publication septembre 2000

 Réunion de la SFIP

Reims Septembre 2000

Séances thématiques

RADIOLOGIE ET GENETIQUE :
"du phénotype au génotype"

 

Tumeurs solides pédiatriques : impact de la génétique en pratique quotidienne

O Delattre, S Neuenschwander

Insitut Curie, Paris

En cancérologie, on distingue des mutations constitutionnelles qui sont retrouvées au niveau de toutes les cellules de l'organisme et qui peuvent être responsables d'un syndrome de prédisposition aux tumeurs et des mutations somatiques qui ne sont présentes que dans les cellules tumorales, l'ADN constitutionnel étant normal. On estime actuellement que 5% des cancers de l'enfant surviennent dans un contexte héréditaire, il s'agit le plus souvent d'hérédité dominante (rétinoblastome, neurofibromatose de type 1, Syndrome de Li et Fraumeni), plus rarement d'hérédité récessive (syndromes d'instabilité chromosomique : syndrome de Bloom, de Fanconi, ataxie télangiectasie). Dans ces cas héréditaires, la recherche de ces mutations est d'un grand intérêt pour évaluer le risque génétique dans des familles prédisposées, mais aussi pour la surveillance voire la prévention des individus à risque.

Cependant ces affections constitutionnelles sont rares et l'étude du génome des cellules tumorales elles-mêmes devrait améliorer la compréhension et la prise en charge d'un plus grand nombre de pathologies cancéreuses. Depuis une décennie, la connaissance du génome des cellules tumorales a considérablement progressé et un grand nombre de mutations somatiques ont été identifiées. La plupart des anomalies identifiées portent sur des gènes d'initiation du processus tumoral et sont présentes au moment du diagnostic ; d'autres apparaissent au cours de l'évolution et pourraient être responsables de la résistance au traitement, de l'apparition de métastases...
Outre leur intérêt dans la compréhension des mécanismes de la tumorigénèse, l'étude du génome des cellules tumorales permet d'identifier de manière spécifique certaines tumeurs ou des groupes de tumeurs. Dans des tumeurs de diagnostic histopathologique difficile, les marqueurs génétiques apportent un diagnostic plus précis ( Ewing, PNET). Ailleurs, ils participent à une prise en charge thérapeutique adaptée en subdivisant une entité existante en différents groupes pronostiques (neuroblastome).

 

Identifier une mutation constitutionnelle : l'exemple du rétinoblastome.

L'apparition du rétinoblastome est liée à l'inactivation complète des deux copies du gène Rb (pour rétinoblastome) au niveau des cellules tumorales. Dans les formes héréditaires, l'une des copies du gène Rb est altérée au niveau constitutionnel, l'autre mutation survient de façon somatique. Dans les formes sporadiques, les deux copies sont altérées successivement au niveau somatique. Ce modèle génétique initialement postulé par Knudson et ayant conduit au concept de gène suppresseur de tumeur, a été complètement démontré. Etant donné le risque important de survenue d'une mutation somatique quand il existe déjà une mutation constitutionnelle, les tumeurs observées dans les formes héréditaires sont souvent multifocales et observées à un âge jeune. Par contre, la faible probabilité que deux mutations somatiques affectent la même cellule rend compte du caractère unifocal et de la survenue plus tardive des formes sporadiques. Ainsi, quasiment tous les rétinoblatomes bilatéraux sont héréditaires et 90% des rétinoblatomes unilatéraux sont sporadiques. L'étude génétique de ces cas unilatéraux doit permettre d'identifier les 10% des formes unilatérales mais héréditaires. La mise en évidence d'une mutation constitutionnelle chez un nouveau né dans une famille à risque permet de mettre en place un protocole de surveillance adapté par FO.

Un exemple plus récent mais répondant au même modèle de gène suppresseur de tumeur a été caractérisé. Il s'agit des mutations constitutionnelles et somatiques du gène INI1 qui sont retrouvées dans les tumeurs rhabdoïdes, et certains médulloblastomes/PNET et carcinome des plexus choroïdes. La connaissance de ce gène et de ses mutations permet là aussi d'identifier des familles à risque, et d'expliquer la survenue de tumeurs différentes, synchrones ou métachrones chez le même patient.

 

Préciser un diagnostic histopathologique difficile : l'exemple des sarcomes et des tumeurs des tissus mous.

Les tumeurs à petites cellules rondes recouvrent des entités diagnostiques aussi différentes que lymphome, rhabdomyosarcome, PNET, ostéosarcome à petites cellules, chondrosarcome mésenchymateux, neuroblastome. Dans ces cas, l'immunohistochimie est d'un grand apport lorsqu'elle est positive ; toutefois certaines tumeurs n'ont pas de marqueur de différenciation spécifique, le diagnostic est de présomption ou d'élimination : la biologie moléculaire apporte alors les éléments déterminants .

Principales translocations chromosomiques observées dans les tumeurs des tissus mous :

 

Type histologique

 

Cytogénétique

 

Gène de fusion

Rhabdomyosarcome alveolaire

t(2;13)(q35;q14)

t(1;13)(p36;q14)

PAX3-FKHR

PAX7-FKHR

Tumeur d'Ewing et tumeurs d'origine neurectodermiques primitives (PNET)

t(11;22)(q24;q12)

t(7;22)(p22;q12)

t(21;22)(q22;q12)

t(2;22)(q33;q12)

t(17;22)(q12;q12)

EWS-FLI-1

EWS-ETV1

EWS-ERG

EWS-FEV

EWS-E1AF

Liposarcome Myxoide

t(12;16)(q13;p11)

t(12;22)(p11;q12)

TLS/FUS-CHOP

EWS-CHOP

Melanome Malin des parties molles

t(12;22)(q13;q12)

EWS-ATF1

Chondrosarcomes myxoides extrasquelettiques

t(9;22)(q22-31;q11-12)

EWS-TEC/CHN

Tumeur Desmoplastique à petites cellules rondes

t(11;22) (p13;q12)

EWS-WT1

Dermatofibrosarcomes, Fibroblastome à cell. géantes

t(17;22)(q22;q13)

PDGFB-COL1A1

Synovialosarcome

t(X;18)(p11;q11)

SYT-SSX1 ou 2

Fibrosarcome congénital

t(12;15)(p13;q25)

TEL-TRKC

 

Etablir des groupes pronostiques : l'exemple du neuroblastome.

Les données récentes de la biologie permettent d'identifier clairement deux types de neuroblastome : les formes triploïdes, sans anomalie du chromosome 1p et sans amplification de Nmyc, le plus souvent d'évolution favorable sous traitement minimum ; les formes associées à un caryotype pseudo-diploïde, une délétion du 1p et une amplification de l'oncogène Nmyc, souvent défavorables malgré des traitements agressifs. Ces deux entités apparaissent bien distinctes, et le passage d'une forme à une autre chez un même individu n'a pas été démontré. D'autres groupes de neuroblastome, définis sur des critères génétiques sont en cours d'identification.

 

I

II

Ploïdie

3N

2N

NMYC amplifié

-

+

Délétion 1p

-

+

Gain 17 q

-

+

Stades

I, II, IVS

IV et autres

Survie

> 90%

5%

 

La prise en charge thérapeutique des neuroblastomes dépend de l'âge de l'enfant au diagnostic, du stade et des caractéristiques biologiques de la tumeur. Les groupes de bon pronostic doivent bénéficier d'une désescalade thérapeutique pour minimiser les toxicités liées aux traitements. L'étude des cellules tumorales en biologie moléculaire, en particulier la recherche de l'amplification de NMYc, permet dans le groupe des neuroblastomes localisés d'identifier les enfants à risque, pour lesquels le traitement sera plus lourd.

Quelques notes techniques.

