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Limagerie a pris une place fondamentale dans la prise en charge du prématuré, essentiellement dans le diagnostic des lésions cérébrales et si possible pour lappréciation pronostique du développement neuromoteur de lenfant. Elle repose actuellement sur 2 examens :
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léchographie transfontanellaire qui est lexamen fondamental de dépistage, réalisable dans le service de réanimation néonatale, chez lenfant intubé, ventilé, instable, et qui a montré une grande sensibilité diagnostique et certaines limites que nous discuterons.
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LIRM qui, depuis plusieurs années, fait lobjet de nombreux travaux prospectifs afin de déterminer sa place exacte.
1. Lexploration néonatale très précoce
Lexploration néonatale très précoce (avant J3) repose sur lexamen échographique. Soit lexamen morphologique montre déjà une lésion intra-crânienne, soit on ne met pas en évidence dimage morphologique anormale, mais lanalyse hémodynamique est pathologique.
1.1. Lexamen morphologique est pathologique
1.1.1. Lhémorragie sous épendymaire dont on connaît la corrélation avec un excellent pronostic lorsquelle est isolée, mais quil est intéressant de signaler lors du premier bilan.
1.1.2. Lhémorragie ventriculaire parfois associée à une dilatation précoce, caractérisée par des images très hyperéchogènes, intraluminales, de description déjà ancienne. Par contre, si lexamen est réalisé très tôt, ou sil existe un doute sur la réalité de ces images hyperéchogènes intra-luminales, il est important de compléter lexamen par une analyse en Doppler couleur de laqueduc de Sylvius : celui-ci montre avec une grande fiabilité lexistence de flux colorés, anté et rétrogrades intermittents, apparaissant soit spontanément, soit lors de la pression fontanellaire (ou abdominale). Cette étude est très utile en pratique quotidienne et apparaît dune grande fiabilité, même si lon connaît sa non spécificité.
1.1.3. Lhémorragie intra-ventriculaire associée à une lésion dinfarctus ischémo-hémorragique péri-ventriculaire. Celui-ci se manifeste par une lésion très hyperéchogène, souvent globuleuse, parfois digitiforme, habituellement unilatérale au contact dune hémorragie ventriculaire massive.
1.1.4. Des images dhyperéchogénicité périventriculaire, dont il faut préciser :
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lintensité,
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la morphologie : globuleuse massive, plus souvent spiculée en périphérie avec un aspect digitiforme sétendant vers la substance blanche sous-corticale, volontiers tachetée avec des nodules plus hyperéchogènes en son sein, très rarement microkystique à cet âge,
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la topographie : uni ou bilatérale, limitée aux régions frontales ou en arrière des carrefours, ou étendue à plusieurs régions y compris temporale.
Dans ce cadre de figures, où lexamen est précoce, il faut rester prudent sur la réalité lésionnelle de ces hyperéchogénicités périventriculaires, mais il est toutefois important de les signaler même si elles vont montrer un caractère transitoire.
1.1.5. Lhyperéchogénicité des noyaux gris ou thalamique, lésion beaucoup plus rare mais pouvant exister chez le prématuré ; ces lésions hyperéchogènes des noyaux gris sont souvent assez évidentes sur le premier examen échographique, alors quelles peuvent satténuer sur lexamen de contrôle, avant de se confirmer ultérieurement.
Lorsque lanalyse de la région postérieure du cerveau est techniquement difficile, parce que la fontanelle est petite, quil existe un chevauchement suturaire, que linstallation de la ventilation rend laccès à la fontanelle antérieure délicate, ou lorsque lon a un doute sur la normalité des régions postérieures du cerveau, il est intéressant de compléter lexamen par une analyse de la fontanelle postérieure qui peut donner un accès direct à ces régions en arrière des carrefours et des cornes occipitales. On peut aussi étudier les régions temporales à travers lécaille temporale.
1.2. Lexamen morphologique apparaît normal, mais lanalyse hémodynamique est pathologique.
Létude en Doppler pulsé de la vascularisation cérébrale fait partie intégrante de lexamen échographique du nouveau-né, notamment du prématuré, puisque lon sait que les anomalies de la perfusion cérébrale sont le mécanisme préférentiel des lésions ischémo-hémorragiques. La connaissance des normes de vélocité artérielle, en fonction de lâge gestationnel est, bien entendu, fondamentale pour linterprétation des données. La nécessité détudier des vaisseaux dont les normes sont connues est également importante puisque lon ne sintéresse pas uniquement aux indices de résistance, mais aux chiffres absolus des vélocités artérielles. Cest la raison pour laquelle on étudie de façon préférentielle lartère cérébrale antérieure, éventuellement complétée du tronc basilaire.
