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I- INTRODUCTION- DEFINITIONS :
Limagerie de diffusion est une imagerie de contraste basée sur les différences de diffusion des molécules deau dans le cerveau. La diffusion représente les mouvements aléatoires thermiques des molécules par collision entre elles, ou mouvements browniens.
La diffusion intra-cérébrale dépend de plusieurs facteurs : type de molécule (eau), température, micro-architecture environnementale. Elle est importante dans leau libre comme le liquide céphalo-rachidien (LCR) et réduite dans les tissus (espaces intra- et extra-cellulaires) du fait des contraintes spatiales.
L intérêt de limagerie de diffusion est bien connu chez ladulte, en particulier dans la pathologie vasculaire. Le but de cet exposé est de montrer les applications de cette technique chez lenfant. Elle permet détudier la maturation cérébrale ; son utilisation doit être prudente et tenir compte de cette maturation et en particulier de lévolution de la diffusion au fur et à mesure de la myélinisation avant toute interprétation dans les situations pathologiques
Le signal de diffusion : La première séquence de diffusion a été décrite par Stejskal et Tanner en 1965 et est élaborée à partir dune séquence T2 spin écho complétée par lajout de deux gradients dits « de diffusion », placés symétriquement autour de limpulsion de 180°. Plus les gradients sont intenses, plus la séquence de diffusion peut détecter de faibles amplitudes de diffusion ; cette sensibilité de détection correspond au facteur b, lui-même fonction des caractéristiques des gradients.
En pratique courante, lorsque b est égal ou proche de zéro (sans sensibilisation à la diffusion), la séquence correspond alors à une séquence T2 echoplanar ; après application des gradients de diffusion (pour un b donné), le signal décroît selon léquation (1): S=S0.e-b.D [S0 signal pour bª0 (T2) et D le coefficient de diffusion]. Limage de diffusion obtenue après application des gradients selon un axe donné est une image dont le signal de chaque voxel doit être interprété selon le coefficient de diffusion, selon laxe de diffusion choisi et selon le signal T2 dorigine du voxel. Pour saffranchir des artéfacts danisotropie dus au choix arbitraire de laxe de mesure, trois axes de mesure perpendiculaires sont utilisés et les signaux mesurés selon chaque axe sont moyennés ; la moyenne obtenue, appelée ADC (cf après), ne dépend plus du système de mesure choisi.
Le coefficient apparent de diffusion ou ADC (apparent diffusion coefficient) est dit « apparent » car il résulte des mouvements aléatoires browniens des molécules deau mais également dautres mouvements incohérents (comme la microcirculation capillaire). Par extension de la terminologie, la moyenne des coefficients de diffusion recueillis selon trois axes est également appelé ADC (exprimé en µm2/ms).
Attention, un hypersignal de diffusion ne correspond pas toujours à une anomalie de la diffusion et peut correspondre à la rémanence dun hypersignal T2 déjà présent avant application des gradients : cest leffet T2 ou artéfact de rémanence T2. Pour saffranchir de leffet T2, il est obligatoire de générer des cartographies d ADC. Le signal dune cartographie dADC correspond à la valeur réelle de lADC et est indépendant de leffet T2 et de la valeur de b utilisée.
Tenseur de diffusion: Dans le parenchyme cérébral, la diffusion est rarement isotropique, cest à dire équivalente dans toutes les directions de lespace (cest le cas du LCR et de la substance grise). Dans la substance blanche cérébrale, la diffusion est facilitée le long des fibres et restreinte perpendiculairement à celles-ci : elle dépend de la micro-architecture tissulaire de lorientation géométrique des fibres. La diffusion est dite anisotropique (figure 1). Les causes exactes de lanisotropie de la substance blanche ne sont pas encore complètement comprises (voir après).
Pour étudier le caractère anisotropique de la diffusion de la substance blanche, il faut déterminer les paramètres de lellipsoïde (figure 2) par lanalyse du tenseur de diffusion.


Trois axes ne suffisent pas à ce calcul : au moins 6 axes de mesure non colinéaires sont nécessaires grâce à des propriétés de symétrie de lellipsoïde. Une 7è mesure est effectuée avec bª0. Une diagonalisation permet de passer du système défini par les 6 axes de mesure vers un système défini par les trois vecteurs propres (donnant la direction des trois axes principaux) et les trois valeurs propres (donnant le coefficient de diffusion le long de ces trois axes) de lellipsoïde. La direction du vecteur propre principal donne la direction de la diffusion maximale, en pratique, la direction des fibres de SB.
