TUBERCULOSE DE L'ENFANT
Auteurs : P Begue - Paris - France
La tuberculose est responsable de 3 millions de décès annuels dans le monde (OMS), principalement en Afrique et en Asie.
En 1995, 8 568 cas nouveaux de tuberculose ont été déclarés en France, dont 6 cas de méningites tuberculeuses chez des enfants de moins de 5 ans. Il existe des disparités régionales importantes, avec une plus forte incidence en Ile-de-France, pouvant s'élever jusqu'à 59/100 000 habitants à Paris. La diminution des cas s'accentue, en particulier chez l'enfant. Les formes cliniques sont variées. La primo-infection reste souvent une découverte d'enquête autour d'un cas ou d'un contrôle vaccinal. Les cas patents sont plus souvent extra-pulmonaires chez les enfants migrants que non migrants : adénites, péritonites, formes disséminées. Des atteintes multiples sont possibles.
La vaccination par le BCG est surtout active sur les formes graves. Un décret récent a révisé la fréquence du BCG et des contrôles.
Le traitement antituberculeux a évolué avec le raccoursissement de la durée totale grâce au tri et quatrithérapies antituberculeuses. La multirésistance de M.Tuberculosis est exceptionnelle en France (prévalence 0.7 % en 1994).
FREQUENCE RELATIVE DES DIFFERENTES LOCALISATIONS ET DIFFERENTES FORMES RADIOLOGIQUES DE LA TUBERCULOSE EN AFRIQUE SUD-SAHARIENNE. LE POINT PARTICULIER SUR LES LOCALISATIONS OSSEUSES
Auteurs : M Kané, M Dembélé, D Kayentao, S Sidibé, I Traoré - Bamako - Mali
Objectifs : Déterminer la fréquence des localisations pulmonaires et extra-pulmonaires de la tuberculose en Afrique Sud-Saharienne et représenter les aspects radiologiques en insistant sur les localisations pulmonaires et osseuses.
Matériel et méthodes : A partir des dossiers de 236 patients atteints de tuberculose suivis dans les service de médecine interne et de pneumo-phtisiologie de l'hôpital du Point-G entre 1987 et 1988. Revue de la litérature africaine.
Résultats : Le diagnostic de tuberculose a été porté dans notre hôpital chez 236 patients pendant la période du 1er octobre 1987 au 31 août 1988. Dans 174 cas la localisation était pulmonaire avec présence dans les champs pulmonaires d'opacités parenchymateuses localisées ou diffuses unilatérales ou bilatérales. L'atteinte extra-pulmonaire a été observée chez 62 patients. Dans cette forme de présentation la tuberculose abdominale était la plus impotante avec 21 cas dont 7 cas de tuberculose péritonéale et 14 cas de tuberculose hépato-splénique. Les formes ganglionnaires étaient observées chez 13 patients. Dans 11 cas, il s'agissait d'adénomégalie cervicale. La localisation osseuse se limitait à l'atteinte du rachis avec 10 cas Mal de Pott de siège dorsale chez 5 malades, lombaire chez 5 autres malades. Dans 3 localisations dorsales et 2 localisations lombaires l'atteinte était neurologique avec paraplégie spasmodique ou flasque. La radiographie standard a mis en évidence la spondylodiscité avec atteinte discale et stomatique caractéristique. Dans les 6 cas de tuberculose pleurale rencontrés la radiographie du thorax a montré une opacité de tout l'hémithorax dans 2 cas, de la moitié inférieure de l'hémithorax dans 4 cas. Dans tous les cas l'épanchement pleural était unilatéral et siegeait 2 fois dans le poumon droit, 4 fois dans le poumon gauche. Enfin 5 patients étaient atteints de péricardite tuberculeuse et 1 patiente de tuberculose génitale. Dans la présentation multifocale, on notait 3 cas de tuberculose pulmonaire et ganglionnaire chez 3 malades de SIDA.
Un cas de tuberculose hépato-splénique et iléo-coccale et 1 cas de tuberculose ostéo-articulaire et méningée. La comparaison de notre série avec celle de la littérature africaine ne montre pas de différence significative.
Conclusion : Devant l'accroissement du nombre de cas de tuberculose à cause de l'épidémie du SIDA, il est utile de rappeler le caractère ubiquitaire de cette affection.
