Publié novembre 1999

 

Journées Françaises de Radiologie

Neuroradiopédiatrie : La fosse postérieure de l'enfant

 

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DEVELOPPEMENT DES STRUCTURES NERVEUSES ET OSSEUSES DE LA FOSSE POSTERIEURE


M Catala - Paris - France
Le développement des structures de la fosse postérieure fait appel à de nombreuses interactions entre les structures nerveuses et osseuses. Le tronc cérébral provient d'une région du tube neural caractérisée par la succession de vésicules (mésencéphale et rhombomères). Ces unités forment des compartiments métamériques dans lesquels le développement fait appel à la fois à des mécanismes de différenciation et d'interactions. On peut alors décrire des centres inducteurs comme la région isthmique. Le cervelet dérive des lames alaires de la région de la vésicule métencéphalique. Il se développe sous la forme de deux hémi-ébauches (les lèvres rhombiques) qui se réunissent secondairement sur la ligne médiane. Ainsi, le vermis est la dernière structure cérébelleuse à se mettre en place. Ceci explique que la région vermienne est toujours impliquée en cas d'agénésie cérébelleuse. On commence à connaître les gènes impliqués dans la spécification cérébelleuse tel Engrailed 2. Par ailleurs, les cellules des mésodermes céphalique et somitique contribuent à la formation de l'os occipital. Cet os est sous la dépendance de facteurs de contrôle génétique intrinsèques (tels certains gènes du complexe Hox ou le gène MHox) et de facteurs épigénétiques provenant d'une interaction avec le tube neural.

 

MALFORMATIONS DU CERVELET CHEZ L'ENFANT


J-F Chateil (1), C Adamsbaum (2) - (1) Bordeaux - France, (2) Paris - France
Objectifs : Décrire les principaux cadres nosologiques des anomalies cérébelleuses congénitales.
Résultats : Les circonstances de découverte sont variées : ataxie, contexte malformatif, découverte fortuite lors d'une échographie anténatale.
L'IRM est essentielle pour apprécier le volume et la morphologie du contenant et du contenu de la fosse postérieure (FP) : lobulation du vermis et des hémisphères en particulier.
Les principaux diagnostics sont :
- les malformations deChiari
- - les agénésies vermiennes :
- du complexe malformatif de Dandy-Walker, avec kyste et élargissement de la FP, - avec syndrome de Joubert (pauses respiratoires néonatales), - sans kyste de la FP, avec apraxie oculomotrice,
- - dans un syndrome malformatif complexe dont la reconnaissance est importante pour le conseil génétique. (Opitz, avec thrombocytémie et aplasie radiale, mélanose neuro-cutanée), - rarement, rhombencéphalosynapsis, dysraphie tectocérebelleuse
Le principal diagnostic différentiel est l'atrophie cérébelleuse congénitale : ataxie-télangiectasie, CDG syndrome, dégénerescence spino-cérébelleuse. La distinction entre une atrophie à début antenatal comme l'hypoplasie pontonéocérébelleuse et une malformation est souvent difficile.

 

FOSSE POSTERIEURE : DE L'ENFANT A L'ADULTE


J-L Sarrazin, O Hélie, Y-S Cordoliani - Paris - France
La pathologie de la fosse postérieure de l'adulte est essentiellement acquise d'abord tumorale, puis vasculaire, enfin inflammatoire et infectieuse.
Y-a-t-il une pathologie malformative de la fosse postérieure chez l'adulte ? Elle est en fait très rarement rapportée : majeure, elle est alors symptomatique tôt et diagnostiquée chez l'enfant. Mineure, la malformation est souvent découverte fortuitement ou devant des signes cliniques frustes et dans ce cadre, il faut citer les formations kystiques (kystes arachnoïdiens, kystes neurentériques ….).
A la frontière entre pathologie malformative et tumorale, le radiologue adulte peut rencontrer des lésions mixtes d'évolution très lente, peu symptomatiques et donc peu diagnostiquées dans l'enfance : maladie de Lhermitte-Duclos, tumeurs dysembryoplasiques neuroépithéliales.
La pathologie tumorale de l'adulte est extraaxiale et bénigne s'opposant donc à la pathologie de l'enfant. La comparaison d'une même tumeur intraaxiale (le médulloblastome par exemple) montre qu'elle est plutôt médiane (intraventriculaire ou vermienne) chez l'enfant et hémisphérique voire très latérale chez l'adulte jeune. L'hémangioblastome, tumeur cérébelleuse ou bulbaire bénigne, peu symptomatique est plutôt diagnostiquée chez l'adulte jeune que chez l'enfant. De façon schématique, quelle soit malformative ou tumorale, la pathologie évolutive ou majeure sera symptomatique tôt et reconnue par le radiopédiatre alors que la malformation mineure ou la tumeur peu évolutive ne sera diagnostiquée qu'à l'âge adulte.