La trace du tenseur correspond à la moyenne des valeurs propres.
La fraction danisotropie (FA) est le paramètre le plus couramment utilisé et le plus représentatif de lanisotropie. Elle est définie comme le rapport de la composante anisotropique du tenseur de diffusion sur le tenseur de diffusion global. La FA est comprise entre 0 et 1. Plus la diffusion est anisotropique, plus la FA est proche de 1. La FA nest pas influencée par le choix des valeurs de b
Les séquences de diffusion :
Les images de diffusion sont acquises en echoplanar avec une durée dacquisition très brève, permettant de réduire les artéfacts de mouvement. Les inconvénients sont une résolution spatiale faible, un rapport signal-sur-bruit (RSB) relativement bas, des distortions géométriques et des artéfacts de susceptibilité magnétique au niveau de la base du crâne et des sinus, limitant létude de la fosse postérieure près des rochers et des lobes temporaux et frontaux. Enfin, les séquences déchoplanar sont relativement bruyantes. Cependant, cest la séquence la plus utilisée en pédiatrie en raison du facteur temps très court
Les paramètres :
Ftus : TR/TE : 3340/88 ms, angle de 90°, 2 valeurs de b : 0-700 s/mm2, matrice 95x256 extrapolée 256x256, FOV 280x280 mm, 6 axes, 5mm épaisseur, gap 1 mm ;
22 coupes en 53 s.
Enfant : TR/TE : 4833/81, angle 90° ; SPIR, matrice 128x256, FOV 230x230 mm, 6 axes, 5 valeurs de b entre 0 et 1000 s/mm2, épaisseur de 4 à 5 mm, gap de 1mm, 22 coupes en 2min10.
En pratique, combien de valeurs de b et quels valeurs de b? Afin de minimiser les erreurs de recueil du signal et donc les erreurs de calculs de lADC, il serait nécessaire déchantillonner le signal avec plusieurs valeurs de b, mais en pratique courante, 2 valeurs de b (bª0, càd sans application des gradients, et b&Mac185;0) sont suffisantes, permettant ainsi une faisabilité de lexamen dans une durée acceptable, un rapport signal sur bruit satisfaisant et avec peu derreur sur la mesure de lADC.
Quels paramètres de diffusion mesurer ? Combien daxes de mesure ?
Dans le cas dune recherche dun accident vasculaire aigu, le but de limagerie de diffusion est de détecter une restriction globale de la diffusion (diminution de lADC) traduisant un dème cytotoxique. Lutilisation de trois axes de mesure suffisent pour obtenir une imagerie de diffusion sans artéfact danisotropie. LAVC ischémique aigu correspondra alors à un hypersignal de diffusion.
En revanche, pour létude de la maturation cérébrale et de pathologies notamment de la substance blanche, le calcul du tenseur de diffusion est nécessaire pour étudier les paramètres directionnels. Comme nous lavons vu précédemment, au moins 6 axes non colinéaires sont nécessaires.
II- IMAGERIE DE DIFFUSION ET MATURATION CEREBRALE NORMALE :
La maturation cérébrale sétend de la vie intra-utérine jusquà au moins la deuxième décade de vie (1). Létude de la myélinisation en IRM à laide de séquences pondérées T1 et T2 est limitée aux deux premières années de vie. La myélinisation cérébrale, et plus généralement la maturation cérébrale, est accessible à limagerie de diffusion, et ce, dés le stade foetal (3,4): elle saccompagne dune diminution physiologique de lADC et dune augmentation de lanisotropie : les fibres peu ou pas myélinisées ont un ADC élevé et une FA faible ; inversement pour les fibres myélinisées. Le point fort de cette imagerie est donc de pouvoir quantifier cette maturation, et ce jusquà lâge adulte.
Le cerveau du ftus et du nouveau-né est caractérisé par une très importante hydratation (90% deau chez le ftus, 77% à 2 ans) avec une diffusion cérébrale très élevée. La réduction de lhydratation cérébrale et la maturation cérébrale vont dune part réduire lamplitude de la diffusion et dautre part restreindre la diffusion perpendiculairement à laxe des fibres et faciliter celle-ci le long des fibres (et donc augmenter lanisotropie).
La maturation de la substance grise saccompagne dune réduction anisotropique de lADC entre 26 et 38 SA secondaire à laccroissement des arborisations dendritiques, des synapses et à la présence de fibres radiaires gliales.