Les études de biologie moléculaires sur les cellules tumorales sont faisables sur les ponctions percutanées à l'aiguille fine réalisées par les radiologues. Elles sont possibles sur du matériel de cytologie et d'histologie. La réalisation de caryotype nécessite des cellules vivantes, donc déposées dans un milieu de culture RPMI qui doit parvenir au laboratoire en quelques heures. Les prélèvement pour étude de biologie moléculaire peuvent être directement congelés en azote liquide et transportées en carboglace.

 

Conclusion :

Depuis 10 ans, la biologie moléculaire renforce les possibilités diagnostiques des tumeurs malignes. Après la caractérisation de l'anomalie génomique tumorale, l'identification de protéines produites par le transcrit permettra d'identifier les tumeurs à l'aide d'anticorps anti protéines spécifiques, comme c'est déjà le cas pour le lymphome anaplasique.

L'identification de facteurs pronostiques, de gènes de résistance au traitement et une meilleure connaissance de la biologie tumorale donne l'espoir de réaliser des traitements plus adaptés et donc plus efficaces.


Doublecortine, LIS-1, Fukutine et les autres...
ou la saga des lissencéphalies

Vincent des Portes* ; Catherine Adamsbaum**

* neuropédiatrie, ** radiologie pédiatrique
Hôpital Saint Vincent de Paul - Paris

Les malformations diffuses du cortex cérébral forment un groupe hétérogène, responsable d'un grand nombre de retards mentaux et d'épilepsies sévères de l'enfant. Le terme de lissencéphalie signifie " cerveau lisse " ; l'agyrie correspond à une lissencéphalie complète (absence totale de sillons et circonvolutions) ; la pachygyrie correspond à une lissencéphalie " incomplète " (peu de circonvolutions, larges avec sillons peu profonds à la surface du cerveau).
Le développement de la sémiologie en IRM, grâce à l'étude de fragments réséqués lors de la chirurgie de l'épilepsie et grâce aux progrès de la biologie moléculaire permet de différencier dans la plupart des cas les aspects " pseudolisses " (ou pseudopachygyriques) qui correspondent à des anomalies acquises, en particulier infectieuses (CMV) : asymétrie des hémisphères, réduction importante de volume, cortex fin, digitations entre cortex et substance blanche fines, trop nombreuses et parfois fusionnées.

Les lissencéphalies d'origine génétique sont essentiellement liées à une anomalie de la migration neuronale, avec conservation de la prolifération neuronale. Il peut s'agir d'un arrêt de migration (lissencéphalies " classiques ") ou au contraire d'une hypermigration, (lissencéphalies en pavés)

 

- Les lissencéphalies de type I ou lissencéphalies " classiques " correspondent à des critères neuropathologiques précis : le néocortex, normalement organisé en six couches est remplacé par un cortex anormal, constitué de quatre couches. Deux gènes, LIS-1 autosomique (17p13.3) et Doublecortine, lié au sexe (Xq22.3) sont responsables de 50 à 75% des lissencéphalies de type I isolées. Doublecortine et LIS-1 sont directement impliqués dans la locomotion du neurone en migration
Indépendamment du gène en cause, l'expression macroscopique peut varier en IRM de l'agyrie complète à la pachygyrie.
En revanche, la topographie des anomalies diffère selon le gène en cause : Doublecortine prédomine dans les régions frontotemporales alors que les mutations LIS-1 prédominent dans les régions pariéto occipitales.
Chez les filles hétérozygotes, une mutation de Doublecortine s'exprime par des hétérotopies laminaires, prouvant ainsi l'existence d'un continuum entre ces pathologies.

 

- Les lissencéphalies de type II ou lissencéphalies " en pavés " , (" cobblestone " ) font partie d'un ensemble de maladies touchant à la fois le muscle et le cerveau . Elles comprennent au moins trois entités , dont l'expression clinique est très différente : le syndrome de Walker-Warburg, parfois rapporté sous l'éponyme HARD+/-E (Hydrocéphalie, Agyrie, Dysplasie rétinienne, +/- Encéphalocèle) ; le MEB (Muscle-Eye-Brain) syndrome et les dystrophies musculaires congénitales (DMC) de type Fukuyama.

La Fukutine , (9q 31) impliquée dans la maladie de Fukuyama, outre son rôle sur le muscle qui n'est pas encore connu, participe à la signalisation entre neurones et cellules gliales, en contrôlant l'arrêt de migration neuronale. Une mutation à ce niveau aboutit principalement à des phénomènes d'hypermigration, que l'on met bien en évidence en imagerie : le cortex cérébral et cérébelleux est désorganisé ; la surface corticale est de type micropolygyrique avec de nombreuses circonvolutions fusionnées. Il existe de plus une hypoplasie vermienne, des anomalies de myélinisation et une hydrocéphalie.
En neuropathologie, l'élément caractéristique est la présence de cellules ectopiques, gliales ou neuronales, situées dans la couche moléculaire, s'invaginant dans les méninges. L'atteinte des voies optiques et des muscles est variable.
Cette nouvelle nosologie moléculaire des lissencéphalies a permis d'affiner les critères diagnostiques en IRM ; en retour, un diagnostic précis en IRM permet de mieux cibler le diagnostic moléculaire, de proposer aux familles un conseil génétique plus fiable ; ces connaissances permettent également un diagnostic prénatal plus précoce le cas échéant.


L'adrenoleucodystrophie (ALD) liée à l'X: une leucodystrophie fréquente où l'aspect IRM suffit presque à lui seul pour évoquer le diagnostic

Patrick Aubourg ; Catherine Adamsbaum

Hôpital Saint Vincent de Paul - Paris

Parmi les leucodystrophies (maladies génétiques de la myéline du SNC), l'adrenoleucodystrophie (ALD) liée à l'X est la plus fréquente (1/10.000). C'est une maladie peroxysomale dont le diagnostic biochimique est simple, basé sur l'augmentation des acides gras à très longue chaîne (AGTLC) dans le plasma.
Le gène responsable, localisé sur Xq28 code pour une protéine de membrane du peroxysome (ALD-P). La relation précise entre l'ALD-P et l'augmentation des AGTLC reste à établir.

L'expression phénotypique de l'ALD est très variable, souvent au sein d'une même famille (pas de corrélation génotype/phénotype) :
L'ALD cérébrale (ALD) est la plus grave (environ 45% des formes cliniques ): début avant 12 ans avec apparition d'une ataxie, d'atteintes pyramidale, auditive, visuelle et cognitive rapidement progressives qui conduit au décès en 2-5 ans. Elle représente 45% des formes cliniques de la maladie.
L'Adrenomyéloneuropathie (AMN) (45% des formes cliniques ): début entre 20 et 40 ans avec apparition d'une paraplégie spastique, de troubles sphinctériens et d'une neuropathie périphérique. 35% des patients AMN développent dans un second temps une atteinte cérébrale qui a le même pronostic à long terme que chez l'enfant.
Une insuffisance surrénale est très souvent présente chez les patients atteints de forme cérébrale ou d'AMN. Elle peut précéder la survenue d'une atteinte neurologique de quelques mois à 30 ans et peut rester ainsi longtemps la seule manifestation de la maladie.
60% des femmes conductrices présentent après l'age de 40 ans une atteinte médullaire qui ressemble à l'AMN. Une atteinte cérébrale est exceptionnelle.

Le seul traitement efficace est la greffe de moelle osseuse qui permet de stabiliser ou de faire régresser l'atteinte cérébrale chez l'enfant quand elle est effectuée à un stade précoce. Les autres formes de traitement proposés dans le passé (régime diététique connu sous le nom d'huile de Lorenzo, traitement immunosuppresseur et plus récemment lovastatine) n'ont aucune efficacité.

