Publié lundi 8 novembre 2004

Journées Françaises de Radiologie 2004

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Sessions de Radio-Pédiatrie 

Dépistage échographique de la maladie luxante de hanche.
Qu'en est-il de la gémellité comme facteur de risque

L-C Lougue-Sorgho (1), R Kraenzler (2), K Lambot (1), S Sapuy (1), B Bourlière Najean (1), P Petit (1),
J Cottalorda (3), G Bollini (1), P Devred (1) - (1) Marseille - France, (2) Toulon - France, (3) Saint Etienne - France

Objectifs
L'étude morphologique de la hanche par l'échographie remonte aux travaux de Graf en 1983. Rapidement l'échographie devient un complément indispensable de l'examen clinique dans le dépistage de la maladie luxante. Ce dépistage répond à des impératifs, dont l'existence de certains facteurs de risque. La gémellité a été incriminée. Le but de cette étude est donc d'apprécier l'incidence réelle liée aux grossesses gémellaires.

Matériels et méthodes
Par une étude rétrospective, nous avons revu les échographies de hanche réalisées systématiquemment chez des jumeaux. Les examens ont été réalisés par une équipe entraînée à la méthode morphologique de GRAF.

Résultats
Trois cent seize nourrissons ont été échographiés de février 1991 à mars 2004, âgés en moyenne de 2 mois. Quarante cinq échographies, initialement de Type IIa, se sont normalisées au contrôle réalisé 2 mois plus tard. Seuls deux nourrissons ont été traités avec succès pour un Type IIb unilatéral et un Type IIc bilatéral.

Conclusion
Les résultats de cette étude préliminaire ne permettent donc pas de retenir la gémellité seule comme un facteur de risque. Il existe probablement une sommation de facteurs de risque que des études ultérieures pourront préciser.


Ossification enchondrale de l'extrémité supérieure du fémur : approche quantitative par IRM dynamique

S Gaucher, N Fergusson, F Chalard, A Sekkal, A Khéniche, G Sebag - Paris - France

Objectifs
L'ossification enchondrale s'accompagne d'une invasion vasculaire de la physe permettant une transformation du cartilage calcifié en spongieuse primaire et secondaire. L'objectif de cette étude prospective est d'évaluer quantitativement ce phénomène vasculaire par IRM dynamique.

Matériels et méthodes
Le pic de rehaussement maximum et la vitesse de rehaussement ont été mesurés au niveau de la spongieuse de la tête fémorale et du col fémoral après bolus de 0,1 mmol/Kg de chelate ionique de Gadolinium (Dotarem) chez 37 enfants âgés de 39-178 mois. Les résultats ont été corrélés avec l'âge.

Résultats
Le pic de rehaussement (107 %) et la vitesse de rehaussement (10/s) de la spongieuse cervicale étaient significativement plus élevés que la spongieuse céphalique (respectivement 41 % et 5/s). Les pics et vitesses de rehaussement décroissent significativement avec l'âge, reflétant la diminution physiologique de la vitesse de croissance osseuse.

Conclusion
La cinétique de rehaussement des spongieuses primaire et secondaire est quantifiable chez l'enfant et semble refléter la vitesse de l'ossification enchondrale.


Myosite ossifiante circonscrite de l'enfant

L-C Lougue-Sorgho, K Lambot, G Gorincour, F Launay, S Chapuy, B Bourlière Najean, P Petit, P Devred - Marseille - France

Objectifs
Préciser la place actuelle de l'imagerie dans le diagnostic et la surveillance de la myosite ossifiante circonscrite (MOC).

Matériels et méthodes
Nous avons revu les dossiers cliniques et d'imagerie de onze enfants porteurs d'une MOC. Le mode de révélation, les aspects radio-scanographiques, échographiques et IRM sont analysés. La place de la biopsie et la présence de séquelles sont évaluées.

Résultats
Les patients sont tous des garçons, de moyenne d'âge 10 ans (4-15 ans). Ils présentaient tous un traumatisme local récent. La douleur constante était associée dans 4 cas à une tuméfaction. Les clichés standard montraient des masses des parties molles calcifiées en périphérie dans 10 cas, une réaction périostée adjacente était présente 4 fois. Sept patients ont eu un scanner qui montrait la calcification périphérique de la masse. Les anomalies de signal IRM étaient très variables. La surveillance était radiographique, scanographique en cas d'apposition périostée associée. Deux enfants ont été opérés au stade séquellaire.

Conclusion
Malgré la place fondamentale de l'IRM dans l'exploration des tumeurs des tissus mous, celle ci n'apparaît pas utile dans le diagnostic et la surveillance d'une MOC sous réserve que le diagnostic ait été formellement établi par l'imagerie photonique. La biopsie peut faussement orienter vers une tumeur maligne


Ostéome ostéoïde du rachis : a propos de 12 cas

N Bouaziz, M Chelli Bouaziz, MT Zidi, S Chaabane, M Charfi, MH Daghfous, M Ben Hammouda, MF Ladeb - Tunis - Tunisie

Objectifs
Rappeler la présentation clinique et les aspects radiologiques de ces tumeurs en insistant sur l'intérêt de la TDM dans ces localisations.