La maturation de la substance blanche est différente selon la micro-architecture (6,14): la SB compacte et très organisée en faisceau de fibres parallèles (faisceau pyramidal de la capsule interne, du pied des pédoncules cérébraux, tronc cérébral) ont un ADC plus faible et une anisotropie plus forte que la SB peu organisée et peu compacte (SB périphérique frontale ou occipitale, centre semi-ovale). Les différences de micro-architecture sont donc caractérisables et quantifiables avec limagerie de diffusion.
La séquence des événements est représentée par la figure 3 (2,6,7,11), ainsi que les différents aspects des paramètres de diffusion du ftus à ladulte (voir tableaux 1 à 3) (3,4,6,7,8,9,10,12,14). On notera que les effectifs publiés sont faibles.



Tableau 2 : Valeurs dADC selon lâge et les structures cérébrales.
NB : Variabilité des résultats selon les études : nécessité dun recrutement plus important.

Tableau 3: Valeurs de FA selon lâge et les structures cérébrales.
NB1 : Variabilité des paramètres utilisés (FA, RA,
) et des formules.
NB2 : Valeurs de FA ftales très inférieurs, probablement liées à linsuffisance technique pour lexploration in utero.
III- IMAGERIE DE DIFFUSION ET PATHOLOGIES :
Létablissement de schéma de maturation cérébrale par limagerie de diffusion permet de constituer une base détude de la maturation anormale. Le but est de rechercher des anomalies de maturation non accessibles à limagerie morphologique (16), (17), (36), (37), (40):
Prématurité et maturation anormale:
Il a été montré que les prématurés ont « à terme » ont un ADC plus élevé et une anisotropie plus faible dans la SB profonde par rapport aux nouveaux-nés à terme, et une anisotropie plus faible dans le bras postérieur de la capsule interne (Huppi et coll). Ces résultats suggèrent une différence de maturation de la SB chez les prématurés par rapport à une maturation cérébrale in utero, ou une maturation cérébrale anormale. Ces résultats sont confirmés par Miller et coll. (J Magn Reson Imaging 2002). Lévolution à long terme des paramètres de diffusion nest pas étudiée.
Leucomalacie périventriculaire :
Le diagnostic précoce de cette affection du prématuré est un enjeu. Léchographie transfontanellaire est peu sensible et spécifique, au stade initial, où elle montre une substance blanche hétérogène, contenant des plages hyperéchogènes. Plus tard, au stade cavitaire, irréversible, léchographie permet une très bonne détection des images (micro-)kystiques qui signent alors la LPV.
LIRM classique apporte plus de renseignements que léchographie transfontanellaire (18), en permettant notamment de distinguer les lésions hémorragiques de celles de leucomalacie, mais peut être prise en défaut à la phase initiale. Les séquences de diffusion ont un rôle à jouer à cette phase.
Leur utilité pour le diagnostic dischémie cérébrale hyperaiguë est maintenant connue et validée depuis plusieurs années, en particulier chez ladulte.
En effet, comme chez ladulte, cest ldème cytotoxique que lon met en évidence dès les premières heures après lapparition des signes cliniques, et non pas la cascade dévènements qui a conduit à linstallation des lésions.
Cest pourquoi, si la détection de cet dème intracellulaire ne préjuge pas de la nature exacte du mécanisme lésionnel, on peut envisager détablir des diagnostics dencéphalopathies distinctes de lischémie mais qui se caractérisent pas la présence dun dème cytotoxique. La leucomalacie périventriculaire entre dans ce cadre puisquelle est lexpression finale dun enchaînement de réactions biochimiques: la cascade excitotoxique. Cette dernière est activée dans des conditions telles quune infection maternofoetale (chorio-amniotite) qui peut conduire à la libération excessive de glutamate, acide aminé excitateur, ligand du récepteur au N-méthyl D-aspartate, pierre angulaire de la leucomalacie périventriculaire. Une fois le ligand couplé à son récepteur, plusieurs éléments concourent à la mort cellulaire : lactivation de la microglie, la production de radicaux libres via lactivation denzymes de la lipolyse et lafflux intracellulaire deau et dions Na+. Cet élément provoque un dème intracellulaire puis la lyse osmotique de la cellule.
Il est donc théoriquement possible de détecter la lésion avant quelle naboutisse à une destruction parenchymateuse kystique.