Ceci souligne l'importance de l'identification précoce d'une atteinte cérébrale pour déterminer le pronostic et les possibilités thérapeutiques. En l'absence de marqueur biochimique ou génétique, le meilleur marqueur est actuellement l'IRM (séquences FLAIR). Elle permet :

De détecter les " mini lésions ", cliniquement muettes qui débutent toujours:
- dans le splénium ou le genou du corps calleux,
- sur les voies pyramidales au niveau du tronc cérébral ou des capsules internes (de manière uni ou bilatérale)
- plus rarement, sur les voies auditives au niveau du tronc cérébral

De distinguer les zones de démyélinisation active (prises de gadolinium) par rapport aux zones de démyélinisation débutante ou à l'inverse de démyélinisation plus avancée (gliose)

De suivre les effets du traitement.

Les techniques plus récentes (diffusion, transfert de magnétisation) pourraient affiner la détection de lésion au niveau de zones apparemment saines en IRM classique. La spectroscopie peut retrouver des modifications de métabolites (augmentation de la choline, diminution du NAA )dans des régions "normales" en IRM. Leur valeur pronostique reste cependant à déterminer par des études prospectives.
A coté des aspects bien connus d'atteinte pariétooccipitale ou frontale d'ALD cérébrale, l'atteinte démyélinisante du SNC peut revêtir des aspects topographiques particuliers. Ces aspects seront discutés car ils permettent dans la majorité des cas de différencier l'ALD des autres causes de leucodystrophie.


Génétique, imagerie et maladies osseuses constitutionnelles

Pr Gabriel Kalifa
Service de radiologie,
hôpital Saint Vincent de Paul - Paris

 

Les maladies osseuses constituent un groupe hétérogène d'affections responsables d'insuffisance staturale, de déformations et d'anomalies de la structure de l'os. Certaines s'associent à des anomalies viscérales ou neurologiques. On inclut dans le groupe des maladies osseuses constitutionnelles (MOC), les dysostoses qui se traduisent par des malformations d'une ou de plusieurs pièces squelettiques.

Les gènes de la plupart de ces anomalies osseuses constitutionnelles ont été ou sont en cours d'identification. Ils s'expriment soit dans la matrice cartilagineuse ou osseuse, soit au cours de la prolifération cellulaire ou de la différenciation cellulaire. Les progrès de la génétique ont clairement montré que la sévérité du phénotype peut dépendre du siège et du type de la mutation dans le gène.

La mutation d'un même gène peut conduire à des affections très différentes, d'un type létal à l'extrême jusqu'à une anomalie morphotypique très modérée. Un exemple classique est fourni par le spectre de l'anomalie génétique qui va du nanisme diastrophique jusqu'au simple pied bot. A l'inverse, une même présentation radiologique peut s'observer dans des atteintes géniques différentes, tel est le cas notamment de l'ostéogénèse imparfaite. Il faudra ainsi reconsidérer la classification des maladies osseuses selon le gène impliqué. L'avenir permettra de définir des spectres malformatifs spécifiques pour chaque gène et des phénotypes radiologiques.
Génétique et imagerie ne sont pas en concurrence mais en parfaite complémentarité.


 

Place de l'uro-MR dans la stratégie diagnostique des uro-néphropathies pédiatriques

N Nicaise, FE Avni

Hôpital Universitaire des Enfants (HUDE), Bruxelles, Belgique

 

Techniques

1.1: La préparation de l'enfant

Anesthésie: Vu la durée de l'examen et les artefacts liés au mouvement, les enfants de moins de 6 ans doivent être anesthésiés. Nous utilisons l'hydrate de chloral per os en-dessous de 1 an et 15 Kg, et une anesthésie générale entre 1 et 6 ans.

Jeûne: sauf si une anesthésie est nécessaire, un jeûne n'est pas nécessaire. Il est même préférable que l'enfant soit en normohydratation.

Surtout si une injection de Lasilix est réalisée, il est souhaitable de débuter l'examen vessie vide. Cependant, nous ne réalisons pas de sondage vésical qui alourdirait encore les contraintes liées à l'examen.

L'examen est réalisé en décubitus dorsal.

1.2: Le matériel technique

Il est essentiel d'utiliser l'antenne la plus adaptée à la taille de l'enfant (antennes "quadrature", "cou" pour les tous petits, "pédiatrique" pour les plus grands)

Nos examens sont réalisés à 0.5 Tesla (Philips, Gyroscan). Les séquences décrites ci-dessous doivent donc être adaptées à chaque machine.

 

1.3: Les Séquences effectuées (par ordre chronologique)

Séquence de repérage Turbo Field Echo (TFE) T1 dans les trois plans de l'espace.

URO-MR : acquisition dans un plan coronal légèrement angulé (dans le sens antéro-postérieur de manière à couvrir tout l'arbre urinaire. Séquence Turbo Spin Echo (TSE) fortement pondérée T2. (TR: 3500 ms, Turbo facteur: 100, TE effectif: 600 ms, TI: 110 ms, Nac: 3, matrice: 110/256, 32 coupes superposées de 2.7mm tous les 1.3 mm). Cette séquence est réalisée en compensation respiratoire, le temps nominal d'acquisition étant de 4:40 min). Des projections d'intensité maximale (MIP) sont ensuite réalisées à partir des coupes sources d'intérêt.

Injection intraveineuse de lasilix (0.3 mg/kg)

Séquences parenchymateuses: deux séquences disponibles réalisées au choix selon le temps disponible et l'indication.

a) Séquence coronale 2D TSE T2 avec suppression spectrale du signal graisseux (TR: 7394 ms, Turbo facteur: 14, TE effectif: 120, Halfscan 0.6, matrice: 163/256, 12 coupes de 4mm tous les 0.4mm, temps d'acquisition: 4:26 min). Cette séquence moins pondérée T2 permet l'analyse combinée du parenchyme rénal et des voies excrétrices. Elle est réalisée en compensation respiratoire, le temps nominal d'acquisition étant de

b) Séquence coronale 2D TFE T1-in phase (TR: 12 ms, Turbo facteur:, TE: 4 ms, Angle: 25, matrice: 154/256, Nac 14, 12 coupes de 4 mm tous les 0.4 mm, temps d'acquisition: 2min55s). Cette séquence permet la visualisation de la différentiation cortico-médullaire et sera plutôt réalisée en cas de suspicion de souffrance parenchymateuse.

Répétition de la séquence URO-MR pour l'analyse des modifications de l'arbre urinaire sous stimulation diurétique.

Séquence coronale 2D TFE T1-in phase (paramètres: cfr supra). Après injection intraveineuse de Gadolinium (0.1 mmole/Kg), l'acquisition est répétée à 10, 30, 60, 90 secondes et 2, 3, 4, 5, 7, 9, 10 minutes. Seules deux coupes-axiale et coronale peuvent être réalisées avec un temps d'acquisition de 9 secs. cette acquisition dynamique est réalisée si possible en apnée.

Durée globale d'acquisition: 30-40 minutes.

Il va de soi qu'étant donné les impératifs de temps, il n'est pas toujours possible de réaliser l'ensemble de ces séquences. Le choix se fera donc selon l'indication (purement urologique, purement parenchymateuse ou mixte). D'autre part, il semble que l'étude des courbes de rehaussement (cfr infra) permette de juger du caractère obstructif d'une dilatation urinaire. Ceci nous permettrait de nous affranchir de la comparaison du diamètre des cavités avant et après stimulation diurétique (par ailleurs subjective et sujette à caution) et donc de ne pas réaliser la séquence uro-MR avant stimulation diurétique.

 

1.4 : Interprétation

- Etude morphologique de l'arbre urinaire (MIP + coupes sources) : mesure du calibre des cavités et de l'uretère, localisation des jonctions urétérovésicales. Notons ici l'intérêt de l'analyse des coupes sources dans la détection d'une éventuelle insertion ectopique.