LA TUBERCULOSE PULMONAIRE DE L'ENFANT EN 1998. PROBLEMES PRATIQUES
Auteurs : C Durand, P Baudain, F Nugues, S Bessaguet - Grenoble - France
La tuberculose est toujours parmi nous ! Elle revient même au grand galop. Pendant une période idyllique qui a vu sa fréquence diminuer de 5 % par an, certains auteurs prévoyaient son éradication vers l'an 2000. Force est de constater que la tendance s'inverse depuis 1985. Trois éléments la caractérisent :
- son polymorphisme responsable de tableaux radiocliniques trompeurs entraînant un retard de traitement hautement préjudiciable.
- sa gravité du fait des mutations responsables de résistances croisées aux antibiotiques
- sa survenue au cours de déficits immunitaires en nombre croissant (virus HIV en particulier)
Les aspects radiologiques sont extrêmement variés.
1 - Au stade de primo-infection, la radiographie peut être strictement normale au moment de l'infestation justifiant la pratique systématique de TDM chez tout enfant atteint. L'aspect le plus caractéristique de primo-infection est le complexe ganglio-pulmonaire le plus souvent unilatéral. Parfois seule l'adénopathie est visible.
Dans la plupart des cas les anomalies parenchymateuses et les adénopathies diminuent de volume, mais cette réduction peut être extrêmement lente et s'étale en général sur plusieurs mois, même sous traitement. Des calcifications séquellaires surviennent quelquefois, le plus souvent au niveau des ganglions ou du parenchyme, beaucoup plus exceptionnellement au niveau de la plèvre.
En cas d'évolution défavorable, d'autres aspects moins spécifiques sont principalement fonction de l'évolution du foyer primaire et du volume des adénopathies :
- troubles ventilatoires sous forme de bandes d'atélectasies ou au contraire d'emphysème obstructif traduisant une atteinte endobronchique
- extension d'un foyer de consolidation conduisant à un abcès pulmonaire ou à une pneumopathie cavitaire
- dissémination hématogène sous forme d'une miliaire
- épanchement pleural (rare), péricardite (exceptionnelle) ou extension au rachis par contiguïté.
2 - La tuberculose post-primaire (ou de réactivation) se présente habituellement sous la forme d'un petit foyer parenchymateux siégeant le plus souvent au niveau de l'apex pulmonaire, ce qui l'oppose classiquement à la primo-infection. Cette lésion, si elle n'est pas traitée, évolue vers l'ulcération et la cavitation et peut s'étendre progressivement. La différenciation entre tuberculose post-primaire ou primo-infection est parfois difficile, surtout chez l'adolescent, car les deux formes ont tendance à évoluer de la même manière.
Le vrai problème de la tuberculose est avant celui de sa reconnaissance précoce et son traitement rapide. Le BK a su se faire oublier, au point que cliniciens et radiologistes ont perdu l'habitude de le reconnaître. Il revient cependant, plus insidieux et plus résistant que jamais.
LES LOCALISATIONS URINAIRES DE LA TUBERCULOSE
Auteurs : R Kadiri, A Ousehal, S Benjelloun - Casablanca - Maroc
Objectifs : Rappeler les différents aspects radiologiques de la tuberculose urinaire et définir la place des différentes techniques d'imagerie.
Matériels et méthodes : Etude rétrospective de 113 cas de tuberculose urinaire. Tous les patients ont été explorés par une UIV, complétée par une échographie rénale dans 31 cas. La ponction sous échographie des cavités dilatées a été réalisée dans 3 cas. Résultats : L'âge moyen était de 36 ans avec un sex-ration égal à 1,7. Le délai d'évolution entre les premiers signes cliniques et le diagnostic était dans tous les cas supérieur à 3 mois. La bi ou la multifocalité des lésions a " été notée dans 84 % des cas. Au niveau rénal, les sténoses et les amputations calicilles oné été notées dans 24 cas alors que les cavernes tuberculeuses ont été retrouvées chez 6 patients. Au niveau utétéral, la sténose a été notée dans 32 cas et l'urétérite dans 10 cas. Une vessie de capacité réduite a été retrouvée dans 26 cas. L'échographie a montré dans 16 cas une urétérohydronéphrose, 11 petits seins détruits et 3 dilatations calicielles isolées. Le BK a été isolé au niveau du liquide de ponction du groupe caliciel exclu à l'UIV dans 3 cas.
Discussion : La tuberculose uro-génitale occupe au Marox la 5ème place des localisations tuberculeuses après les localisations thoraciques, ganglionnaires, digestives et ostéo-articulaires. Les aspects radiologiques de la tuberculose urinaire sont variés et polymorphes. L'IUV reste l'examen de référence dans le diagnostic, le bilan d'extension et la surveillance. L'échographie et la TDM sont indiquées en cas d'insuffisance de l'UIV (mutité rénale, syndrome de masse, étude du péri rein) ou pour guider une ponction à visée diagnostique.