Limagerie de diffusion a été appliquée chez lanimal, dans des modèles lésionnels plus ou moins voisins de la LPV. Des modèles anoxo-ischémiques (21), (24) et excitotoxiques (22) de LPV, chez le rat et chez la souris, ont confirmé la possibilité de détection lésionnelle dès les premières heures après création de celle-ci. (Chalard F, J Radiol 2003).
Chez lhomme, différentes séries ont été publiées (19), (20), qui rapportent la mise en évidence danomalies observées en IRM de diffusion tandis que léchographie transfontanellaire et les séquences morphologiques en IRM étaient négatives. Ces anomalies sexpriment sous la forme dhypersignaux nodulaires ou en plages, dans la substance blanche périventriculaire.
La cartographie ADC, obtenue en complément de limage pondérée en diffusion, révèle une baisse du coefficient apparent de diffusion (ADC) dans des régions dont la topographie correspond, à lexamen neuropathologique, aux territoires ayant subi des dommages neuronaux et gliaux.
Dans un deuxième temps, ldème cytotoxique laisse place à la lyse cellulaire et ldème extracellulaire. Cest pourquoi lon observe une normalisation de lADC (« pénombre excitotoxique ») puis une élévation de celui-ci dans des délais variables, de lordre de quelques jours, conférant un profil biphasique à cette évolution.
Cette normalisation ne correspond bien sûr pas à une disparition de la lésion, mais à un changement de répartition des molécules deau dans le tissu cérébral.
Lélévation secondaire de lADC est observée plusieurs semaines et au-delà après la constitution des lésions dans les kystes (ADC franchement élevé) mais aussi dans les territoires périkystiques qui correspondent à une atteinte plus diffuse, en rapport avec latteinte des oligodendrocytes et le défaut de myélinisation engendré (ADC plus modérément élevé). Cest pourquoi lanalyse en tenseur de diffusion, qui permet dapporter des informations sur laltération de lorganisation des faisceaux de substance blanche est intéressante. On peut sappuyer sur labsence délévation normale de la fraction danisotropie (au sein du bras postérieur de la capsule interne) au cours du temps pour établir la sévérité du défaut de myélinisation, qui sera visualisée plus tard en séquences conventionnelles (37).
Ainsi la diffusion apparaît comme un complément indispensable aux séquences conventionnelles dIRM mais peut-être normal si lon se situe dans la période de normalisation de lADC. On peut alors sappuyer sur les autres séquences dIRM et éventuellement réitérer lexamen.
Asphyxie (ischémie/hypoxémie) néonatale (25), (38)
Lasphyxie néonatale survient essentiellement chez le nouveau-né à terme dont la susceptibilité à lischémie/hypoxémie est plus grande que celle du prématuré.
La détermination de la durée et du début du mécanisme lésionnel est en pratique souvent difficile à établir précisément mais a un intérêt non seulement pronostique mais aussi thérapeutique puisque la connaissance de ces éléments temporels permettent doptimiser la stratégie de neuroprotection (hypothermie et/ou substances médicamenteuses). En outre, cette connaissance du timing lésionnel est cruciale pour linterprétation des images IRM. En effet, si lexamen IRM est réalisé à la phase hyperaigue, quelques heures après la naissance, certaines lésions peuvent être méconnues, notamment dans le cortex. Soul et al. (26) évoquent deux hypothéses : la possible normalisation précoce de lADC ou le développement plus que dans dautre territoires de la restriction de la diffusion hydrique. A la phase subaigue, 7 jours après la naissance, il existe une fenêtre de normalisation de lADC dans les territoires lésés, variable selon la durée et le degré datteinte cérébrale et due à ldème cytotoxique glial et non plus neuronal (36). Ceci a été montré sur des modèles animaux (23) mais également retrouvé chez le nouveau-né humain et est a rapprocher de la normalisation de lADC, bien connue dans lischémie pure, chez ladulte et le nouveau-né.
Limagerie pondérée en diffusion est donc un outil précieux puisquelle détecte plus précocément les lésions cérébrales que les séquences conventionnelles, où le contraste entre les zone saines et pathologiques est faible du fait de la haute teneur en eau du cerveau (myélinisation en cours).
Si lon peut méconnaitre des lésions, il est aussi possible de les sous-estimer car la décroissance de lADC se poursuit parfois sur plusieurs dizaines dheures. La baisse maximale de lADC est atteinte en moyenne au 3e jour de vie (36). Exception faite des baisses modérées et transitoires de lADC, létendue et limportance de la baisse dADC est bien corrélée à lhistologie et au pronostic neurologique.