- Etude semi-quantitative des courbes de rehaussement :

Elle est réalisée par la mesure d'intensité de signal (ROI) au niveau de l'aorte, de l'ensemble du rien, au niveau cortico-médullaire et des cavités. De ces courbes, deux paramètres sont étudiés: le rapport maximum cortex/ Maximum aorte, le croisement de courbes cortico-médullaire et aortique, et l'existence d'une décroissance tardive de la courbe de rehaussement global.

En effet, d'après une étude réalisée préalablement chez le greffé rénal, les deux premiers paramètres semblent bien corrélés au taux de créatinine sérique et donc à la fonction rénale. D'autre part, l'absence de décroissance tardive du signal global signe une stase de produit de contraste et un syndrome obstructif.

 

Application cliniques

Au stade actuel, l'apport de l'uro-MR en routine clinique est essentiellement de permettre l'évaluation morphologique des voies urinaires ; cet apport sera d'autant plus important, en particulier par rapport à l'urographie intraveineuse, que les cavités rénales sont dilatées et que le rein est peu fonctionnel. L'avantage de l'uro-MR est que la technique permet non seulement l'évaluation des cavités rénales mais aussi du parenchyme rénal, ce qui indirectement pourrait aider les cliniciens dans certaines décisions thérapeutiques. La possibilité d'apprécier la fonction rénale sera un développement qui permettra à l'uro-MR de devenir une examen complet dans l'évaluation morphologique et fonctionnelles des voies urinaires.

2.1: Les dilatations des voies urinaires

Les dilatation des voies urinaires sont fréquentes et habituellement dépistées par échographie. Le but de l'imagerie est de différencier les dilatations hautes des dilatations résultant d'une anomalie située à la jonction urétéro-vésicale. leur prise en charge thérapeutique sera différente s'ils 'agit d'une obstruction de la jonction pyélo-urétérale ou d'une jonction urétéro-vésicale.

L'échographie sous-évalue les dilatations urétérales, en particulier dans leur segment lombaire. l'urographie, quant à elle, sous-estime les sténoses bipolaires. L'uro-MR, avec injection de lasilix permet cette évaluation en démontrant la dilatation urétérale quelque soit le degré de dilatation pyélique. l'injection de gadolinium et de lasilix permet d'une part de comparer les fonctions relatives des deux reins, de l'autre elle permet de suivre la courbe de disparition de contraste.

Certaines dilatations des voies urinaires résultent de malformations particulières (mégacalycose, sténose infundibulaire) dont la morphologie est aisément démontrée par la résonance.

2.2: Les duplications rénales :

Les duplications rénales résultent du développement embryonnaire de deux bourgeons urétéraux. Cette duplication peut être partielle ou complète. Le plus souvent aucune anomalie n'est associée ; cependant, une grande variété de complications peut survenir tant au niveau du pyélon supérieur qu'à celui du pyélon inférieur. Il peut s'agit d'obstruction ou de reflux intéressant les pyélons supérieur ou inférieur ou encore les deux. Le parenchyme rénal en rapport est le plus souvent dysplasique et sa fonction réduite. L'uretère du pyélon supérieur peut être en rapport avec une urétérocèle ou avoir une insertion extra-vésicale ectopqiue.

L'uro-MR est une technique idéale pour démontre ces complications et de préciser la morphologie de l'arbre urinaire.

Ces anomalies sont découvertes soit en période néonatale à la suite d'un diagnostic anté-natal ; elles sont également rencontrées lors de la mise au point d'infection urinaire et aussi typiquement lors de mise au point de pertes urinaires chez des patientes normalement continentes. En période néonatale, la mise au point d'une uropathie malformative comprend systématiquement échographie et cystographie rétrograde. Une urographie intraveineuse complétait la mise au point pour déterminer la morphologie de l'arbre urinaire ; l'uro-MR est plus à même que l'urographie de démontrer les cavités rénales dilatées. Son apport essentiel est par ailleurs de pouvoir démontrer les insertions urétérales extravésicales et de petites urétérocèles bas situées dans la vessie, que même l'échographie peut manquer. Pour le chirurgien, cette différentiation entre uretère ectopique et urétérocèle est un premier élément qui influence le traitement. En cas d'urétérocèle, une incision endoscopique peut être proposée dans un premier temps. Par ailleurs ce qui influencera le traitement définitif est la onction et la quantité de parenchyme rénal résiduel ; cette dernière est bien évaluée par la résonance. De la même manière, chez les plus grands enfants, toute suspicion de pyélon supérieur avec insertion ectopique doit mener à la réalisation d'une uro-MR plutôt que d'une urographie intra-veineuse voire un CT-scanner.

 

2.3 : Les malformations complexes

Les malformations rénales peuvent ne pas être isolées. D'aune part, une malformation rénale est le plus souvent associée à une anomalie d'insertion de l'uretère correspondant, bien démontrée par la résonance. D'autre part, les malformations rénales peuvent être associées à des malformations génitales. L'uro-MR en permet une évaluation morphologique globale et précise.

 

2.4 : Les ectopies rénales

Des reins en position ectopique présentent un risque accru de malformation

dont l'évaluation peut être difficile tant à l'urographie intraveineuse qu'à l'échographie. La localisation des reins ainsi que l'aspect des cavités rénales sont aisément démontrés.

 

2.5 : Les polykystoses et autres maladies kystiques rénales

Les polykystoses rénales récessives se caractérisent par une atteinte préférentiellement médullaire au stade précoce de la maladie. La présence de kystes macroscopiques n'est pas toujours évidente à l'échographie au stade initial et l'aspect des reins peut être trompeur. la résonance peut contribuer au diagnostic en démontant l'atteinte médullaire diffuse et la présence de kystes. Un autre apport de la technique est de permettre l'évaluation de la fibrose hépatique souvent associée à la maladie. Dans les autres types de polykystoses, le rôle de l'uro-MR est surtout de recherche des complications, hémorragie ou tumeurs, plus difficiles à démontrer par échographie vu la taille et le nombre d kystes.

 

2.6 : La pyélonéphrite aiguë

La résonance magnétique constitue à l'évidence une technique sensible et spécifique pour l'évaluation des pathologies inflammatoires du rein. A l'instar du DMSA ou du CT scanner, la technique démontre les défauts de perfusion du parenchyme rénal en rapport avec les lésions inflammatoires. Ces atteintes sont bien visualisées après injection de gadolinium. cette technique doit toutefois être considérée comme une alternative au CT scanner dans les cas où un doute persiste quant au diagnostic. L'accessibilité limitée rend une utilisation routinière illusoire.

 

2.7 : néphropathie de reflux.

Dans le cadre de la prévention des complications à long terme des infections urinaires et du reflux vésico-urétéral, il paraît important de dépister les patients à risque. Une première catégorie est représentée par les patients qui présentent des malformations urinaires, un reflux, des infections urinaires récurrentes et des troubles mictionnels. Le risque chez eux est celui de développer des cicatrices rénales. L'autre groupe qu'il est tout aussi important de suivre est celui qui comprend les patients qui ont déjà des cicatrices rénales. La scintigraphie au DMSA est considérée comme le gold standard dans cette détection. Cette technique apparaît plus efficace que l'urographie intraveineuse et que l'échographie. La résonance permet une évaluation précise du parenchyme rénal, de son épaisseur et des contours. l'injection permet de différentier les zones cicatricielles des zones fonctionnelles.

Références

1. Lonergan GJ, Pennington DJ, Morrison JC et al. Childhood pyelonephritis comparison of gadolinium-enhanced MR imaging and renal cortical scintigraphy for diagnosis. Radiology 1998; 207:377-385

2. Pennington DJ, Lonergan GJ, Flack CE, et al. Experimental pyelonephritis in piglets : diagnosis with MR imaging. Radiology 1996 ; 201 : 199-205

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Angiographie thoraco-abdominale par résonance magnétique avec injection de gadolinium chez l'enfant - principes, techniques et applications

 

G. Sebag, C. Malthete-Cellier, A. Kheniche, S. Dorgeret, M. Hassan
Hôpital Robert Debré - Paris

Les progrès technologiques, avec en particulier, l'implémentation des hypergradients puissants et rapides a permis l'utilisation récente de séquences 3D ultra-rapides combinées à l'injection intra-veineuse de chelate de Gadolinium (1,2,3,4). Ceci a considérablement amélioré la qualité des images d'angiographie par résonance magnétique (ARM) chez l'enfant laissant entrevoir sa substitution aux autres techniques mais restant bien entendu guidées par une échographie doppler de première intention (1,2,5,9,11).