Les éléments à rechercher sont :
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des fluctuations de la courbe Doppler, habituellement contemporaines dune instabilité de lhémodynamique systémique,
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un bas débit, caractérisé par des vitesses systoliques et moyennes nettement inférieures à la normale,
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un haut débit, avec des vitesses systoliques et moyennes très élevées,
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des anomalies de la résistance vasculaire qui peuvent sassocier à un bas débit ou à un haut débit, mais peuvent être isolées, et que lon doit bien entendu intégrer aux données gazométriques du moment ou des minutes précédentes (par exemple si lenfant a fait une bradycardie, sil vient de subir une aspiration trachéale,
). Lanalyse de cette réponse hémodynamique à un incident récent, peut être un reflet du niveau de lautorégulation cérébrale.
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Enfin, lorsquil existe une hémorragie sous épendymaire de gros volume ou une hémorragie intra-ventriculaire, il est intéressant de visualiser en Doppler couleur la perméabilité des veines terminales ; lorsque celles-ci ne montrent pas de flux coloré, la survenue secondaire dun infarctus ischémo-hémorragique doit être suspectée.
2. La surveillance précoce
La surveillance précoce (avant J10) repose également sur léchographie. Cet examen a pour intérêt de :
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Dépister la survenue dune hémorragie ventriculaire chez un enfant dont lexamen morphologique est normal, mais dont lhémodynamique était pathologique ou dont la survenue secondaire de complications cliniques (complications respiratoires, canal artériel persistant délétère, entérocolite) a pu induire la survenue dune hémorragie,
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Dépister lapparition dun infarctus ischémo-hémorragique chez un enfant dont seule lhémorragie ventriculaire avait été diagnostiquée,
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Confirmer lexistence et la persistance dune hyperéchogénicité périventriculaire, dépister lapparition dhétérogénéïté au sein de léchogénicité périventriculaire qui peut rester accentuée ou sêtre normalisée,
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Confirmer lexistence dune autre lésion (noyaux gris centraux par exemple).
3. Surveillance dune lésion hémorragique authentifiée
Cette surveillance repose là encore sur léchographie qui va montrer lévolution classique dun caillot intra ventriculaire mais surtout dépister lapparition dune dilatation ventriculaire et apprécier son évolutivité morphologique.
Le Doppler pulsé apporte bien entendu des éléments de complément : mise en évidence dune augmentation de lindice de résistance, corrélée avec lexistence dune hypertension intra-crânienne. La sensibilisation de la technique par la compression fontanellaire avec la détermination dun D (IR après compression moins IR basal divisé par IR basal), est une aide à lappréciation du caractère évolutif de la dilatation ventriculaire.
Cette analyse Doppler est particulièrement utile lorsque des gestes de soustraction de liquide céphalorachidien sont discutés et réalisés, car elle peut apprécier lefficacité du geste thérapeutique et guider le rythme des ponctions soustractives.
4. La surveillance à court terme (entre 3 semaines post-natal et le terme théorique)
4.1. La réalisation séquentielle dexamens échographiques est fondamentale, car elle permet, en dehors de la pathologie hémorragique ventriculaire déjà décrite, de préciser :
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lapparition de kystes au sein de la substance blanche : Il peut sagir de macrokystes, rapidement confluents, situation rare actuellement, ou, plus fréquemment, de microkystes. Il peut être alors difficile de faire la part entre de véritables microkystes et la réapparition dune échogénicité normale au sein dun parenchyme encore hyperéchogène. Lutilisation des sondes de haute fréquence ainsi que de voies dabord de complément, telle que la fontanelle postérieure si cela est possible, est une aide importante au diagnostic.
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la persistance dune hyperéchogénicité périventriculaire très prolongée,
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lapparition dune ventriculomégalie qui ne se manifeste souvent que par un aspect arrondi des cornes frontales sur les coupes coronales et fait suspecter lexistence dune lésion de la substance blanche non dépistée jusquà présent. Cette ventriculomégalie est stable, et peut saccompagner dun élargissement acquis des espaces péricérébraux.
4.2. Cest dans cette période que de nombreuses équipes décrivent actuellement lintérêt de lIRM (dite précoce).
Les anomalies rencontrées en IRM sont :
- des aspects résolutifs dune hémorragie ventriculaire ou de la matrice germinale,
- des anomalies de la substance blanche qui se répartissent en : images kystiques de leucomalacie péri-ventriculaire, lésions ponctuées en hypersignal T1, hypersignal diffus de la substance blanche, et lésions dinfarcissement hémorragique.