Pour tous ces éléments et donc plus encore que pour la leucomalacie périventriculaire, il peut être nécessaire de répéter lIRM afin de préciser le volume et le degré datteinte cérébrale.
On peut signaler également lexistence danomalie transitoires de lADC, chez des patients nayant quune courte et/ou peu profonde hypoxo-ischémie.
Les images pondérées en diffusion et la cartographie ADC rendent compte de la variété topographique des lésions : noyaux gris cérébraux , cérébelleux et du tronc cérébral, bras postérieurs des capsules internes et régions périrolandiques. La détection lésionnelle serait meilleure au niveau du cortex que dans les noyaux gris centraux (38).
Là encore, on peut utiliser le tenseur de diffusion, pour établir létendue des dégâts dans la substance blanche. La stabilité au cours du temps de lindex danisotropie est un marqueur précoce du défaut de myélinisation que lon observera ultérieurement en séquences morphologiques. De plus, le tenseur de diffusion permet dapprécier la désorganisation corticale consécutive à laltération de la substance blanche sous-jacente.
Accident vasculaire cérébral (AVC)
Lischémie cérébrale néonatale, sans composante hypoxémique associée, est une pathologie du nouveau-né à terme et quasiment pas du prématuré.
Limagerie de diffusion permet, comme cela est établi depuis plus longtemps chez ladulte, de détecter dès les premières heures les zones qui sont le siège dun dème cytotoxique mais pas encore dune nécrose, dans des modèles animaux néonataux et chez lhumain (24), (27), (28).
Les particularités pédiatriques tiennent plus à la présentation clinique (souvent une crise dépilepsie) et aux facteurs de risques (anomalies de la coagulation, cardiopathie, infections et pathologies maternelles) quaux anomalies rencontrées en IRM. Toutefois, le timing précis de lévolution biphasique est encore incomplètement connu.
Signalons trois circonstances pathologiques particulières au cours desquelles des AVC sont rencontrées dès lenfance : la dissection des artères carotides et vertébrales, la drépanocytose et le syndrome hémolytique et urémique. Dans le cadre de ces maladies, la séquence de diffusion autorise à distinguer un épisode ischémique aigu dun accident ancien.
Lésions axonales diffuses
Limagerie de diffusion a montré chez ladulte une meilleure évaluation de lextension des lésions, montrant des zones en hypersignal diffusion correspondant soit à une augmentation de lADC (dème vasogénique, potentiellement réversible), soit à une diminution de lADC (dème cytotoxique par défaillance énergétique). Limagerie de diffusion peut également montrer des lésions hémorragiques, mais dans ce cas linterprétation des coefficients de diffusion est plus délicate ; ces zones de saignement sont souvent entouré dun halo en hypersignal correspondant à un dème vasogénique (39). Une autre étude a montré une chute de lanisotropie de la SB du côté des lésions, alors quaucune anomalie nétait visible sur lIRM conventionnelle et la cartographie dADC. Ces lésions pourraient traduire une désorganisation du cytosquelette axonal, une augmentation de la perméabilité membranaire, une rupture et/ou une dégénérescence axonale, avec en conséquence une augmentation de la diffusion perpendiculairement aux fibres. (Arfanakis et coll, AJNR mai 2002).
Syndrome des enfants secoués
Limagerie de diffusion semble mieux évaluer létendue des lésions que le scanner et lIRM conventionnelle, tout en étant plus précoce et plus sensible. En plus des hématomes sous-duraux, des saignements sous-arachnoïdiens et des saignements parenchymateux, bien visibles en IRM, limagerie de diffusion peut montrer des zones dhypersignal diffusion avec diminution de lADC, semblant traduire un mécanisme ddème cytotoxique, possiblement en rapport avec un mécanisme dhypoxie/hypotension. Latteinte des régions postérieures en zone transitionnelle semble être plutôt spécifique dun syndrome des enfants secoués, plutôt quune cause traumatique. Limagerie de diffusion peut également être une aide à la datation des lésions. (Biousse, Am J Ophtalm 2002). Une atteinte corticale diffuse de type cytotoxique peut également être vue. (Parizel, Ped Radiol 2003).
Encéphalomyélite aiguë disséminée (ADEM) et sclérose en plaque (SEP) (30)
Le diagnostic différentiel entre une ADEM et une première poussée de sclérose en plaques est parfois difficile en labsence déléments anamnéstiques évocateurs et/ou daspect IRM typique, ces deux entités pouvant avoir une présentation voisine en IRM conventionnelle.