1. Principe

Le principe de l'ARM avec Gadolinium repose sur le raccourcissement du temps de relaxation T1 du sang lié à l'injection intra-veineuse de Gadolinium (3,4, 9,10,13).
Celui-ci passe de 1200 ms avant injection à environ 100 ms après injection permettant un réhaussement très significatif de la lumière vasculaire quels que soient les plans d'acquisition.
L'injection intra-veineuse de produit de contraste est associée à de nouvelles séquences d'écho de gradient 3D ultra-rapides permettant de visualiser le premier passage du bolus avec une géométrie d'acquisition optimale (plan coronal, sagittal ou oblique).
Ces acquisitions, réalisées dans le grand axe des gros vaisseaux, permettent une artériographie globale avec champ de vue étendu. La rapidité de la séquence permet l'acquisition des images lors du passage artériel du bolus évitant les superpositions liées au réhaussement veineux secondaire.
Ce temps d'acquisition court permet de réaliser l'examen en apnée chez le grand enfant et réduit les artéfacts cinétiques en respiration libre chez les enfants petits. Le développement de ces séquences n'est possible que sur des appareils équipés d'hypergradients avec des temps de montée rapide autorisant un TR et un TE très court.
La technique présente deux avantages majeurs :
être indépendante du flux sanguin et donc des artéfacts associés
la bonne tolérance des chelates de Gadolinium et les faibles volumes injectés.

2. Technique

Les paramètres de la séquence optimale en écho de gradient 3 D dépendent des territoires explorés : C'est toujours un compromis entre résolution spatiale, résolution temporale et volume d'exploration. En règle générale, les paramètres de séquence de gradient tridimensionnel sont TR : 3-5 ms, TE : 1-2 ms, champ de vue de 250 à 420 mm, matrice 168 ou 256 x 512 et partition de 1-2 mm chevauchés de 50 %. Classiquement le temps d'acquisition de 60 coupes est de 18 secondes, compatible avec une apnée. Les progrès techniques actuels devrait permettre de diviser ce temps par 2 avec des acquisitions de moins de 10 secondes (15). Les antennes employées doivent être adaptées au mieux aux territoires explorés. Chez l'enfant, une exploration globale thoraco-abdominale est réalisable en antenne de type réseau phasé abdominal avec des champs de vue de 400 à 450 mm. Pour une étude localisée thoracique ou abdominale exclusive, il est intéressant d'utiliser une antenne flexible de type épaule ou hanche permettant un champ de 250 mm ou une antenne tête / rachis.
L'élément fondamental de l'acquisition est de faire coïncider le réhaussement artériel lié au produit de contraste avec l'acquisition des lignes centrales de l'espace de Fourrier. Le pic artériel de chelates de Gadolinium variant en fonction de l'enfant, il est utile de disposer une technique de détection de l'arrivée du produit de contraste pour déclencher la séquence d'acquisition (4,6,7,12). Plusieurs méthodes sont disponibles, la méthode la plus utilisée chez l'adulte est celle du bolus test de 2 ml mais celle-ci est peu réalisable chez l'enfant. Chez l'enfant, la technique de scopie IRM est la plus pratique permettant de voir l'arrivée du produit de contraste dans les différents segments cardiaques puis aortiques et déclencher rapidement la séquence d'acquisition. Cette technique repose sur l'acquisition et la reconstruction rapide de coupes épaisses en incidence coronale avec un temps d'acquisition de 0,7 seconde (13).
La dose de Gadolinium injectée varie selon les équipes de 0,1 - 0,3 mmol/kg de même que le débit d'injection de 0,7 a 3 ml/s avec rinçage au sérum physiologique du volume mort. L'utilisation d'un injecteur automatique amagnétique permet de mieux contrôler ces paramétres.
Concernant le timing relatif de l'injection et de la séquence, il faut retenir deux principes (10). Le retard d'acquisition peut être calculé selon la formule suivante : retard d'acquisition = temps de transit + temps d'injection / 2 - temps d'acquisition / 2.
La durée de l'acquisition doit être suffisamment brève, notamment pour éviter les superpositions veineuses et ne doit pas excéder les 2/3 de la durée totale de l'injection. La séquence peut être repetée plusieurs fois permettant l'étude des temps artériel et veineux et autorisant les soustractions, la première serie servant de masque. Le traitement d'images est essentiel à la visualisation et à l'analyse des images acquises (16). Elle repose sur l'algorithme MIP (maximum Intensity projection) ou sur les reconstructions de type surfacique et multiplanaires. L'analyse des images natives est par ailleurs fondamentale.

Les artéfacts (10) les plus fréquents sont :
Superposition des structures veineuses difficiles à segmenter
Hyposignal centro-luminal avec images en rails : acquisition trop précoce par rapport à l'arrivée de produit de contraste

3. Applications

Pathologie veineuse

L'angiographie par résonance magnétique avec injection de bolus de Gadolinium apparaît extrèmement prometteuse dans la détection des complications thrombo-emboliques des cathéters centraux placés dans le système cave supérieur / cave inférieur et le système porte. Elle permet également l'étude des anomalies congénitales. A l'avenir, elle devrait devenir la technique de choix après écho-doppler de première intention (3, 9).

Pathologie artérielle

En terme de conduite de l'examen, les séquences d'artériographie avec bolus de Gadolinium devrait permettre d'obtenir très rapidement les renseignements anatomiques nécessaires et suffisants permet de consacrer la 2 ème partie de l'examen à l'exploration fonctionnelle en s'appuyant sur la technique de perfusion et de vélocimétrie par résonance magnétique (1,2).
Dans le bilan pré-opératoire des anomalies congénitales de l'aorte thoracique : coarctation de l'aorte, interruption de l'arche aortique, anomalies des arcs aortiques, L'ARM avec Gadolinium permet de préciser le type de malformation et sa sévèrité ainsi que le retentissement sur la trachée. Ce bilan anatomique peut être réalisé en 15 à 20 minutes permettant de consacrer la 2 ème partie de l'exploration à la fonction ventriculaire gauche notamment en cas de coarctation (2, 3, 5, 8, 9 ,14).
Dans les malformations cono-troncales, l'ARM 3D avec Gado permet également un bilan anatomique précis dans l'évaluation pré et post-opératoire : tétralogie de Fallot, atrésie pulmonaire, TGV, truncus artériosus, ventricule droit à double issue . Elle permet d'évaluer le degré et le siège des sténoses pulmonaires, la taille des artères pulmonaires en particulier du tronc et de la convergence et permet de démontrer la perméabilité d'un shunt palliatif et recherche les complications à type de faux anévrysmes, sténose et compression (2, 5, 8, 9). Elle permet l'étude des retours veineux pulmonaires anormaux. L'étude morphologique et statique peut être complétée par une étude dynamique en ciné-cardiaque. La principale limitation actuelle est l'étude des coronaires. Il en est de même dans l'étude des artères rénales chez l'enfant petit par défaut de résolution spatiale et défaut d'apnée.

CONCLUSION

L'angiographie par résonance magnétique avec injection de Gadolinium présente un progrès majeur chez l'enfant et devrait permettre l'acquisition extrémement rapide des données anatomiques permettant de consacrer la deuxième partie de l'examen à l'évaluation fonctionnelle.
Cependant, elle nécessite une technique rigoureuse et un équipement très performant.