 

IMAGERIE DES TUMEURS DE LA FOSSE POSTERIEURE


S Neuenschwander (1), D Couanet (2) - (1) Paris - France, (2) Villejuif - France
Le rôle initial de l'imagerie est bien entendu d'authentifier la présence d'une tumeur, mais aussi dans le même temps d'aider à la planification du traitement : y a-t-il une hydrocéphalie ? La tumeur est elle opérable ? Si oui, comment anticiper les difficultés opératoires ? Si non, où orienter une éventuelle biopsie stéréotaxique ? Le temps est compté et le choix des séquences IRM s'adapte aux questions posées.
Dès le diagnostic se pose la question du pronostic. L'imagerie devra recueillir les informations nécessaires en fonction de l'histologie de la tumeur : y a-t-il une extension sous arachnoïdienne, un résidu postopératoire ? Il faudra décider du moment optimal par rapport à la chirurgie, reconnaître les modifications induites par l'intervention, explorer la totalité des zones d'extension potentielle.
Le suivi sous traitement des tumeurs malignes devient difficile lorsque que se succèdent diverses thérapeutiques (radiothérapie, chimiothérapie intensive) qui vont induire des modifications locales dont l'aspect est peu différent de celui d'une reprise évolutive.
Enfin les modalités du suivi après traitement sont déterminées en fonction du type de tumeur (fréquence, localisation et pic de survenue des récidives), du groupe pronostique, des traitements déjà subis et des possibilités thérapeutiques restantes.

 

LES TUMEURS. LE POINT DE VUE DU THERAPEUTE


C Kalifa - Villejuif - France
Quel bilan tirer, grâce à l'imagerie, des 10 dernières années en neuro-oncologie ?
- un diagnostic plus précoce et plus précis, une reconnaissance de tumeurs non diagnostiquées au préalable ; les gliomes malins du tronc cérébral inopérables sont reconnus sur leurs caractéristiques radiologiques et l'indication d'irradiation posée sans recours à la biopsie,
- un meilleur bilan d'extension loco-régional et à distance, permettant ainsi de poser les indications thérapeutiques adaptées à chaque cas : l'approche chirurgicale est facilitée par la connaissance précise de la situation anatomique de la tumeur et la qualité de la résection peut être évaluée. Les traitements de chimiothérapie et de radiothérapie qui ont connu eux-mêmes de grandes avancées ont vu leurs indications mieux posées : chimiothérapie et dose d'irradiation des médulloblastomes adaptées à l'extension tumorale postopératoire, radiothérapie conformationnelle possible en réalisant les plans de traitement sur les données scanographiques,
- approches thérapeutiques innovantes telles que la place prépondérante voire exclusive de la chimiothérapie postopératoire chez les jeunes enfants afin d'éviter les effets délétères de l'irradiation ou chimiothérapie préopératoire des tumeurs d'exérèse difficile.
Si les progrès en survie restent modestes, on peut espérer que la gravité des séquelles sera moindre.

 

HISTOLOGIE DES TUMEURS DE LA FOSSE POSTERIEURE


A Lellouch-Tubiana, O Robain, Paris - France
Quatre variétés histologiques se partagent la majorité des tumeurs de la fosse postérieure de l'enfant : les astrocytomes du cervelet, les PNET (médulloblastomes cérébelleux essentiellement), les épendymomes et les gliomes du tronc cérébral. D'autres tumeurs intraaxiales se voient plus rarement : les tumeurs des plexus choroïdes et des tumeurs glioneuronales telles que la DNT ou le gangliogliome. Parmi toutes ces tumeurs, certaines formes histologiques peu différenciées peuvent poser de difficiles problèmes de diagnostic différentiel. Il est important de bien savoir reconnaître les astrocytomes pilocytiques afin d'éviter un traitement complémentaire agressif. En effet, certains cas d'astrocytomes pilocytiques peuvent être surgradés alors que leur évolution est lente et qu'ils sont guéris par la chirurgie. Doit être également reconnu un nouveau type histologique, individualisé ces dernières années dans le groupe des tumeurs embryonnaires, les ATT/RTs (Atypical teratoid/rhabdoid tumors) qui sont le plus souvent infratentorielles et dont le pronostic est très mauvais.
Enfin, il existe aussi dans la fosse postérieure des tumeurs extraaxiales regroupant les méningiomes et chordomes du clivus, ainsi que les neurinomes, méningiomes, tumeurs des plexus choroïdes et kystes épidermoïdes de l'angle ponto-cérébelleux.


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