(29) Inglese et al.ont récemment mis en évidence que, si lon ne peut discriminer ces deux maladies à la phase aiguë, sur les seules données de la diffusion, on peut toutefois établir une distinction nette entre elles, à distance de lapparition des premiers signes cliniques. Les auteurs rapportent que lADC est certes très variables au sein des lésions de ces deux maladies mais que dans la substance blanche apparemment épargnée sur les séquences pondérées T2, lADC est anormalement élevé dans la SEP tandis quil reste normal dans lADEM.
En revanche, limagerie de diffusion ne semble pas être la séquence la plus sensible pour la détermination de la charge lésionnelle ainsi que pour le suivi et la recherche de lésions actives dans la sclérose en plaque, les séquences FLAIR et le T1 avec injection lui étant préférées.
Pathologies métaboliques (31), (32), (33)
La mesure de lADC et le calcul de la fraction danisotropie (FA) sont des outils diagnostiques dans les affections métaboliques (leucodystrophies et cytopathies mitochondriales). Il faut cependant souligner la rareté des ces maladies et le fait que la plupart des études porte sur des effectifs réduits.
Le diagnostic est guidé par les séquences T1 et T2, par le sens de variation de lADC et de la FA et par le siège des anomalies de diffusion. La spectroscopie a bien sûr sa place dans lexploration de ces maladies.
Ainsi, dans la leucodystrophie métachromatique a-t-il été retrouvé un gradient de restriction dADC, depuis le centre jusquà la périphérie des lésions, en rapport avec laccumulation intracellulaire de composés biochimiques non dégradés.
Une baisse de lADC a également été rapportée lors de décompensation dun syndrome des urines au sirop dérable, dans les noyaux gris centraux, le tronc cérébral et la substance blanche.
De même, un cas dencéphalopathie hyperammoniémique avec une restriction de la diffusion dans linsula et le gyrus cingulaire a-t-il été décrit.
A linverse, certaines entités pathologiques semblent présenter une élévation de lADC et une baisse de la FA, comme ladrénoleucodystrophie, le syndrome de Zellweger, le syndrome dHallerworden-Spatz et la maladie de Krabbe. Ces anomalies sont expliquées par la destruction de la myéline, resposable de lanisotropie de la substance blanche.
Le syndrome de Pelizaeus-Merzbacher (associé à un défaut diffus de myélinisation ) présente une conservation de lanisotropie, mais sans augmentation avec lâge.
Dans la maladie de Leigh est constatée une élévation de lADC, dans les pallidum notamment, en plus de la présence de lactates en spectroscopie.
Limagerie de diffusion est en outre un instrument supplémentaire de surveillance.
Encéphalite herpétique
La mise sous traitement anti-herpétique ne doit certes pas être retardée par une imagerie initiale normale mais on peut sensibiliser la détection de latteinte cérébrale par la séquence de diffusion. Celle-ci révèle, hors transformation hémorragique, un dème cytotoxique (ADC diminué) dans les territoires fronto-temporo-insulaires.
Abcès et tumeurs nécrosées
Ces entités pathologiques peuvent être distinguées lune de lautre grâce à lADC qui est diminué dans les abcès (le pus, gélatineux, restreint la diffusion hydrique) et augmenté dans les nécroses tumorales (par augmentation de la part du volume extracellulaire et diminution des entraves à la diffusion de leau que constituent les membranes tissulaires)
Tumeurs non nécrosées
Des cas de neuroblastome (34) et de glioblastome sont rapportées dans la littérature, qui montrent une restriction de la diffusion de leau dans ces lésions à la cellularité dense, sans composante nécrotique.
Radionécrose
LADC au cur de la radionécrose est nettement élevé, à limage des valeurs observées dans les tumeurs nécrosées, tandis que lADC mesuré dans ldème périlésionnel et la zone transitionnelle lest plus modérément. Linterprétation des images doit bien sûr tenir compte de lévolutivité de celles-ci.
Sclérose tubéreuse de Bourneville
Une publication de 2002 (35) montre lélévation de lADC dans les tubers corticaux et sous-corticaux non calcifiés alors que les lésions entièrement calcifiées ont un ADC nul. Ces résultats sont expliqués par la meilleure diffusion des molécules deau dans un tissu dysplasique.
LADC mesuré dans un astrocytôme à cellules géantes est normal, du fait de la présence de calcifications intratumorales.
En ce qui concerne la détection lésionnelle, les auteurs retrouvent en revanche une plus grande sensibilité de la séquence FLAIR.
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