 

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L'Imagerie par Résonance Magnétique
des Tumeurs Abdominales de l'Enfant.

Dominique Couanet
Institut Gustave-Roussy, Villejuif.

 

L'Imagerie par Résonance Magnétique (IRM) est devenue un examen plus communément utilisé dans les tumeurs pédiatriques. L'évaluation de la lésion et de ses relations avec les organes de voisinage (vaisseaux, muscles, tissus mous, articulations), grâce à une bonne distinction entre les parties molles, les structures vasculaires, et aux possibilités d'étude multiplanaire, permet une meilleure définition des extensions tumorales. Mais cette procédure se heurte encore à des facteurs limitants importants économiques et techniques :

Le faible nombre de machines dont dispose la France.
La nécessité d'obtenir une sédation complète lors des séquences qui durent de quelques secondes à plusieurs minutes.

Le scanner est, après l'échographie, la première modalité d'imagerie de l'abdomen de l'enfant. Avec l'introduction des examens spiralés, de nouvelles possibilités sont apparues, et le besoin d'une sédation complète est moins fréquente en raison de la rapidité des acquisitions. Le nombre d'équipements accessibles aux radiopédiatres est également un facteur favorisant. En revanche, le caractère irradiant des examens par scanner est un point qui doit être pris en compte dans le futur de la radiologie pédiatrique, et tout particulièrement pour l'étude des tumeurs de l'enfant. C'est pour ces multiples raisons que l'IRM, quoique actuellement encore limitée dans ses indications, a potentiellement sa place dans l'étude de nombreuses tumeurs abdominales.

 

Paramètres Techniques

Le temps d'acquisition des séquences est un facteur primordial chez l'enfant (5). Il faudra avoir toujours à l'esprit qu'il est plus important d'obtenir des images peu ou pas artéfactées, même avec des séquences avec une matrice 128x128, que de chercher à obtenir des images à résolution spatiale élevée, mais qui seront illisibles en raison des artéfacts de mouvement.

Les séquences standard sont les séquences en écho de spin T1, T2, et en écho de gradient. Les séquences en Fast spin écho (FSE) T2 sont très utiles, car elles permettent une pondération T2 marquée avec des temps d'acquisition raisonnables de 2 à 4 minutes selon le nombre d'excitations. Les séquences en écho de gradient raccourcissent de manière importante le temps d'acquisition, mais sont très sensibles aux artéfacts de susceptibilité magnétique et aux artéfacts de mouvements. Ces séquences ont des applications pour les études abdominales, hépatiques en particulier, lorsqu'il est possible d'obtenir une apnée volontaire chez les grands enfants. L'utilisation des séquences avec injection de gadolinium est utile pour reconnaître les prises de contraste tumorales, et permet souvent une meilleure délimitation des extensions tumorales. Le recours à l'injection n'est pas systématique, et sera décidé le plus souvent sur la séquence FSE T2. Lorsqu'elle est utilisée, il est utile d'ajouter une pré-saturation de la graisse, afin de mieux séparer l'hypersignal de la tumeur et de ses extensions, de l'hypersignal de la graisse.

La longueur des séquences varie avec la valeur du TR, le nombre de lignes pour le codage de la phase, et le nombre d'excitations. La taille de la matrice se réfère au nombre de lignes pour le codage de la phase ; elle est habituellement de 256x192 pour obtenir une résolution spatiale adéquate pour les séquences en écho de spin. Le nombre d'excitations affecte le rapport signal sur bruit ; il est habituellement de 2, rarement 4, sauf si la sédation peut être remplacée par une anesthésie générale.

Les autres facteurs techniques sont :

l'épaisseur de coupes (slice thickness),
l'intervalle entre les coupes (slice gap),
le champ de vue (FOV).

L'épaisseur de coupes dépend de la taille de la lésion étudiée. Des coupes fines (< 4 mm) diminuent de manière importante le rapport signal sur bruit, mais augmentent la résolution spatiale. Elles doivent être associées à un nombre d'excitations plus élevé.

L'intervalle entre les coupes affecte la qualité de l'image : un intervalle de 20 à 30 % de l'épaisseur de la coupe est acceptable.

Le champ de vue est déterminé par la région étudiée. De manière similaire à l'épaisseur de coupes, un petit champ de vue augmente la résolution spatiale, mais diminue le rapport signal sur bruit. De plus, il crée des artéfacts de repliement qu'il faut compenser en augmentant le nombre de lignes pour le codage de la phase. Des champs de vue carrés ou rectangulaires peuvent être utilisés. Ces derniers permettent de réduire le temps d'acquisition en diminuant le nombre de lignes pour le codage de la phase.

Le choix de l'antenne dépend de la taille de l'enfant et de l'organe étudié. Elle doit être la plus petite possible afin d'augmenter la résolution spatiale. Les tout-petits pourront être placés dans une antenne tête par exemple.

Les artéfacts sont principalement des artéfacts de mouvement chez l'enfant. Les artéfacts secondaires à la respiration, aux battements vasculaires ou cardiaques, ou aux mouvements intestinaux, peuvent être réduits par des séquences de pré-saturation, d'apnée volontaire, ou de bascule des codages de phase et de fréquence, ou de compensation de flux.

 

Principales Indications

Si l'utilisation principale de l'IRM est l'imagerie du système nerveux central, du système musculo-squelettique, et de la sphère ORL, certaines tumeurs abdominales peuvent bénéficier de l'apport de l'IRM (9). Toutes les tumeurs qui peuvent potentiellement envahir les structures nerveuses de voisinage (tumeurs de la base du crâne, lésions para-vertébrales), les tumeurs qui siègent sur des régions anatomiques difficiles à explorer par des coupes uniquement axiales (régions de passage que sont le défilé cervico-thoracique, les régions diaphragmatiques, le plancher pelvien), les tumeurs d'exérèse chirurgicale difficile en raison de leurs rapports vasculaires (neuroblastome), enfin les tumeurs qui peuvent atteindre l'os par contiguïté (neuroblastome et vertèbres).

Dans l'abdomen et le pelvis, les tumeurs les plus fréquemment rencontrées chez l'enfant sont :

les tumeurs sympathiques (Neuroblastome, Ganglioneuroblastome, Ganglioneurome mature bénin),
les tumeurs rénales et principalement le Néphroblastome,
les tumeurs du système lymphoïde (LNH),
les tumeurs mésenchymateuses malignes (TMM) dont la plus fréquente est le Rhabdomysosarcome,
les tumeurs germinales, principalement les Tératomes sacro-coccygiens.

Pour chacune de ces catégories l'apport de l'IRM dépend des traitements proposés.

Les LNH, le plus souvent d'origine digestive, sont très chimiosensibles et le traitement est uniquement médical. L'échographie suggère le diagnostic qui est étayé par la biopsie (biopsie percutanée ou plus rarement chirurgicale). Le scanner peut venir compléter l'échographie pour des infiltrations tumorales massives difficiles à analyser. L'IRM n'a pas sa place.

Le Néphroblastome est également une tumeur très chimiosensible ; son traitement est médical, puis chirurgical (néphrectomie), avec un staging histologique sur la pièce opératoire afin de déterminer le stade local et le traitement médical post-opératoire. Si le scanner est indispensable lors du diagnostic, la surveillance est effectuée par échographie. Il n'est indiqué en pré-opératoire que pour les Néphroblastomes bilatéraux. Là encore l'IRM n'est pas indiquée car elle n'apporte pas d'informations supplémentaires lors du bilan diagnostic initial.

Les autres tumeurs abdominales vont bénéficier à des degrés divers de l'IRM.

