J-M Coudreuse, C Brunet - Marseille - France
Dans le contexte sociologique actuel où les loisirs ont une part
de plus en plus importante, le sport devient l'une des activités
incontournables des enfants et des adolescents. Ceux-ci, en raison d'un
investissement important des cadres sportifs et des parents soucieux de
leurs performances, peuvent se retrouver dans des états de surentraînements.
Cette hyperactivité peut engendrer des lésions qui le plus
souvent siègent au niveau du cartilage de croissance qui est la région
la plus fragile chez l'enfant.
Il faut accorder une importance particulière aux signes fonctionnels
qui peuvent survenir chez l'enfant sportif : la douleur est un " signal
d'alarme " important car l'enfant pratiquant une activité sportive
a moins tendance à se plaindre qu'un adulte. De même une boiterie
doit faire évoquer systématiquement une pathologie majeure.
Enfin, la survenue de chutes peut être la traduction d'une instabilité.
Les lésions classiques du sportif adulte sont très peu applicables
à l'enfant. En effet, a priori, l'enfant ne présente pas de
claquage, ni de tendinopathie ni d'entorse. Il s'agit le plus souvent de
lésions siégeant au niveau du cartilage de croissance. L'imagerie
est le plus souvent nécessaire pour objectiver ces pathologies. A
titre d'exemple, un " claquage " des ischio-jambiers fera rechercher
un arrachement apophysaire au niveau de l'ischion et une " tendinite
" rotulienne évoquera une maladie d'Osgood Schlatter. D'autre
part, cette imagerie est indispensable afin d'éliminer certaines
pathologies en particulier tumorales qui peuvent être révélées
par la pratique du sport.
J-L Jouve, G Bollini - Marseille - France
La période de croissance est marquée par des modifications
biomécaniques de l'appareil locomoteur concernant la résistance
et l'élasticité des tissus. Les points de faiblesse principaux
sont épiphyses, cartilages de croissance, jonctions os-tendon.
Deux types de traumatisme peuvent être distingués. Les macro-traumatismes
surviennent pour des impacts importants. Certains ne sont pas spécifiques
du sport, tels les fractures et les décollements épiphysaires.
D'autres sont plus caractéristiques de la pratique sportive, notamment
les arrachements apophysaires équivalant aux entorses graves de l'adulte.
Les micro-traumatismes correspondent aux lésions par hyper-sollicitation
ou " over use ". Trois ordres de lésions peuvent être
distingués : 1) les syndromes jonctionnels ou apophysites d'insertion.
Ils témoignent de la faiblesse mécanique de la jonction os-tendon
et siègent au niveau des insertions des gros tendons de l'organisme
(ligament rotulien, tendon d'Achille) ; 2) les lésions ostéochondrales.
C'est le cas des ostéochondrites du coude chez les gymnastes ou maladie
de Panner ; 3) les fractures de stress.
D'autres lésions sont plus rares et discutables telles que les lésions
chroniques du cartilage de croissance ou la transformation d'une apophysite
d'insertion en arrachement apophysaire.
Les particularités biomécaniques de l'appareil locomoteur
en croissance devraient déboucher sur une meilleure prise en charge
préventive de l'enfant sportif.
P Petit, K Chaumoître - Marseille - France
La pratique d'une activité physique importante expose l'enfant ou
l'adolescent à la survenue de lésions traumatiques des os
et des articulations. Certaines ne différent en rien des lésions
rencontrées à l'occasion de traumatismes violents par accident
de la voie publique. Par contre, d'autres ont une incidence plus marquée
dans ce contexte. Ainsi, les fractures de fatigue du squelette axial et
appendiculaire sont fréquemment induites par la pratique de sport.
Il en est de même de certaines lésions ostéo-chondrales.
L'atteinte du cartilage de croissance ne doit pas être méconnue.
Les lésions méniscales de l'enfant et de l'adolescent diffèrent
de celles rencontrées chez l'adulte. La connaissance de la séméiologie
particulière de ces anomalies est indispensable à une bonne
prise en charge.
P Petit, K Chaumoître - Marseille - France
Objectifs : Montrer les atteintes les plus fréquentes de la pathologie
d'insertion et des tissus mous en traumatologie du sport chez l'enfant.
Patients, méthodes et résultats : Les apophyses d'insertion
tendineuse sont fragilisées à l'apparition du point d'ossification.
En fonction de l'âge de l'enfant et du sport pratiqué, les
apophyses atteintes peuvent être démembrées. Par exemple
au niveau du bassin, les apophyses concernées sont : épine
iliaque antéro-supérieure chez les sprinters âgés
de 15 à 16 ans, épine iliaque antéro-inférieure
chez les footballeurs de 12 à 14 ans, tubérosité ischiatique
chez les sauteurs entre 12 et 15 ans, crête ilia-que chez les sauteurs
et les coureurs entre 14 et 15 ans, petit trochanter chez les sauteurs entre
12 et 16 ans. Les lésions musculo-tendineuses, les déchirures
musculaires sont diagnostiquées clinique-ment et visualisées
en échographie ou en IRM. Les déchirures ou contusions musculo-périostées
peuvent évoluer vers une myosite ossifiante localisée. Les
tendinites sont souvent intriquées avec une ostéochondrose
du point d'insertion. Leur diagnostic est clinique et peut s'aider de l'échographie,
voire de l'IRM. Le syndrome des loges lié à un surentraînement
peut être diagnostiqué cliniquement et en imagerie par résonance
magnétique.
Conclusion : La pathologie d'insertion et la pathologie des tissus mous
en traumatologie doit être connue, cependant chez l'enfant sportif,
la gamme diagnostique ne doit pas être limitée au traumatisme.
M Panuel, P Petit, F Portier, K Chaumoître - Marseille - France
La pratique du sport est une source croissante de lésions aiguës
et/ou chroniques de l'appareil ostéo-articulaire dont les risques
à long terme ne sont pas clairement établis. Le rôle
du radiologue est de proposer une démarche d'exploration qui prend
en compte la fréquence et le type de lésions rencontrées
en fonction du sport pratiqué et qui assure le meilleur rapport coût-diagnostic
en évitant une inflation d'examens source d'errances diagnostiques
parfois préjudiciables à l'enfant.