Matériels et méthodes
Douze observations d'ostéome ostéoïde colligées dans notre institution entre 1981 et 2003 et confirmées histologiquement sont revues.

Résultats
Il s'agit de 6 filles et de 6 garçons âgés de 9 à 22 ans (âge moyen : 16 ans et 3 mois). Ils ont tous consulté pour douleur rachidienne, associée à une raideur (n = 7), une attitude scoliotique (n = 7), une scoliose structuralisée (n = 2) ou à des signes neurologiques déficitaires (n = 2). Le diagnostic a été posé 18 mois en moyenne après le début des douleurs principalement à cause de leur caractère peu intense amenant le patient à consulter tardivement. Les radiographies standard étaient normales dans deux cas, ont montré le nidus dans un cas et une ostéocondensation dans 9 cas. La scintigraphie, pratiquée dans 8 cas, a montré une hyperfixation La TDM, pratiquée chez 10 malades a montré le nidus dans tous les cas. L'IRM, pratiquée dans un cas a montré le nidus associé à un oedème du spongieux. Onze ostéomes étaient situés dans l'arc postérieur et un dans le corps vertébral. La résection a été chirurgicale pour tous nos patients avec une évolution clinique favorable.

Conclusion
L'ostéome ostéoïde rachidien se manifeste par des douleurs associées à une raideur voire une déviation rachidienne. Le diagnostic, difficile, est souvent tardif. La scintigraphie est sensible mais peu spécifique. La TDM, orientée par la clinique et les radiographies standard permet une confirmation diagnostique et un bilan pré-thérapeutique précis. L'IRM est réservée à l'étude du retentissement intra-canalaire.


Application du concept ALARA " As Low As Reasonably Achievable "
au scanner thoracique de l'enfant : 80 kilovolts suffisent

A Sigal-Cinqualbre (1), J-L Rehel (2), B Aubert (2), J-F Paul (1) - (1) Le Plessis Robinson - France, (2) Fontenay-Aux-Roses - France

Objectifs
Présentation d'un protocole d'examen tomodensitométrique du thorax chez l'enfant réalisé en bas kilovoltage (80 kV).

Matériels et méthodes
Quarante-sept enfants âgés de 5 jours à 10 ans et de poids variant de 2,1 à 30 kg ont bénéficié d'un scanner thoracique multicoupe afin d'explorer des pathologies congénitales cardio-vasculaires, bronchiques ou en post-opératoire. L'exploration a été réalisée à 80 kV, en adaptant le milliampérage au poids de l'enfant (17 à 90 mAs). De plus, le bas kilovoltage a permis de diminuer le volume de contraste intraveineux par rapport à un examen à 120 kV.

Résultats
Les examens à bas kilovoltage ont tous été diagnostiqués et de qualité variant de 3 à 5/5. L'irradiation est considérablement diminuée par rapport à un examen mené à 120 kV. Les mesures réelles, in vitro sur fantômes et in vivo par dosimètres thermo-luminescents sont en cours d'analyse et les résultats seront présentés ici.

Conclusion
Il est proposé d'effectuer en routine chez l'enfant les examens tomodensitométriques du thorax à 80 kilovolts.


Distribution des actes de radiologie parmi une population de nouveau-nés de faible poids ou grands prématurés

J Donadieu (1), P Jarreau (2), P Pirard (1), C André (2), H Gouya (2), P Legmann (2), G Moriette (2) - (1) Saint Maurice - France, (2) Paris - France

Objectifs
La distribution des actes de radiologie est mal connue chez les grands prématurés et les nouveau-nés de moins de 1500g.

Matériels et méthodes
Etude sur dossiers de patients admis entre le 1/1/2002 et le 30/6/2003 en réanimation néonatale, ayant un terme (T) inférieur à 34 semaines d'aménorrhée (SA) ou un poids de naissance (PN) inférieur à 1500g.

Résultats
Les résultats préliminaires (1/3 de la population) montrent que la distribution du nombre de radiographies dans cette population est asymétrique (médiane : 9, moyenne 13, minimum : 0, maximum : 95). Les déterminants du nombre de radiographies sont le terme (51 quand T<28 SA, 16 quand 28<T<32 SA, 7,5 quand 32SA<T), le PN, la réalisation d'actes médicaux, la survenue de complications médicales. On estime la dose cumulée reçue par les patients de moins de 28 SA à 3 mGrays [1,5 - 5,1] contre 0,6 mGrays [0,2 -1,35] chez les plus de 32 SA.

