellement associées à une scoliose, non caractéristique ou au contraire malformative (spina bifida, bloc vertébral, malformation de la charnière cervico-occipitale). La mise en évidence de fibromes ou de kystes ovariens est possible chez la femme.
Enfin, des kystes osseux bénins peuvent être découverts à tous les niveaux, mais en particulier au niveau des phalanges.