- des lésions des noyaux gris, ainsi que des hémorragies de la fosse postérieure (hémorragies cérébelleuses ou extra-axiales, volontiers unilatérales).
La confrontation des données de lIRM et de léchographie montre une bonne corrélation pour les lésions sévères (85 à 95 % pour les hémorragies de la matrice germinale ou/et intra-ventriculaire et 96 % pour les hyperéchogénicités périventriculaires majeures), une moins bonne corrélation, variant entre 55 et 72 %, pour les lésions de gravité modérée à moyenne.
Enfin, les techniques de diffusion permettent de mettre en évidence des anomalies de la substance blanche plus étendues que lIRM conventionnelle avec, semble til, une bonne corrélation avec le devenir neurologique ultérieur.
Pour de nombreux auteurs cette IRM précoce paraît donc utile lorsque limagerie échographique montre des anomalies modérées, douteuses, ou quelle est normale mais discordante avec la présentation clinique ou électrique de lenfant.
5. La surveillance à long terme (4 mois - 1 an)
Elle apparaît pour beaucoup indispensable et repose sur lIRM. Limportance de cette surveillance repose sur la corrélation entre les anomalies du développement neuromoteur et les lésions péri ou postnatales de la substance blanche. Ceci est évident chez les prématurés avec lésion parenchymateuse isolée, mais également dans la population des hémorragies ventriculaires, où les anomalies cliniques sont étroitement corrélées avec lexistence dune lésion parenchymateuse associée à lhémorragie. LIRM est alors très performante pour apprécier une ventriculomégalie, un aspect quadrangulaire des ventricules, une anomalie de signal de la substance blanche périventriculaire, mais surtout un retard de myélinisation, une hypoplasie calleuse, une diminution du volume cérébral.
6. Le problème de la graduation des lésions
Quil sagisse déchographie ou dIRM, il est important dessayer de classer les lésions cérébrales observées.
Personnellement en échographie nous différencions :
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La pathologie hémorragique :
- hémorragie sous épendymaire isolée (grade I)
- hémorragie intraventriculaire dabondance modérée (grade II)
- hémorragie intraventriculaire de grande abondance, souvent avec dilatation (grade III)
- hémorragie intraventriculaire associée à une lésion dinfarcissement ischémo-hémorragique (grade IV)
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Les lésions parenchymateuses :
- les hyperéchogénicités périventriculaires localisées (grade I) : soit frontales ou pariétales, soit localisées aux régions post-trigonales, soit punctiformes,
- les hyperéchogénicités étendues (grade II) : soit limitées à la substance blanche périventriculaire et unilatérales, soit limitées à la substance blanche périventriculaire et bilatérales, soit étendues à la substance blanche sous corticale,
- les lésions cavitaires de petite taille, inférieures à 5 mm (grade III),
- les lésions cavitaires de grande taille, supérieurs à 5 mm (grade IV) : soit limitées à la substance blanche périventriculaire, soit étendues à la substance blanche sous corticale.
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Les lésions des noyaux gris.
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Enfin, la ventriculomégalie isolée dapparition secondaire.
En IRM :
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les lésions hémorragiques : de la matrice germinale, ou intraventriculaires, ou intraventriculaires avec infarctus ischémo-hémorragique,
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les lésions de la substance blanche périventriculaire : focales (du grade I où elles sont peu nombreuses et de petite taille, au grade IV, où elles sont nombreuses, étendues et kystiques),
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lhypersignal diffus de la substance blanche,
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les lésions des noyaux gris,
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les anomalies tardives : ventriculomégalie, retard de myélinisation, diminution du volume cérébral.
7. Au total
Limagerie cérébrale du prématuré repose sur lexamen échographique réalisé avant J3, répété avant J10, une semaine plus tard et au terme corrigé. Bien entendu si des lésions dallure évolutive sont détectées, la surveillance échographique est plus rapprochée. Par contre, si les 2 premiers examens échographiques sont normaux, et si aucun évènement nouveau nintervient, il est légitime de ne pas multiplier les contrôles.
Lindication dune IRM (précoce) est discutée en fonction de lexamen échographique et des éventuelles discordances clinico-électriques. Une IRM à distance (à 4 mois pour certains, à 1 an très probablement) apparaît justifiée chez tous les prématurés ayant subi une souffrance périnatale.
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