Les tumeurs sympathiques, lorsqu'elles siègent en situation para-vertébrale, sont explorées par l'IRM (1, 2, 6, 7) en respectant plusieurs conditions :

Il faut pouvoir se repérer sur les coupes, et donc obtenir une séquence visualisant soit C1 soit L5-S1,
Il faut au moins 2 séquences orthogonales afin de bien explorer les extensions en sablier de voisinage et leur impact sur le fourreau dural.
Il faut répondre aux questions que va se poser le clinicien afin de déterminer l'opérabilité de la tumeur lorsqu'elle n'est pas métastatique : rapports avec l'aorte et ses branches de division, le pédicule et le hile des reins, la veine cave inférieure, le foie, la rate, la queue du pancréas, les piliers du diaphragme, la paroi abdominale et les muscles psoas, les vertèbres contiguës à la tumeur ou à ses adénopathies. Les adénopathies s'étendent-elles vers le médiastin en haut, vers les chaînes iliaques en bas ?

Si l'examen, pour des raisons de qualité technique, ne peut pas répondre à l'ensemble de ces questions, il faut le compléter par un scanner abdominal avec injection intraveineuse de produit de contraste.

Pour les Neuroblastomes surrénaliens ou péri-vasculaires, le scanner ou l'IRM peuvent être également utilisés selon les possibilités locales d'accès aux équipements. Le point important est la bonne connaissance des rapports de la tumeur et de ses extensions ganglionnaires.

Le second siège des Rhabdomyosarcomes, après les localisations ORL, est le pelvis (vessie, prostate, vagin, vulve, paramètres et parois pelviennes ou périnée). Une fois le diagnostic établi, le scanner et l'IRM sont les examens de choix pour déterminer l'extension de la maladie (4, 8). Le Rhabdomyosarcome a un signal proche de celui du muscle sur les coupes en écho de spin T1. Ce sont les séquences en pondération T2 et en pondération T1 après injection IV de gadolinium avec pré-saturation de graisse qui délimitent le mieux les extensions de la tumeur et ses rapports avec les organes de voisinage. L'extension locale intéresse la vessie, la prostate, le rectum, le plancher périnéal, et latéralement les parois pelviennes, y compris les structures osseuses. Il faut également étudier les adénopathies de voisinage : obturatrices, iliaques internes et externes et lombo-aortiques. Pour ces dernières, le scanner est indiqué.

Les tumeurs germinales malignes sont principalement représentées par les tumeurs sacro-coccygiennes (3). Les tumeurs testiculaires et ovariennes sont plus rares et ne se différencient pas dans leur bilan de celles de l'adulte : elles reposent sur l'échographie et le scanner. Pour l'étude des carcinoses péritonéales, le scanner reste l'examen de routine car l'IRM est moins sensible dans la détection des implants péritonéaux, des adénopathies mésentériques. L'IRM peut aider à mieux apprécier des localisations péri-hépatiques ou péri-spléniques. En revanche les Tératomes sacro-coccygiens sont mieux explorés localement par l'IRM, qui précise les rapports avec les régions ischiatiques, fessières, et les prolongements intra-spinaux.

 

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Apport de l'IRM dans l'exploration de la pathologie hepato-biliaire de l'enfant


L. Guibaud
Lyon

 

Notre objectif est de présenter l'apport actuel de l'IRM dans la pathologie hépato-biliaire de l'enfant. Après des rappels techniques sur les séquences (spin-echo, écho de gradient, technique en in/out-of phase, séquences dynamiques, angio-IRM) et sur les conditions de réalisation de l'examen, nous illustrerons l'apport de l'IRM dans la prise en charge de la pathologie :
- tumorale (caractérisation tissulaire, bilan de résecabilité, suivi)
- vasculaire (hypertension portale, anomalie congénitale)
- péri-portale (neurofibrome, histiocytose X)
- infiltrative (stéatose, hemochromatose)
- biliaire (atrésie, dilatation congénitale, suivi de greffe hépatique)
Nous souhaitons ainsi montrer la complémentarité du couple écho-IRM en pathologie hépato-bilaire pédiatrique.


IRM du tube digestif chez l'enfant


JP Pracros
Lyon

 

Du fait de son caractère non irradiant, non limité par des obstacles aériques (ou osseux) et du fait de ses possibilités incomparable d'étude des tissus mous, l'IRM peut présenter des caractères priviligiés pour l'étude du tube digestif, y compris chez l'enfant.
Les limites de cette exploration proviennent des mouvements respiratoires et du péristaltisme. Chez l'enfant, le problème peut venir aussi des difficultés à obtenir une immobilité corporelle d'autant plus qu'une apnée prolongée est rarement possible chez l'enfant jeune.
Au dessous de l'âge de 6 ans, il est nécessaire d'avoir recours à une sédation ou à une anesthésie générale ce qui limite largement les indications d'IRM du tube digestif à cet age d'autant plus que l'echographie est souvent très performante chez l'enfant jeune.

Technique
L'utilisation de séquences rapides et ultrarapides notamment chez l'enfant peut éviter les artefacts de mouvements (single shot Fat Spin Echo, Haste).
Les séquences en T1 sont obtenues avant et après injection de gadolinium.
En pondération T1, les séquences 2D Flash et MPSPGR sont utiles pour l'exploration de l'intestin grêle.
L'exploration du colon peut bénéficier de l'utilisation de séquences 3D écho de gradient.
Les améliorations techniques prônent également l'utilisation d'agents bloquant le péristaltisme et aussi de l'administration de produits de contraste à l'intérieur de la lumière intestinale : eau , baryum, gadolinium (Gd-Dota, Gd-DTPA), lumirem.

Indications
Il est ainsi possible d'obtenir des équivalents de transit du grêle ou de colonographie par IRM afin d'obtenir une étude globale intestinale. Les indications actuelles sont en pédiatrie essentiellement ciblées sur les pathologies inflammatoires aigues ou chroniques (Maladie de Crohn)
L'IRM est utile notamment lorsque l'examen échographique est difficile du fait de l'abondance de gaz intestinaux et de douleurs abdominales empêchant la compression par la sonde ce qui peut être le cas dans les syndromes appendiculaires atypiques.
Les pathologies tumorales intestinales sont rares chez l'enfant en dehors des lymphomes intestinaux.
L'IRM est applicable également pour l'étude des malformations et des dysfonctionnements de la région ano-rectale.



IRM. et tube digestif foetal

A. Couture, C. Veyrac, C. Baud, M. Saguintaah - Montpellier

 

Pourquoi développer ce type d'imagerie ?

Parce qu'il existe de réelles insuffisances dans le diagnostic échographique anténatal d'une pathologie du tube digestif. Actuellement, l'image ultrasonore se borne à dépister une dilatation des anses digestives ou à mettre en évidence un intestin hyperéchogène. Exceptionnellement, l'orientation étiologique peut être précisée. Certes, une sténose duodénale permet de dépister une trisomie 21 ; certes, il n'est pas essentiel de reconnaître le mécanisme intime d'une atrésie digestive et tous les foetus vont pouvoir bénéficier d'un geste chirurgical efficace en période néonatale. Néanmoins, derrière une banale dilatation peut se cacher une véritable catastrophe digestive : syndrome du grêle court, atrésies multiples, intestin en "tire bouchon", cloaque..... De même, si l'exploration ultrasonore s'avère très efficace dans la mise en évidence du côlon foetal normal et de ses mesures, elle apparaît actuellement incapable de dépister la présence d'un microcôlon. Or, celui-ci peut être un marqueur étiologique extrêmement intéressant : atrésie digestive, iléus méconial dans le cadre d'une mucoviscidose, maladie de Hirschsprung longue, syndrome microcôlon-mégavessie-hypopéristaltisme.....

Erreur! Signet non défini. Parce que l'IRM propose un signal spécifique (d'aspect différent selon les séquences) du contenu de l'intestin grêle et du côlon apportant ainsi des potentialités diagnostiques évidentes en particulier dans la pathologie digestive grave du foetus.

 

I. La physiologie du tube digestif foetal

Cet aspect est essentiel à connaître pour comprendre le signal IRM du contenu digestif foetal.

