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Les indications et les techniques d'imageries des sinus de la face chez l'enfant ont considérablement évolué ces vingt dernières années.
En effet, les progrès sont de double nature d'une part technique avec pour l'imagerie scanner et IRM surtout avec des techniques de scanner qui permettent des acquisitions hélicoïdales très rapides et d'excellente qualité.
Les techniques d'imageries par radio standard n'ont pratiquement plus aucune indication compte tenu des superpositions, des risques d'erreur et de la mauvaise qualité des renseignements apportés.
La seule circonstance ou leur apport peut encore être discuté est lorsqu'elles sont normales permettant éventuellement d'arrêter le bilan d'exploration.
En effet, des radios de sinus pathologiques ne peuvent que très rarement être interprétées de façon univoque (pour mémoire plus de 60% de la population pédiatrique asymptomatique est porteuse d'opacités radiologiques sur les sinus).
De même, la radio de cavum n'est qu'une médiocre fiabilité pouvant surévaluer ou sous-évaluer le volume réel des végétations adénoïdes.
Finalement le seul examen important en première intention est un scanner en coupes axiales et coronales. Il est utile uniquement dans le bilan pré-opératoire des sinusites chroniques et bien sûr devant toute suspicion de tumeur, malformation ou en contexte traumatique.
L'exploration des sinusites aiguës à répétition ne requiert pas systématiquement un scanner surtout chez le jeune enfant.
Dans le cadre des rhinosinusites chroniques, les indications sont beaucoup moins larges que chez l'adulte car là aussi les opacités sont extrêmement fréquentes dans la population asymptomatique (jusqu'à 40 à 50%) et la principale question reste bien sûr l'imputabilité de ces opacités vis-à-vis de la symptomatologie clinique. Il faut rappeler que par exemple de nombreux enfants explorés pour céphalées sont adressées à l'ORL pour rhinosinusite chronique sur le résultat d'un scanner alors qu'il s'agit le plus souvent d'une migraine
En revanche, cette tomodensitométrie est strictement indispensable si l'on envisage un geste chirurgical selon les cas à type d'ethmoïdectomie endonasale, de méatotomie moyenne
Il sera souvent utile de prévoir un transfert sur CD de ces images dans le cadre d'une éventuelle intervention sous navigation.
Dans le cas précis des mucoviscidoses, un scanner avec injection est souvent utile pour mieux préciser les abcès intra-sinusien observés.
Dans le cadre des malformations (malformations nasales, hypoplasie, agénésie, tumeurs congénitales
) le scanner est souvent le premier examen demandé et quelquefois suffisant, parfois complété par une IRM, pour étudier les connexions avec la base du crâne et/ou pour rechercher des anomalies associées encéphaliques.
De même dans les atrésies choanales, le scanner reste toujours l'examen de référence.
Dans tous les cas où une intervention est envisagée, il est indispensable de disposer de coupes coronales (facilement aujourd'hui obtenues à partir des coupes axiales) et il ne faut donc pas se contenter de rendre quelques images en coupes axiales dans ces cas précis.
Dans le cadre des complications méningo-encéphaliques des sinusites, le scanner est souvent le premier examen demandé pour des raisons de disponibilité. Il faut bien évidemment réaliser une injection de produit de contraste et une IRM est très souvent utile en complément pour mieux préciser les lésions.