Conclusion
Les grands prématurés d'âge gestationnel < 28 SA constituent un sous-groupe de patients qui subit un nombre particulièrement important de radiographies.


Relation entre obésité et mesure de la masse osseuse en scanner :
corrélation avec l'indice de masse corporelle

S Ferey, C Teinturier, C Bouvatier, P Bougnères, G Kalifa - Paris - France

Objectifs
Corréler la sévérité de l'obésité chez l'enfant (appréciée par l'indice de masse corporelle corrigée) et le contenu minéral osseux.

Matériels et méthodes
Le contenu minéral osseux a été mesuré en scanner sur le rachis chez 300 enfants porteurs d'une obésité « idiopathique » appréciée sur l'indice de masse corporelle corrigé (n = 100).

Résultats
La minéralisation est à - 2DS chez 25 % des patients, à + 2DS chez 3 % et 72 % se situent entre - 2 et + 2DS. Il n'a pas été observé de corrélation entre l'indice de masse corporelle et cette minéralisation. Les enfants présentant un BMI supérieur à 200 (16,5 %) ont une valeur médiane de densitométrie osseuse à 0 avec des chiffres qui vont de - 4,2 à + 1 DS. D'autre part chez les 15 % d'enfants présentant les déminéralisations les plus sévères qui excèdent -3 DS, la médiane de BMI est à 170.

Conclusion
Cette étude préliminaire montre une fréquence assez élevée de déminéralisation chez l'enfant obèse mais sans qu'il existe de corrélation avec le BMI. Un travail complémentaire doit apprécier la place des apports calciques et vitaminiques dans leur alimentation. Cette cohorte permettra de suivre l'évolution squelettique en fonction du devenir de l'obésité.


Doses d'irradiation induites par les examens radiologiques pratiqués sur les enfants prématurés

I Thierry-Chef (1), C Maccia (1), M Tirmarche (2), D Laurier (2) - (1) Bourg-La-Reine - France, (2) Fontenay-Aux-Roses - France

Objectifs
Une étude a été réalisée à l'hôpital Trousseau de Paris pour estimer la dose reçue par les prématurés soumis à de fréquents examens radiologiques.

Matériels et méthodes
Les doses associées aux clichés réalisés en service de réanimation ont été mesurées par des TLD ; celles dues aux examens complémentaires ont été obtenues à partir des constantes des appareils. Les doses cumulées ont été calculées, pour les enfants nés en 2002, à partir de la fréquence d'examens disponible au niveau du service de radiologie.

Résultats
En réanimation, la dose moyenne à l'entrée du patient par cliché s'élève à 70µGy (soit une dose efficace de 25µSv). Les doses dues aux autres examens varient de 0,3 mGy à 11 mGy, soit une variation de la dose efficace de 0,06 à 2,83 mSv. Tous poids confondus, la dose efficace cumulée, pour un séjour moyen de 1,5 mois, est de 1,22 mSv (équivalent à la dose moyenne d'origine médicale reçue par la population générale). La dose efficace moyenne reçue par les enfants de poids supérieur à 2500g est de 0,6mSv alors que celle reçue par les enfants de plus faible poids (500-1500g) est de 2mSv, la durée de séjour étant plus longue et le nombre d'examens plus important.

Conclusion
Le risque de cancer n'a pas été défini pour ces enfants particulièrement jeunes et radio-sensibles d'où la nécessité d'une étude épidémiologique à grande échelle.


Apport de l'echographie dans l'etude des complications de l'injection intramusculaire chez l'enfant au cours du paludisme

A Keïta, S Traore, S Doumbia - Bamako - Mali

Objectifs
Décrire les aspects echographiques des lésions musculaires liées à l’injection des sels de quinine.

Matériels et méthodes
Il s’agit d’une étude descriptive à recrutement prospectif allant de juillet 1999 à juin 2000, portant sur un effectif de 50 enfants ayant présenté des complications de l’injection intramusculaire (a Bamako au Mali). Critères d’inclusion : patients des deux sexes, d’âge &Mac178; l5 ans et présentant une complication de l’injection musculaire. Consentement éclairé des parents. Critères d’exclusion : patients âgés de plus de 15 ans séquelles musculaires d’autres étiologies que l’injection intramusculaire. Refus des parents de laisser inclure leur enfant dans l’étude.

Résultats
L’échographie a retrouvé des calcifications musculaires dans 37 cas (74%), des abcès dans 7 cas (14%) et des inflammations musculaires dans 6 cas (12%). Le traitement médical associé à la rééducation a été pratiqué chez 40 malades (80%) et la méthode chirurgicale chez 10 patients (20%).

Conclusion
L’injection intramusculaire de produits des sels de quinine dans la cuisse peut entraîner de graves complications chez l’enfant. L’échographie permet d’établir une cartographie précise des lésions musculaires, de déterminer leur nature, leur dimension et surtout de faire le staging des lésions.


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