La défécation est l'une des rares fonctions neuromusculaires essentielle qui ne se produit pas normalement in utero. En effet, à partir de la 18ème semaine, au moment où le méconium commence à s'accumuler dans le côlon, se produit de façon concomitante une élévation significative de la pression intraluminale du canal anal. Cette occlusion fonctionnelle du sphincter anal évite la défécation in utero et marque la fin de la période de perméabilité du tube digestif.
Le méconium apparaît dès la 13ème-14ème semaine dans le grêle et migre doucement vers l'iléon terminal et le côlon où il commence à s'accumuler à partir de la 18ème semaine. C'est dire que bien qu'une activité motrice intestinale soit démontrable dès la 8ème semaine de gestation, les arguments d'une fonction de propulsion sont essentiellement indirects tirés de la migration distale du méconium dès la 13ème-14ème semaine et du rejet des enzymes intestinales dans le liquide amniotique détectables de la 15ème à la 20ème semaine.

Au total, alors que le premier trimestre correspond à la phase embryonnaire de mise en place morphologique du tube digestif, le 2ème et le 3ème trimestre représente la phase foetale de maturation enzymatique et de fonctionnement : démarrage des grandes fonctions de motricité de sécrétion et d'absorption digestive.

Enfin, il est fondamental de savoir que le résultat de la fonction sécrétoire du tube digestif et ultérieurement de la déglutition du liquide amniotique contribuent à la formation du méconium : c'est un mélange de sécrétions gastro-intestinales et pancréatico-biliaires, de mucus, de débris cellulaires, de cellules desquamées, de lanugo et de liquide amniotique.

Pour comprendre les images échographiques et IRM, il est essentiel de savoir que le côlon se comporte comme un réservoir à méconium et que dans l'intestin grêle va progressivement s'accumuler du liquide amniotique dégluti.

 

II. Les signes échographiques et IRM du contenu digestif normal

1. Les signes échographiques

Ces éléments de physiologie foetale aident à comprendre la séméiologie échographique du contenu digestif. C'est ainsi que si initialement l'intestin grêle est d'aspect échogène, l'apparition de structures liquidiennes, en particulier à partir de la 30ème semaine, tient à l'absorption de liquide amniotique. De même, l'accumulation de méconium dans le côlon du fait des contractions de l'intestin grêle entraîne une augmentation de volume progressive du gros intestin ainsi qu'une modification également progressive de son contenu sur le plan ultrasonore : à partir de la 30ème semaine on constate un contenu échogène intracolique.
En échographie, le cadre colique peut être parfaitement mesuré dès la 22ème semaine (le diamètre colique mesure entre 2 et 6 mm vers 23 semaines alors qu'il oscille entre 10 et 20 mm à terme). Enfin, le cadre colique est constamment et parfaitement individualisé à partir de 26-27 semaines.

2. Le tube digestif foetal normal en IRM

Savoir qu'à partir de 28-30 semaines, le grêle est à prédominance liquidienne et le côlon rempli de méconium est essentiel car ces constatations vont conditionner le signal IRM du tube digestif.

A partir de 24 semaines, le bien être digestif foetal en IRM se caractérise de la façon suivante :
- Les anses grêles sont en hypersignal T2 et pratiquement invisibles en T1. Ceci est bien évidemment dû au contenu liquidien du fait de l'absorption de liquide amniotique.
- A l'inverse, le côlon est caractérisé par un hypersignal T1 et un hyposignal T2 qui le rend difficilement individualisable. Ces aspects sont dûs à la richesse en glycoprotéines du contenu méconial.
- De plus, des nuances séméiologiques basées sur l'âge gestationnel sont importantes à connaître. C'est ainsi que l'hypersignal T2 des anses grêles s'accentue progressivement avec l'âge gestationnel. De même, la répartition du franc hypersignal T1 du côlon est expliquée par la physiologie et la motricité intestinale. L'hypersignal est constant, majeur, au niveau du rectum, du sigmoïde, du côlon gauche, fréquemment présent dans le côlon transverse et moins souvent présent dans le côlon droit. Ces phénomènes de répartition méconiale intracolique se modifient bien évidemment avec l'âge gestationnel. Quoi qu'il en soit, on peut déjà percevoir du méconium dans l'ampoule rectale à partir de 20 semaines sur les séquences T1.
De plus, une étude débutante sur 40 foetus d'âge gestationnel différent, exempt de toute pathologie digestive, montre que les mensurations réalisées au niveau du rectum et du côlon gauche correspondent parfaitement aux données normales ultrasonores.

 

III. Pathologie digestive et IRM foetale

Un des gros avantages de l'IRM du tube digestif foetal (par l'intermédiaire des signaux spécifiques de l'estomac, du grêle et du côlon) est la possibilité de situer très précisément le siège de l'obstruction alors que ce n'est pas toujours le cas pour de l'échographie.
L'IRM foetale parait également bien supérieure à l'exploration ultrasonore sur la nature de l'obstruction : atrésie ou iléus méconial.
Enfin l'IRM foetale peut apprécier au mieux le siège et la situation de l'anomalie : duplication par exemple.

Dans notre expérience débutante, l'IRM du tube digestif foetal semble ouvrir de grande potentialités dans la mise en évidence de pathologies digestives graves.

C'est ainsi que contrairement aux données échographiques, l'IRM permet de mettre en évidence le microcôlon d'un syndrome obstructif. Le diagnostic étiologique est probablement possible par l'intermédiaire de l'IRM : très importante dilatation liquidienne en hypersignal T2 dans le cadre d'une atrésie jéjunale ou iléale ; dilatation plus modérée des anses d'amont en hypersignal modéré sur les séquences T1 du fait de la présence de méconium et parfois associée en aval à un chapelet de petites images arrondies en hypersignal T1 représentant l'iléus méconial ; microcôlon majeur, malrotation le plus souvent associée à une mégavessie dans le syndrome microcôlon-mégavessie-hypopéristaltisme. Situer précisément le siège de l'obstruction est essentiel. Si l'atrésie iléale est isolée, il faut toujours se méfier de l'atrésie jéjunale fréquemment associée à un contexte malformatif grave : atrésies multiples, apple peel syndrome... Enfin, la présence d'un kyste abdominal, associée à une dilatation digestive d'amont et à un microcolon permet d'affirmer le diagnostic d'un pseudokyste méconial.

Le diagnostic échographique anténatal des malformations anorectales reste très difficile en échographie. Une étude détaillée de la littérature n'en retrouve que 21 cas.
Dans une étude personnelle récente de 18 cas, il existe des signes d'appel très évocateurs : dilatation du colon, entérolithiases, et modification du contenu colique. Tous ces éléments sont en faveur d'une communication anormale entre le système urinaire et le côlon. Les signes IRM sont faciles à déduire : côlon dilaté en hypersignal T2, hyposignal T1 du fait de la présence d'urine dans le système digestif. Cette orientation diagnostique ne manque pas d'intérêt quand on connaît la fréquence des lésions malformatives associées aux imperforations anorectales : malformations urinaires, osseuses, digestives et cardiaques.
Encore plus intéressant est la possibilité d'évoquer le diagnostic d'un cloaque dont on connaît la gravité malformative : apanage de la fille, il s'agit d'une anomalie complexe associant une imperforation anorectale à un sinus urogénital. En IRM, l'aspect très évocateur, est représenté par la présence d'un mucocolpos comprimant la vessie en hypersignal T2 associé à la visualisation du tube digestif également en hypersignal T2 et traduisant la présence d'un cloaque.

De nombreuses potentialités sont également à vérifier par l'IRM du tube digestif foetal : le grêle court ainsi que des formes malformatives associées (atrésies multiples et intestin en "tire bouchon") ; la malrotation digestive soit isolée, soit entrant dans le cadre d'un syndrome mégavessie-microcôlon-hypopéristaltisme.

 


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